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20 avril, 20

Articles d'experts

Courage et autres conditions du discernement

La lettre que le pape François a envoyée au peuple de Dieu en pèlerinage en Allemagne (29-VI-2019) est un témoignage du ministère pétrinien et - loin d'être un livre de recettes - une orientation très utile non seulement pour les catholiques allemands, mais pour tous les chrétiens.

Une lettre encourageante et réaliste

1) Avant tout, dans des circonstances de graves difficultés - incertitude quant à l'avenir, changements profonds et rapides, etc. - comme celles des disciples au moment de la mort du Seigneur, nous avons aujourd'hui "la conviction que le Seigneur "peut toujours renouveler notre vie et notre communauté par sa nouveauté" (Exhort. Evangelii gaudium, 11). François souhaite offrir son soutien, accompagner le voyage et "encourager la recherche pour répondre avec adhésion -courage - à la situation actuelle". Cette dernière phrase résume peut-être bien les attitudes que votre lettre souhaite promouvoir.

Début en remerciantEntre autres, le fait que "les communautés catholiques allemandes, dans leur diversité et leur pluralité, sont reconnues dans le monde entier pour leur sens de la co-responsabilité" et leur générosité dans la promotion et le soutien de l'évangélisation dans d'autres régions et pays.

En même temps, il souligne "combien il est douloureux de constater l'érosion et la décadence croissantes de la foi avec tout ce que cela implique non seulement sur le plan spirituel mais aussi sur le plan social et culturel". Cette détérioration - qui se produit dans tant d'autres endroits -, aux multiples facettes et qui ne se résout pas facilement et rapidement, "appelle à une approche sérieuse et consciente qu'elle nous incite à nous tourner, au seuil de l'histoire présente, comme ce mendiant pour écouter les paroles de l'apôtre : "Je n'ai ni argent ni or, mais ce que j'ai, je te le donne : au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche" (Actes 3,6).

La voie proposée par le pape à la tête du collège épiscopal, en termes généraux, consiste à un voyage synodal (cf. Const. ap. Episcopalis communio, 2018). En substance, il s'agit, sous la direction du Saint-Esprit, de "marcher ensemble et avec toute l'Église sous sa lumière, sa guidance et son irruption, pour apprendre à écouter et à discerner l'horizon toujours nouveau qu'il veut nous donner. Parce que la synodalité suppose et exige l'irruption de la Esprit Saint".

Il en est ainsi, car le Seigneur l'avait déjà annoncé : "Quand il sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière" (Jn 16,13). C'est l'Esprit Saint qui, dès la Pentecôte, éclaire et guide l'Église sur le chemin et à l'horizon du salut.

Nous pourrions dire que la synodalité est le nom donné à la participation de chacun à tous les niveaux - de la base au sommet et vice versa, écrit le pape, c'est-à-dire du dernier baptisé à l'évêque de Rome et vice versa - dans la construction de l'Église et dans l'évangélisation. Ce n'est que de cette manière", dit le pape, "que nous pouvons atteindre et prendre des décisions sur des questions essentielles pour la foi et la vie de l'Église".

Il indique ensuite certaines des conditions de ce processus. Ces conditions sont liées au regard sur la réalité et aux vertus théologales (foi, espérance, charité).

  • Avant tout, un appel à réalismeCe sera en effet possible si nous sommes encouragés à marcher ensemble avec patienceNous le faisons "avec onction et avec l'humble et saine conviction que nous ne pourrons jamais répondre à toutes les questions et à tous les problèmes en même temps", car nous sommes porteurs d'un trésor dans des vases d'argile (cf. 2 Co 4,7). Il souligne en particulier leune patienceLes questions actuelles, ainsi que les réponses que nous donnons, exigent, pour qu'un développement sain ait lieu, ce qui suit aggiornamento" Selon les mots d'Yves Congar, " une longue fermentation de la vie et de la collaboration de tout un peuple au fil des ans ". Ceci, selon le pape, nous stimule à aller de l'avant processus qui porteront leurs fruits en temps voulu plutôt que de se fier à des résultats immédiats et non mûrs.
  • Deuxièmement, ces processus requièrent une adéquation et un analyse. Mais il est important d'éviter la tentation de paralysieL'Église, "tournant autour d'un ensemble compliqué d'arguments, de disquisitions et de résolutions qui ne font rien d'autre que nous éloigner du contact réel et quotidien entre le peuple fidèle et le Seigneur". Il critique ensuite quelque chose de similaire lorsqu'il se réfère à des solutions syncrétiques de "bon consensus" ou aux résultats de sondages ou de consensus.
  • Il faut donc reconnaître que avec courage que "ce dont nous avons besoin est bien plus qu'un changement structurel, organisationnel ou fonctionnel". Et pour cela, nous devons éviter une autre tentation : la tentation de penser que nous sommes capables, par nos propres forces, d'aller de l'avant.

 

Les prêtres, le sourire de Dieu sur Terre

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Ne pas compter sur ses propres forces

3) Voici une référence à un nouveau Pélagianisme qu'il a tout confié à des "structures et organisations administratives parfaites" (Evangelii gaudium, 32). Plus loin, il est également fait référence à la nouvelle gnosticisme de ceux qui, "voulant se faire un nom et étendre leur doctrine et leur renommée, cherchent à dire quelque chose de toujours nouveau et différent de ce que la Parole de Dieu leur a donné, de ceux qui, se sentant "avancés" ou "éclairés", voudraient dépasser le "nous" ecclésial avec leurs propres schémas (cf. J. Ratzinger, Le Dieu de Jésus-Christ, Salamanque 1979).

Cette tentation de tout confier à des solutions administratives ou à un protagonisme messianique pourrait, souligne François, éliminer à court terme les tensions. Mais cela conduirait à un "engourdissement et un apprivoisement du cœur" du peuple chrétien, le laissant peut-être quelque peu "modernisé", mais mondain et "sans âme ni nouveauté évangélique", sans dynamisme ni mordant. Sans la capacité effective - pourrait-on dire - d'encourager les chrétiens à vivre leur foi en Jésus-Christ et en sa Parole salvatrice.

Pour l'un ou l'autre - nouveaux pélagiens ou nouveaux gnostiques - cette observation est utile : "Chaque fois que la communauté ecclésiale a essayé de résoudre seule ses problèmes en s'appuyant et en se concentrant exclusivement sur ses propres forces ou méthodes, son intelligence, sa volonté ou son prestige, elle a fini par accroître et perpétuer les maux qu'elle essayait de résoudre".

L'évangélisation : un chemin d'espoir

4) C'est pourquoi le pape Bergoglio, comme en de précédentes occasions (cf. Réunion avec le comité directeur du CELAM, Bogotá, 7-IX-2017), propose de "gérer l'équilibre" avec espoir et ne pas avoir "peur du déséquilibre" (cf. Evangelii gaudium97) ; car il existe des tensions et des déséquilibres qui sont inévitables et, de plus, indispensables dans le cadre de la proclamation de l'Évangile.

Nous pouvons penser à tant de chrétiens qui, au milieu des difficultés, ont témoigné de leur confiance en Dieu, en sa grâce et en sa miséricorde, tout en utilisant les moyens humainement possibles. C'est pourquoi François parle ici de sécuriser les dimension théologique de discernement - face aux innovations et aux propositions - et d'acceptation du salut gratuit que le Christ a gagné pour nous par son don de soi sur la Croix. Notre mission n'est pas basée sur des calculs humains ni sur les "résultats fructueux de nos plans pastoraux". Elle l'est, et cette dimension théologique, qui consiste à s'appuyer en tout sur la foi - savoir que Dieu nous voit et prend soin de nous - est une composante essentielle de notre mission. La sagesse chrétienne.

5) La véritable transformation appelle à la la conversion pastorale, c'est-à-dire que le critère d'orientation par excellence est évangélisationLa proclamation de la foi et le nouveau commandement de l'amour. Évangélisation n'est pas une tactique de conquête ou de domination, d'influence humaine ou d'expansion territoriale. Aucune retouche de s'adapter en perdant la force prophétique originelle. La tentative de récupération n'est pas non plus des habitudes ou des pratiques qui avaient un sens dans un autre contexte culturel.

Une fois de plus, et à la suite de ceux qui l'ont précédé dans le ministère pétrinien, il trace la bonne voie : "Le évangélisation est un parcours de disciple, de réponse et de conversion par amour à Celui qui nous a aimés le premier (cfr. 1 Jn 4,19) ; un chemin qui rend possible une foi vécue, expérimentée, célébrée et témoignée avec joie. L'évangélisation nous amène à retrouver la joie de l'Évangile, la joie d'être chrétiens.

Notre principale préoccupation doit être de partager cette joie en "allant à la rencontre de nos frères et sœurs, surtout ceux qui sont couchés sur le seuil de nos temples, dans les rues, dans les prisons et les hôpitaux, sur les places et dans les villes (...) Sortir pour oindre de l'esprit du Christ toutes les réalités terrestres, dans leurs multiples carrefours, surtout là où "naissent de nouvelles histoires et de nouveaux paradigmes, pour atteindre avec la Parole de Jésus les noyaux les plus profonds de l'âme des villes" (Evangelii gaudium 73, cf. Evangelii nuntiandi, 19). Il s'agit d'"être proche de la vie des gens", avec une passion pour Jésus et en même temps une passion pour son peuple. (cf. Evangelii gaudium, 268).

Améliorer notre mission d'évangélisation

Dans la dernière partie de sa lettre, François insiste sur la nature de la discernementL'objectif du projet n'est pas seulement de s'adapter à l'esprit du temps, mais plutôt de pour améliorer notre mission d'évangélisation.

Au moyen du discernement par la synodalité, il s'agit de "vivre et se sentir avec l'Église et dans l'Églisequi, dans de nombreuses situations, nous conduira également à souffrir dans l'Église et avec l'Église", tant au niveau universel que particulier. À cette fin, nous devons chercher ROYAL ROADS de sorte que toutes les voix, Les plus simples et les plus humbles ont aussi de l'espace et de la visibilité. C'est un défi que nous devons tous relever.

Il indique également d'autres conditions - également de fond - pour ce discernement. Celles-ci ont trait au cadre de la vie de l'Église et à la correspondance personnelle à la grâce.

 

Savoir que Dieu nous voit et prend soin de nous, est une composante essentielle de la Sagesse chrétienne

Le cadre de la vie de l'Église

Il souligne la "nécessité de garder le la communion avec l'ensemble du corps de l'Église"surtout pour de ne pas nous enfermer dans nos particularités et de ne pas nous laisser asservir par les idéologies.Le sens que l'Église donne à ce terme (Sensus Ecclesiae), nous devons "nous connaître de manière constitutive". partie d'un corps plus grande qui nous réclame, attend et a besoin de nous et que nous réclamons, attendons et avons également besoin. C'est le plaisir de sentir que l'on fait partie de la Le peuple fidèle de Dieu, saint et patient".

Cela nécessite également le le lien avec la Tradition vivante de l'ÉgliseLes "sources de la Tradition la plus vivante et la plus complète, qui a pour tâche de maintenir le feu vivant plutôt que de conserver les cendres" (cf. G. Mahler) "et permet à toutes les générations de rallumer, avec l'aide de l'Esprit Saint, le premier amour".

Le cadre de discernement est clair, et il est assuré par la référence à la sainteté que nous devons tous encourager et le La maternité de Mariesans laquelle nous ne sommes pas le peuple de Dieu, dont le Fils Lui a donné le soin depuis la Croix ; par le fraternité au sein de l'Église et la confiance dans les conseils de la Esprit SaintLa nécessité de prioriser une vision large mais sans perdre de vue ce qui est petit et proche.

Conversion, prière, pénitence

A tous, et en particulier aux pasteurs, le pape appelle à un "engagement commun".état d'éveil et de conversion".sans oublier que la vigilance et la conversion sont des dons de Dieu à implorer par le biais de la la prière, le jeûne et la pénitence. De cette manière, nous pouvons aspirer à avoir les mêmes sentiments que le Christ (cf. Ph 2, 7), c'est-à-dire à avoir les mêmes sentiments que le Christ (cf. Ph 2, 7). humilité, pauvreté y courage. L'exemple du Maître "nous libère d'un protagonisme faux et stérile, nous désinstalle de la tentation de rester dans des positions protégées et confortables et nous invite à aller aux périphéries pour mieux rencontrer et écouter le Seigneur".

La prière est aussi culteCar, "en adorant, l'homme accomplit son devoir suprême et est capable d'entrevoir la clarté à venir, celle qui nous aide à savourer la nouvelle création" (cf. R. Guardini).

À une autre occasion, il y a quelques jours, s'adressant au synode de l'Église ukrainienne gréco-catholique (cf. Discours, 5-VII-2019), le pape a souligné que la prière doit être un "préoccupation principale"Nous avons besoin de la prière dans toutes nos activités. Sans la prière, il est facile de tomber dans tentations du sommeil, de l'épée - la violence - ou de la fuite - la lâcheté - (cf. Mt 26, 40ss). Pour les bergers, il est également nécessaire de proximiténon seulement pour "parler de Dieu", mais aussi pour de "donner à Dieu" en se donnant à eux-mêmes dans la proclamation de la foi, la liturgie et la charité.

Il a ensuite également insisté sur le synodalitéqui implique le écouterle site coresponsabilité avec courage et surtout l'implication de la laïc fidèle.

" Le synodalité Elle conduit aussi à élargir les horizons, à vivre la richesse de sa propre tradition dans l'universalité de l'Église : à bénéficier de bonnes relations avec d'autres rites ; à considérer la beauté de partager des parties significatives de son trésor théologique et liturgique avec d'autres communautés, même non catholiques ; à tisser des relations fructueuses avec d'autres Églises particulières, en plus des (relations) avec les Dicastères de la Curie romaine" (Ibid.) et éviter les particularismes.

La situation actuelle", conclut François dans sa lettre aux catholiques allemands, "n'appelle pas une attitude pudique, infantile ou pusillanime face aux difficultés, mais "le courage de faire face aux défis du temps".encouragé à ouvrir la porte et de voir ce qui est normalement voilé par la superficialité, la culture du bien-être et de l'apparence". De cette façon, nous pouvons aspirer, par la grâce de Dieu - que nous demandons avec un esprit, un cœur et une vie en conversion permanente - à marcher sur le chemin de la béatitudes et d'être porteurs de félicité pour les autres.

M. Ramiro Pellitero Iglesias
Professeur de théologie pastorale
Faculté de théologie
Université de Navarre

Publié dans "Eglise et nouvelle évangélisation".

1) Avant tout, dans des circonstances de graves difficultés - incertitude quant à l'avenir, changements profonds et rapides, etc. - comme celles des disciples au moment de la mort du Seigneur, nous avons aujourd'hui "la conviction que le Seigneur "peut toujours renouveler notre vie et notre communauté par sa nouveauté" (Exhort. Evangelii gaudium, 11). François souhaite offrir son soutien, accompagner le voyage et "encourager la recherche pour répondre avec adhésion -courage - à la situation actuelle". Cette dernière phrase résume peut-être bien les attitudes que votre lettre souhaite promouvoir.

Début en remerciantEntre autres, le fait que "les communautés catholiques allemandes, dans leur diversité et leur pluralité, sont reconnues dans le monde entier pour leur sens de la co-responsabilité" et leur générosité dans la promotion et le soutien de l'évangélisation dans d'autres régions et pays.

En même temps, il souligne "combien il est douloureux de constater l'érosion et la décadence croissantes de la foi avec tout ce que cela implique non seulement sur le plan spirituel mais aussi sur le plan social et culturel". Cette détérioration - qui se produit dans tant d'autres endroits -, aux multiples facettes et qui ne se résout pas facilement et rapidement, "appelle à une approche sérieuse et consciente qu'elle nous incite à nous tourner, au seuil de l'histoire présente, comme ce mendiant pour écouter les paroles de l'apôtre : "Je n'ai ni argent ni or, mais ce que j'ai, je te le donne : au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche" (Actes 3,6).

La voie proposée par le pape à la tête du collège épiscopal, en termes généraux, consiste à un voyage synodal (cf. Const. ap. Episcopalis communio, 2018). En substance, il s'agit, sous la direction du Saint-Esprit, de "marcher ensemble et avec toute l'Église sous sa lumière, sa guidance et son irruption, pour apprendre à écouter et à discerner l'horizon toujours nouveau qu'il veut nous donner. Parce que la synodalité suppose et exige l'irruption de la Esprit Saint".

Il en est ainsi, car le Seigneur l'avait déjà annoncé : "Quand il sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière" (Jn 16,13). C'est l'Esprit Saint qui, dès la Pentecôte, éclaire et guide l'Église sur le chemin et à l'horizon du salut.

Nous pourrions dire que la synodalité est le nom donné à la participation de chacun à tous les niveaux - de la base au sommet et vice versa, écrit le pape, c'est-à-dire du dernier baptisé à l'évêque de Rome et vice versa - dans la construction de l'Église et dans l'évangélisation. Ce n'est que de cette manière", dit le pape, "que nous pouvons atteindre et prendre des décisions sur des questions essentielles pour la foi et la vie de l'Église".

Il indique ensuite certaines des conditions de ce processus. Ces conditions sont liées au regard sur la réalité et aux vertus théologales (foi, espérance, charité).

  • Avant tout, un appel à réalismeCe sera en effet possible si nous sommes encouragés à marcher ensemble avec patienceNous le faisons "avec onction et avec l'humble et saine conviction que nous ne pourrons jamais répondre à toutes les questions et à tous les problèmes en même temps", car nous sommes porteurs d'un trésor dans des vases d'argile (cf. 2 Co 4,7). Il souligne en particulier leune patienceLes questions actuelles, ainsi que les réponses que nous donnons, exigent, pour qu'un développement sain ait lieu, ce qui suit aggiornamento" Selon les mots d'Yves Congar, " une longue fermentation de la vie et de la collaboration de tout un peuple au fil des ans ". Ceci, selon le pape, nous stimule à aller de l'avant processus qui porteront leurs fruits en temps voulu plutôt que de se fier à des résultats immédiats et non mûrs.
  • Deuxièmement, ces processus requièrent une adéquation et un analyse. Mais il est important d'éviter la tentation de paralysieL'Église, "tournant autour d'un ensemble compliqué d'arguments, de disquisitions et de résolutions qui ne font rien d'autre que nous éloigner du contact réel et quotidien entre le peuple fidèle et le Seigneur". Il critique ensuite quelque chose de similaire lorsqu'il se réfère à des solutions syncrétiques de "bon consensus" ou aux résultats de sondages ou de consensus.
  • Il faut donc reconnaître que avec courage que "ce dont nous avons besoin est bien plus qu'un changement structurel, organisationnel ou fonctionnel". Et pour cela, nous devons éviter une autre tentation : la tentation de penser que nous sommes capables, par nos propres forces, d'aller de l'avant.

 

Cas des vases sacrés

Que tous les prêtres administrent les sacrements où qu'ils se trouvent.

Ne pas compter sur ses propres forces

3) Voici une référence à un nouveau Pélagianisme qu'il a tout confié à des "structures et organisations administratives parfaites" (Evangelii gaudium, 32). Plus loin, il est également fait référence à la nouvelle gnosticisme de ceux qui, "voulant se faire un nom et étendre leur doctrine et leur renommée, cherchent à dire quelque chose de toujours nouveau et différent de ce que la Parole de Dieu leur a donné, de ceux qui, se sentant "avancés" ou "éclairés", voudraient dépasser le "nous" ecclésial avec leurs propres schémas (cf. J. Ratzinger, Le Dieu de Jésus-Christ, Salamanque 1979).

Cette tentation de tout confier à des solutions administratives ou à un protagonisme messianique pourrait, souligne François, éliminer à court terme les tensions. Mais cela conduirait à un "engourdissement et un apprivoisement du cœur" du peuple chrétien, le laissant peut-être quelque peu "modernisé", mais mondain et "sans âme ni nouveauté évangélique", sans dynamisme ni mordant. Sans la capacité effective - pourrait-on dire - d'encourager les chrétiens à vivre leur foi en Jésus-Christ et en sa Parole salvatrice.

Pour l'un ou l'autre - nouveaux pélagiens ou nouveaux gnostiques - cette observation est utile : "Chaque fois que la communauté ecclésiale a essayé de résoudre seule ses problèmes en s'appuyant et en se concentrant exclusivement sur ses propres forces ou méthodes, son intelligence, sa volonté ou son prestige, elle a fini par accroître et perpétuer les maux qu'elle essayait de résoudre".

L'évangélisation : un chemin d'espoir

4) C'est pourquoi le pape Bergoglio, comme en de précédentes occasions (cf. Réunion avec le comité directeur du CELAM, Bogotá, 7-IX-2017), propose de "gérer l'équilibre" avec espoir et ne pas avoir "peur du déséquilibre" (cf. Evangelii gaudium97) ; car il existe des tensions et des déséquilibres qui sont inévitables et, de plus, indispensables dans le cadre de la proclamation de l'Évangile.

Nous pouvons penser à tant de chrétiens qui, au milieu des difficultés, ont témoigné de leur confiance en Dieu, en sa grâce et en sa miséricorde, tout en utilisant les moyens humainement possibles. C'est pourquoi François parle ici de sécuriser les dimension théologique de discernement - face aux innovations et aux propositions - et d'acceptation du salut gratuit que le Christ a gagné pour nous par son don de soi sur la Croix. Notre mission n'est pas basée sur des calculs humains ni sur les "résultats fructueux de nos plans pastoraux". Elle l'est, et cette dimension théologique, qui consiste à s'appuyer en tout sur la foi - savoir que Dieu nous voit et prend soin de nous - est une composante essentielle de notre mission. La sagesse chrétienne.

5) La véritable transformation appelle à la la conversion pastorale, c'est-à-dire que le critère d'orientation par excellence est évangélisationLa proclamation de la foi et le nouveau commandement de l'amour. Évangélisation n'est pas une tactique de conquête ou de domination, d'influence humaine ou d'expansion territoriale. Aucune retouche de s'adapter en perdant la force prophétique originelle. La tentative de récupération n'est pas non plus des habitudes ou des pratiques qui avaient un sens dans un autre contexte culturel.

Une fois de plus, et à la suite de ceux qui l'ont précédé dans le ministère pétrinien, il trace la bonne voie : "Le évangélisation est un parcours de disciple, de réponse et de conversion par amour à Celui qui nous a aimés le premier (cfr. 1 Jn 4,19) ; un chemin qui rend possible une foi vécue, expérimentée, célébrée et témoignée avec joie. L'évangélisation nous amène à retrouver la joie de l'Évangile, la joie d'être chrétiens.

Notre principale préoccupation doit être de partager cette joie en "allant à la rencontre de nos frères et sœurs, surtout ceux qui sont couchés sur le seuil de nos temples, dans les rues, dans les prisons et les hôpitaux, sur les places et dans les villes (...) Sortir pour oindre de l'esprit du Christ toutes les réalités terrestres, dans leurs multiples carrefours, surtout là où "naissent de nouvelles histoires et de nouveaux paradigmes, pour atteindre avec la Parole de Jésus les noyaux les plus profonds de l'âme des villes" (Evangelii gaudium 73, cf. Evangelii nuntiandi, 19). Il s'agit d'"être proche de la vie des gens", avec une passion pour Jésus et en même temps une passion pour son peuple. (cf. Evangelii gaudium, 268).

Améliorer notre mission d'évangélisation

Dans la dernière partie de sa lettre, François insiste sur la nature de la discernementL'objectif du projet n'est pas seulement de s'adapter à l'esprit du temps, mais plutôt de pour améliorer notre mission d'évangélisation.

Au moyen du discernement par la synodalité, il s'agit de "vivre et se sentir avec l'Église et dans l'Églisequi, dans de nombreuses situations, nous conduira également à souffrir dans l'Église et avec l'Église", tant au niveau universel que particulier. À cette fin, nous devons chercher ROYAL ROADS de sorte que toutes les voix, Les plus simples et les plus humbles ont aussi de l'espace et de la visibilité. C'est un défi que nous devons tous relever.

Il indique également d'autres conditions - également de fond - pour ce discernement. Celles-ci ont trait au cadre de la vie de l'Église et à la correspondance personnelle à la grâce.

 

Le cadre de la vie de l'Église

Il souligne la "nécessité de garder le la communion avec l'ensemble du corps de l'Église"surtout pour de ne pas nous enfermer dans nos particularités et de ne pas nous laisser asservir par les idéologies.Le sens que l'Église donne à ce terme (Sensus Ecclesiae), nous devons "nous connaître de manière constitutive". partie d'un corps plus grande qui nous réclame, attend et a besoin de nous et que nous réclamons, attendons et avons également besoin. C'est le plaisir de sentir que l'on fait partie de la Le peuple fidèle de Dieu, saint et patient".

Cela nécessite également le le lien avec la Tradition vivante de l'ÉgliseLes "sources de la Tradition la plus vivante et la plus complète, qui a pour tâche de maintenir le feu vivant plutôt que de conserver les cendres" (cf. G. Mahler) "et permet à toutes les générations de rallumer, avec l'aide de l'Esprit Saint, le premier amour".

Le cadre de discernement est clair, et il est assuré par la référence à la sainteté que nous devons tous encourager et le La maternité de Mariesans laquelle nous ne sommes pas le peuple de Dieu, dont le Fils Lui a donné le soin depuis la Croix ; par le fraternité au sein de l'Église et la confiance dans les conseils de la Esprit SaintLa nécessité de prioriser une vision large mais sans perdre de vue ce qui est petit et proche.

Conversion, prière, pénitence

A tous, et en particulier aux pasteurs, le pape appelle à un "engagement commun".état d'éveil et de conversion".sans oublier que la vigilance et la conversion sont des dons de Dieu à implorer par le biais de la la prière, le jeûne et la pénitence. De cette manière, nous pouvons aspirer à avoir les mêmes sentiments que le Christ (cf. Ph 2, 7), c'est-à-dire à avoir les mêmes sentiments que le Christ (cf. Ph 2, 7). humilité, pauvreté y courage. L'exemple du Maître "nous libère d'un protagonisme faux et stérile, nous désinstalle de la tentation de rester dans des positions protégées et confortables et nous invite à aller aux périphéries pour mieux rencontrer et écouter le Seigneur".

La prière est aussi culteCar, "en adorant, l'homme accomplit son devoir suprême et est capable d'entrevoir la clarté à venir, celle qui nous aide à savourer la nouvelle création" (cf. R. Guardini).

À une autre occasion, il y a quelques jours, s'adressant au synode de l'Église ukrainienne gréco-catholique (cf. Discours, 5-VII-2019), le pape a souligné que la prière doit être un "préoccupation principale"Nous avons besoin de la prière dans toutes nos activités. Sans la prière, il est facile de tomber dans tentations du sommeil, de l'épée - la violence - ou de la fuite - la lâcheté - (cf. Mt 26, 40ss). Pour les bergers, il est également nécessaire de proximiténon seulement pour "parler de Dieu", mais aussi pour de "donner à Dieu" en se donnant à eux-mêmes dans la proclamation de la foi, la liturgie et la charité.

Il a ensuite également insisté sur le synodalitéqui implique le écouterle site coresponsabilité avec courage et surtout l'implication de la laïc fidèle.

" Le synodalité Elle conduit aussi à élargir les horizons, à vivre la richesse de sa propre tradition dans l'universalité de l'Église : à bénéficier de bonnes relations avec d'autres rites ; à considérer la beauté de partager des parties significatives de son trésor théologique et liturgique avec d'autres communautés, même non catholiques ; à tisser des relations fructueuses avec d'autres Églises particulières, en plus des (relations) avec les Dicastères de la Curie romaine" (Ibid.) et éviter les particularismes.

La situation actuelle", conclut François dans sa lettre aux catholiques allemands, "n'appelle pas une attitude pudique, infantile ou pusillanime face aux difficultés, mais "le courage de faire face aux défis du temps".encouragé à ouvrir la porte et de voir ce qui est normalement voilé par la superficialité, la culture du bien-être et de l'apparence". De cette façon, nous pouvons aspirer, par la grâce de Dieu - que nous demandons avec un esprit, un cœur et une vie en conversion permanente - à marcher sur le chemin de la béatitudes et d'être porteurs de félicité pour les autres.

M. Ramiro Pellitero Iglesias
Professeur de théologie pastorale
Faculté de théologie
Université de Navarre

Publié dans "Eglise et nouvelle évangélisation".

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