Comment vivre sa foi ? Qu'est-ce que la foi et quel est son rapport avec la raison ?

Il y a des questions qui accompagnent l'être humain depuis toujours : Dieu existe-t-il ? Pourquoi sommes-nous ici ? Quel est le sens de notre vie ? Pouvons-nous connaître la vérité ? Que se passe-t-il après la mort ?

La foi chrétienne ne vous invite pas à cesser de vous poser ces questions. Au contraire, La foi cherche à comprendre et s'appuie également sur l'intelligence, la liberté et l'expérience humaine.

Pour un chrétien, croire ne signifie pas fermer les yeux sur la réalité. Cela signifie les ouvrir à une réalité plus grande : la possibilité que Dieu existe, qu’Il nous connaisse, qu’Il nous aime et qu’Il souhaite entrer en relation avec nous.

Qu'est-ce que la foi ?

La foi, c'est avant tout, une réponse personnelle de l'être humain à Dieu. Le Catéchisme de l’Église catholique explique que Dieu se révèle à l’homme et l’invite à entrer en communion avec Lui. La réponse à cette invitation, c’est la foi : une adhésion personnelle à Dieu et, en même temps, une adhésion libre aux vérités qu’Il a révélées.

C'est pourquoi la foi ne consiste pas simplement à accepter que « Dieu existe ». Croire, c'est lui faire confiance et orienter sa vie en fonction de cette confiance.

Pour le chrétien, en outre, croire en Dieu est indissociable de la foi en Jésus-Christ, le Fils de Dieu fait homme, et en le Saint-Esprit. La foi est donc, une relation vivante avec Dieu.

Il ne s'agit pas seulement de connaître une série de vérités religieuses, mais de connaître une Personne et de laisser cette rencontre transformer notre façon de penser, de décider et de vivre.

La foi est-elle un don de Dieu ?

L'Église enseigne que La foi est un don de Dieu, une grâce qu'Il offre à l'être humain. Mais cela ne signifie pas pour autant que nous croyions automatiquement ni que notre liberté disparaisse.

Le Catéchisme explique que, pour croire, nous avons besoin de la grâce de Dieu et de l’action intérieure du Saint-Esprit, mais aussi que croire est un acte véritablement humain. L’intelligence et la volonté collaborent avec la grâce.

On pourrait dire que Dieu fait le premier pas, mais qu’Il attend notre réponse. C’est pourquoi la foi ne peut s’imposer. Il s’agit d’une réponse libre à une invitation. Dieu va à la rencontre de l’homme et lui parle ; l’homme peut écouter, chercher, interroger, accueillir cet appel et y répondre.

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Foi et raison : sont-elles compatibles ?

L'une des questions les plus fréquentes est justement celle-ci : Peut-on croire en Dieu tout en étant une personne rationnelle ?

La réponse de l'Église est oui. La foi et la raison ne sont pas ennemies. Elles portent sur des dimensions différentes de la réalité, mais toutes deux collaborent à la recherche de la vérité.

La foi n’exige pas d’accepter qu’une chose soit vraie simplement parce que nous ne pouvons pas la comprendre. Elle ne signifie pas non plus renoncer à la raison. Le Catéchisme affirme que l’adhésion de la foi n’est pas un acte aveugle et qu’il existe des motifs de crédibilité qui contribuent à montrer que croire n’est pas irrationnel.

La raison peut nous amener à nous interroger sur l’existence de Dieu et à découvrir que la réalité ne se limite pas à ce que nous pouvons mesurer ou expérimenter directement. La foi, quant à elle, permet d’accueillir une vérité que Dieu lui-même révèle et qui dépasse ce que la raison humaine pourrait atteindre par ses propres moyens.

C'est pourquoi, La foi et la raison sont indispensables l’une à l’autre et s’enrichissent mutuellement. La recherche scientifique, lorsqu’elle est menée correctement, n’est pas non plus nécessairement en contradiction avec la foi. La science étudie la réalité naturelle à l’aide de ses propres méthodes ; la foi ouvre l’esprit à des questions sur son sens ultime et sur le mystère de Dieu.

Croire ne signifie pas croire n'importe quoi

Nous utilisons parfois le mot « foi » pour désigner simplement le fait d’avoir confiance en quelque chose ou en quelqu’un. Mais la foi chrétienne a un contenu précis. Dire « j’ai foi en cela, tout ira bien » n’est pas la même chose qu’affirmer « je crois en Dieu ».

Dans le premier cas, nous exprimons un espoir ou une confiance personnelle. Dans le second, nous parlons d’une adhésion à Dieu et à la Révélation qu’Il a communiquée.

La raison ultime de la foi chrétienne n'est pas que toutes les vérités révélées puissent être démontrées par notre raison naturelle, mais la confiance en Dieu qui se révèle et qui ne peut ni se tromper ni nous tromper.

Comment la foi s'exprime-t-elle dans la vie d'une personne ?

La foi commence par une réponse, mais elle devient ensuite un chemin. Croire modifie peu à peu la manière dont on perçoit la réalité.

Une personne qui vit dans la foi peut continuer à rencontrer des difficultés, des doutes, des souffrances et des moments de ténèbres. La différence réside dans le fait qu’elle s’efforce de les vivre avec une confiance renouvelée : Elle n'est pas seule et sa vie a un sens qui dépasse les circonstances immédiates.

La foi aide à porter un regard différent sur le travail, la famille, les relations personnelles, la souffrance, les décisions, mais aussi les moments de joie. Elle n’élimine pas les difficultés, mais elle peut changer la manière de les affronter. C’est pourquoi la foi chrétienne n’est pas seulement une question de réflexion. C'est quelque chose qui se vit.

Comment renforcer sa foi ?

La foi est un don, mais elle doit également être accueillie, entretenue et nourrie. Comme pour toute relation personnelle, l'amitié avec Dieu s'épanouit lorsque l'on y consacre du temps.

1. Par la prière

La prière est un dialogue avec Dieu. Il n'est pas nécessaire de commencer par de grands discours. Il suffit parfois de Lui parler en toute simplicité : Le remercier, Lui demander de l'aide, Lui confier nos soucis ou rester quelques minutes en silence en Sa présence.

2. Avec les Saintes Écritures

La Bible occupe une place fondamentale dans la vie de foi car elle permet de découvrir l'histoire du salut et, en particulier, Jésus-Christ.

En février 2026, Léon XIV a consacré l'une de ses catéchèses à la Constitution Dei Verbum et a rappelé le lien profond qui unit la Parole de Dieu, l’Église et la foi. Il a souligné que l’Écriture trouve sa place propre au sein de la communauté chrétienne et que sa lecture conduit à la rencontre avec le Christ et au dialogue avec Dieu.

Lire l'Évangile, le méditer et se demander ce qu'il nous dit aujourd'hui peut ainsi devenir une véritable école de foi.

3. Par les sacrements

La foi ne se vit pas uniquement au plus profond de chaque personne. Les sacrements nous aident à rencontrer le Christ et à approfondir notre relation avec Lui.

Dans ces moments-là, Dieu nous accompagne tout au long des différentes étapes de notre vie chrétienne. Le baptême Elle nous intègre à l’Église et, dans l’Eucharistie, nous recevons le Christ et nous nous unissons à Lui d’une manière particulière. C’est pourquoi, Participer aux sacrements est également un moyen de nourrir et de renforcer notre foi.

Comunión

4. Avec la communauté chrétienne

La foi n'est pas non plus destinée à être vécue dans la solitude. L'Église est une communauté de croyants qui cheminent ensemble, s'entraident, prient les uns pour les autres et partagent la mission d'annoncer l'Évangile.

La communauté chrétienne nous aide également lorsque notre propre foi faiblit. Il y a des moments où nous avons besoin de nous appuyer sur la foi d'autrui.

5. Avec charité

Croire en Dieu, c'est aussi apprendre à porter un regard différent sur son prochain, en particulier sur ceux qui souffrent ou qui ont besoin d'aide.

La foi et la charité ne sont pas deux voies distinctes. La rencontre avec Dieu transforme notre relation avec les autres et nous pousse à servir.

La foi dans un monde en mutation

En 2026, nous vivons au cœur de progrès scientifiques et technologiques qui transforment notre façon de travailler, de communiquer et même de nous comprendre nous-mêmes.

Dans son encyclique Magnifica Humanitas, publiée le 15 mai 2026, Léon XIV réfléchit précisément à la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle et rappelle que la véritable plénitude de l’être humain ne consiste pas à dépasser ses limites grâce à la technologie, mais à s’ouvrir à la grâce de Dieu et à grandir dans l’amour.

Cette approche renvoie à une question essentielle de la foi : Qu'est-ce qui rend véritablement l'être humain heureux ?

Nous disposons peut-être de plus d'informations, de plus de technologies et de plus de possibilités que jamais, et pourtant, nous continuons à nous poser les mêmes questions fondamentales. Qui suis-je ? Pourquoi est-ce que je vis ? À qui puis-je confier ma vie ? Où se trouve le vrai bonheur ?

La foi devient un mode de vie

Léon XIV a rappelé dans sa lettre apostolique Dans l'unité de la foi, publiée à l'occasion du 1 700e anniversaire du concile de Nicée, que la profession de foi ne peut se limiter à de simples paroles. Comme le souligne le pape, « Ce que nous disons doit venir du cœur, afin que cela se reflète dans notre vie ». C'est pourquoi il nous invite à nous demander si nous comprenons et vivons réellement ce que nous professons chaque dimanche dans le Credo.

C'est peut-être l'une des meilleures façons de comprendre comment fonctionne la foi : La foi ne se limite pas à ce en quoi nous croyons : elle transforme notre façon de vivre.

La foi : une réponse à l'appel de Dieu

Dieu vient à notre rencontre, se révèle et nous invite à entrer en relation avec Lui. Mais Il attend une réponse libre. C’est pourquoi la question « Comment fonctionne la foi ? » peut finalement nous conduire à une question bien plus personnelle : Que dois-je faire de l'invitation que Dieu m'adresse ?

La réponse de chacun est unique. Pour certains, elle commence par une question. Pour d’autres, par une difficulté. Pour d’autres encore, par le témoignage de quelqu’un, une lecture, une conversation ou un moment de prière.

Le chemin peut toujours commencer. Car la foi ne consiste pas à avoir toutes les réponses avant de faire le premier pas. Elle consiste à oser chercher Dieu, lui faire confiance et laisser cette confiance transformer notre vie.


Article original de Francisco Varo Pineda, Université de Navarre, Faculté de théologie.



Qu'est-ce que l'onction des malades ? : quand, qui peut la recevoir et quels sont ses effets ?

« Guérissez les malades ! » (Mt 10, 8). L’Église a reçu cette mission du Seigneur et s’efforce de l’accomplir à travers les soins médicaux et l’accompagnement qu’elle apporte aux malades. Mais aussi par la prière d’intercession dont elle les entoure dans les moments difficiles.

Lorsqu’une personne est gravement malade ou atteint un âge avancé, de nombreuses familles se demandent s’il est temps de demander l’onction des malades. Cependant, il existe encore la croyance selon laquelle ce sacrement n’est administré qu’à ceux qui sont sur le point de mourir. La réalité est tout autre : l’onction des malades est un sacrement de réconfort, de force et d’espoir que l’Église offre à ceux qui sont confrontés à une maladie grave ou à la fragilité liée à la vieillesse.

Qu'est-ce que l'onction des malades ?

La miséricorde de Jésus-Christ envers les malades et ses nombreuses guérisons de personnes souffrantes de toutes sortes constituent un signe merveilleux de son de la compassion envers tous ceux qui souffrent dans leur corps et dans leur âme.

Par sa Passion et sa mort sur la croix, Jésus a donné un sens nouveau à la souffrance. Depuis lors, cette réalité nous configure à Lui et nous unit à sa mission rédemptrice. Pour les chrétiens, la maladie et la mort peuvent et doivent être des moyens de se sanctifier et de se racheter avec le Christ. L’onction des malades existe pour nous aider dans cette mission.

La présence du Christ dans la maladie est une très grande source de réconfort. Il nous prend par la main et nous rappelle que nous lui appartenons, et que rien ne peut nous séparer de Lui.

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Onction des malades, sacrement du salut et de la guérison

La parabole du bon Samaritain exprime le mystère célébré dans ce sacrement : Jésus-Christ s'approche de celui qui souffre et le réconforte avec l'huile de la consolation et le vin de l'espérance. Puis, il le conduit à l'auberge, qui représente l'Église, à laquelle le Christ le confie. Le Christ a enseigné à ses disciples à partager sa prédilection pour les malades et les nécessiteux, et il leur a confié la tâche de prendre soin d’eux en son nom par le biais du sacrement de l’Onction.

L’onction des malades est un sacrement institué par Jésus-Christ, dont l’Évangile selon saint Marc fait allusion. Recommandé aux fidèles et promulgué par l’apôtre Jacques : «L'un d'entre vous est-il malade ? Appelez les prêtres de l'Église, qu’ils prient pour lui et l’oignent d’huile au nom du Seigneur. Et la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera ; et s’il a commis des péchés, ils lui seront pardonnés » (Jc 5, 14-15).

L'Église croit et professe que, parmi les sept sacrements, il existe un sacrement spécialement destiné à réconforter ceux qui sont affligés par la maladie : l'onction des malades. Ce sacrement aide à vivre ces réalités douloureuses de la vie humaine dans une perspective chrétienne : « Dans l’Onction des malades, comme on appelle désormais l’Extrême-Onction, nous assistons à une préparation pleine d’amour au voyage qui s’achèvera dans la maison du Père », (Saint Josémaria Escriva, C'est le Christ qui passe, 80).

Un sacrement spécial pour les malades

Au fil des siècles, l'onction des malades était administrée à ceux qui étaient sur le point de mourir ; c'est pourquoi on l'appelait « extrême-onction ». De même, la liturgie n'a jamais cessé de prier pour les malades.

Nous savons aujourd’hui que ce sacrement est un sacrement de guérison. C’est un don de Dieu qui contribue à guérir le corps et l’esprit de celui qui le reçoit. Par son intermédiaire, on demande au Seigneur la santé du corps, de l’âme et de l’esprit du chrétien qui est atteint d’une grave maladie ou qui est en âge avancé.

« La grâce première de ce sacrement est une grâce de consolation, de paix et de courage pour surmonter les difficultés propres à l’état de maladie grave ou à la fragilité de la vieillesse. Cette grâce est un don du Saint-Esprit qui renouvelle la confiance et la foi en Dieu et fortifie contre les tentations du malin, en particulier la tentation du découragement et de l’angoisse face à la mort […] Cette assistance du Seigneur, par la force de son Esprit, vise à conduire le malade à la guérison de l’âme, mais aussi à celle du corps, si telle est la volonté de Dieu. De plus, " s’il a commis des péchés, ils lui seront pardonnés " » (CEC, 1520).

Il ne faut pas croire que ce sacrement est réservé uniquement à ceux qui sont en danger de mort, mais qu'il peut également être reçu par ceux qui en ont conscience et qui le jugent nécessaire.

Ainsi, tout chrétien qui souffre d'une maladie grave, qui va subir une opération délicate ou qui est très âgé peut demander que le sacrement de l'onction des malades lui soit administré. Au cours de la même maladie, le sacrement peut être répété si la maladie s'aggrave.

Il n'y a pas de limite au nombre de fois où vous pouvez en bénéficier et il n'est pas conseillé d'attendre le dernier moment.

L'Église établit que, si la personne malade est inconsciente, le sacrement de la confession peut être administré. Ensuite, le sacrement de l'onction des malades. Si une personne gravement malade meurt sans avoir reçu ce sacrement, l'Église recommande de l'administrer dans les premières heures qui suivent le décès.

Ministre de l'Onction des malades

« Seuls les Les prêtres (évêques et presbytres) sont des ministres de l’Onction des malades. Il incombe aux pasteurs d’instruire les fidèles sur les bienfaits de ce sacrement. Les fidèles doivent encourager les malades à faire appel au prêtre pour recevoir ce sacrement. Et que les malades se préparent à le recevoir dans de bonnes dispositions, avec l’aide de leur pasteur et de toute la communauté ecclésiale, à laquelle il est demandé d’accompagner tout particulièrement les malades par leurs prières et leurs attentions fraternelles » (Catéchisme, 1516).

Nous devons tous être conscients qu'aujourd'hui, les personnes gravement malades meurent seules malgré leur présence dans des hôpitaux modernes. C'est pourquoi le travail chrétien de ceux qui ont accès à cette réalité est important. Afin que les malades dans les hôpitaux ne manquent pas de moyens pour réconforter et apaiser le corps et l'âme souffrants, et parmi ces moyens, en plus du sacrement de la réconciliation et du viatique, se trouve le sacrement de l'onction des malades.

Ainsi, tout comme les sacrements du baptême, de la confirmation et de l’Eucharistie forment un ensemble appelé « les sacrements de l’initiation chrétienne », on peut dire que la confession, l’onction et l’Eucharistie, en tant que viatique, constituent, lorsque la vie chrétienne touche à sa fin, les sacrements qui clôturent le pèlerinage terrestre.

"Cela nous aide à élargir notre vision de la maladie et à savoir que nous ne sommes pas seuls, que le prêtre et la communauté chrétienne soutiennent les malades et les souffrants", Pape François.

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Thème de l'onction des malades

Le sujet de l'onction des malades est toute personne baptisée, qui ait atteint l’âge de raison et se trouve en danger de mort en raison d’une maladie grave ou d’une vieillesse accompagnée d’une grande faiblesse sénile. L’onction des malades ne peut être administrée aux défunts.

Pour bénéficier des bienfaits de ce sacrement, il est nécessaire que le candidat se soit préalablement réconcilié avec Dieu et avec l’Église, ne serait-ce que par le désir, indissociable du repentir de ses propres péchés et de l’intention de les confesser, dans la mesure du possible, lors du sacrement de la pénitence. C’est pourquoi l’Église prévoit que, avant l’Onction, le sacrement de la Pénitence et de la Réconciliation soit administré au malade.

La personne doit avoir l'intention, au moins habituelle et implicite, de recevoir ce sacrement. En d'autres termes : le malade doit avoir la volonté inébranlable de mourir comme meurent les chrétiens, ainsi qu'avec les aides surnaturelles qui leur sont destinées.

Bien que l’onction des malades puisse être administrée à une personne ayant déjà perdu connaissance, il faut veiller à ce qu’elle soit reçue en pleine conscience, afin que le malade puisse mieux se disposer à recevoir la grâce du sacrement. Elle ne doit pas être administrée à ceux qui persistent obstinément dans un péché mortel manifeste sans se repentir (cf. CIC, can. 1007).

Si un malade qui a reçu l’onction recouvre la santé, il peut, en cas de nouvelle maladie grave, recevoir à nouveau ce sacrement ; et, au cours de la même maladie, le sacrement peut être renouvelé si la maladie s’aggrave (cf. CIC, can. 1004, 2).

Enfin, il convient de garder à l’esprit cette indication de l’Église : « En cas de doute quant à savoir si le malade a retrouvé l’usage de raison, s’il souffre d’une maladie grave ou s’il est déjà décédé, ce sacrement doit lui être administré » (CIC, can. 1005).

Comment se déroule le rituel de ce sacrement ?

Comme tous les sacrements, l'onction des malades est célébrée liturgiquement et communautairement et a lieu en famille, à l'hôpital ou à l'église, pour un seul malade ou pour un groupe de malades.

Il est tout à fait approprié qu'elle soit célébrée dans le cadre de l'Eucharistie, mémorial de la Pâque du Seigneur. Si les circonstances le permettent, la célébration du sacrement de la Sainte Onction peut être précédée du sacrement de la Réconciliation et suivie du sacrement de la Communion.

Quant au sacrement de l’Eucharistie, il devrait toujours être le dernier sacrement du pèlerinage terrestre, le « viatique » pour le « passage » vers la vie éternelle. Il est graine de vie éternelle et puissance de résurrection, selon les paroles du Seigneur. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour » (Jn 6, 54). L’Eucharistie est ici le sacrement du passage de la mort à la vie, de ce monde vers le Père.

La liturgie de la parole, précédée d'un acte de pénitence, ouvre la célébration. Les paroles du Christ et le témoignage des Apôtres éveillent la foi du malade et de la communauté pour demander au Seigneur la puissance de l'Esprit Saint.

Le site prêtre C'est lui qui oindra le malade avec de l'huile consacrée par l'évêque le Jeudi saint. Il oint le front et les paumes des mains du malade, tout en prononçant les paroles suivantes. « Par cette sainte onction, et par sa miséricorde bienveillante, que le Seigneur vous aide par la grâce du Saint-Esprit, afin que, libéré de vos péchés, il vous accorde le salut et vous réconforte dans votre maladie » (Sacram Unctionem Infirmorum).

Les effets de la grâce du sacrement

La grâce première de ce sacrement est une grâce de consolation, de paix et de réconfort pour surmonter les difficultés propres à l’état de maladie grave ou à la fragilité de la vieillesse. Cette grâce est un don du Saint-Esprit qui renouvelle la confiance et la foi en Dieu et fortifie contre les tentations du malin, en particulier contre la tentation du découragement et de l’angoisse face à la mort.

Cette aide du Seigneur, par la puissance de son Esprit, vise à conduire le malade à la guérison de l’âme, mais aussi à celle du corps, si telle est la volonté de Dieu. De plus, « s’il a commis des péchés, ils lui seront pardonnés » (Jc 5, 15).

Fresco unción de los enfermos

Par la grâce de ce sacrement, le malade reçoit la force et le don de s'unir plus intimement à la Passion du Christ. La souffrance, conséquence du péché originel, prend un sens nouveau : elle devient une participation à l'œuvre de Jésus.

En résumé : l’union du malade à la Passion du Christ, pour son bien et celui de toute l’Église. Le réconfort, la paix et le courage nécessaires pour supporter chrétiennement les souffrances de la maladie ou de la vieillesse. Le pardon des péchés si le malade n’a pas pu l’obtenir par le sacrement de la pénitence. Le rétablissement de la santé corporelle, si cela est conforme à la santé spirituelle. Et la préparation au passage vers la vie éternelle.


Bibliographie


Les attitudes de Jésus face à la souffrance humaine

Sur le plan social, nous pouvons faire beaucoup dans ce domaine, en luttant contre la " culture du rejet " dont sont victimes tant d’enfants et de jeunes, de malades, de personnes en situation de handicap, de personnes âgées et de personnes en marge de la société. C’est ainsi que nous pouvons contribuer, au quotidien et dans les circonstances propres à chacun, à mettre en avant et à défendre la " dignité infinie " de tout être humain.

Celui qui contemple le Christ et vit avec Lui, marche avec Lui et s'inspire de ses attitudes. Dans un Discours prononcé devant l'assemblée plénière de la Commission biblique pontificale (11 avril 2024), le successeur de Pierre, le pape François, nous a exhortés à adopter les attitudes de Jésus, plus précisément face à la maladie et à la souffrance humaine.

« Nous vacillons tous sous le poids de ces expériences et nous devons nous entraider pour les surmonter en les vivant ‘ en relation ’, sans nous replier sur nous-mêmes et sans que la rébellion légitime ne se transforme en isolement, abandon ou désespoir".

Grâce à l'expérience des sages et des cultures, nous savons que la douleur et la maladie, surtout si nous les considérons à la lumière de la foi, peuvent devenir des facteurs décisifs dans un parcours de maturation; car la souffrance, entre autres, permet de distinguer l'essentiel de ce qui ne l'est pas.

Le pape François a affirmé que c'est avant tout le l'exemple de Jésus celui qui nous montre la voie, l'attitude que nous devons adopter face à la maladie et à la souffrance, tant la nôtre qu'elle soit celle d'autrui, et de la traduire en actions fructueuses : « Il nous exhorte à prendre soin de ceux qui vivent dans des situations de maladie, avec la détermination de surmonter la maladie ; en même temps, il nous invite avec délicatesse à unir nos souffrances à son offrande salvifique, telle une graine qui porte du fruit». Prendre soin, essayer de surmonter, rassembler et assumer.

En effet, depuis le début de son pontificat, le 19 mars 2013, il n’a cessé d’enseigner, notamment lorsqu’il évoquait l’exemple de saint Joseph, la mission chrétienne et humaine qui consiste à protéger et à servir, à faire preuve de proximité et à prendre soin des autres, en particulier de ceux qui viennent à notre rencontre ou que nous pouvons atteindre, afin de soulager leurs souffrances (cf. également le message pour la Journée mondiale de la paix, du 1er janvier 2021, sur « la culture de la sollicitude comme chemin vers la paix »).

Le pape François a souligné que la vision de la foi peut nous amener à faire face à la souffrance avec deux attitudes décisives : la compassion et l'inclusion.

Une compassion qui se traduit par des actes concrets

La compassion Ce n'est pas un sentiment superficiel et éphémère, sans engagement ni conséquence, ou par de simples paroles.

Benoît XVI observait déjà que « la grandeur de l’humanité est essentiellement déterminée par son rapport à la souffrance et à celui qui souffre. Cela vaut tant pour l’individu que pour la société. Une société qui ne parvient pas à accepter ceux qui souffrent et qui n’est pas capable, par la compassion, de contribuer à ce que la souffrance soit partagée et surmontée également intérieurement, est une société cruelle et inhumaine » (enc. Spe salvi, 38).

Dans le même ordre d’idées, le pape François, dans ce même discours adressé à la Commission biblique pontificale, met en avant la compassion même de Jésus :

« La compassion témoigne de la une attitude récurrente et caractéristique du Seigneur envers les personnes fragiles et dans le besoin qu’il rencontre. En voyant les visages de tant de personnes, ces brebis sans berger qui peinent à trouver leur chemin dans la vie (cf. Mc 6, 34), Jésus est ému. Il a pitié de la foule affamée et épuisée (cf. Mc 8, 2) et accueille sans relâche les malades (cf. Mc 1, 32), dont il écoute les demandes : pensons aux aveugles qui le supplient (cf. Mt 20, 34) et aux nombreux malades qui demandent à être guéris (cf. Lc 17, 11-19) ; il éprouve une ‘ grande compassion ’ – dit l’Évangile – pour la veuve qui accompagne son fils unique jusqu’au tombeau (cf. Lc 7, 13).

Une grande compassion. Cette compassion se manifeste par la proximité et conduit Jésus à s'identifier à celui qui souffre: ‘ J’étais malade et vous êtes venus me voir ’ (Mt 25, 36) ».

Regardons bien : Jésus est ému, il éprouve de la compassion, il s’approche jusqu’à s’identifier à celui qui souffre. Que nous révèle cette attitude de Jésus ? Le mode de s'approcher Jésus face à la douleur : non pas avant tout par des « explications » – vers lesquelles nous avons souvent tendance –, ni par des encouragements et des consolations vaines, ni par de belles paroles ou un recueil de sentiments, comme on le voit parfois dans les récits de la Sainte Écriture, à l’instar des amis de Job, qui tentent de théoriser la souffrance en la liant au châtiment divin.

« La réponse de Jésus est essentielle ; elle est faite de ‘ compassion qui prend en charge ’ et qui, en prenant en charge, sauve l’être humain et transfigure sa douleur. Le Christ a transformé notre douleur en la faisant sienne jusqu’au bout : en la vivant, en la subissant et en l’offrant comme un don d’amour. Il n’a pas donné de réponses faciles à nos ‘ pourquoi ’, mais, sur la croix, il a fait sien notre grand ‘ pourquoi ’ (cf. Mc 15, 34) ».

Ainsi, comme le souligne François, en assimilant les Saintes Écritures, nous pouvons nous purifier de certaines attitudes erronées et apprendre à suivre la voie indiquée par Jésus : «Aborder la souffrance humaine de sa propre main, avec humilité, douceur et sérénité, afin d’apporter, au nom du Dieu incarné, la proximité d’un soutien salvateur et concret. Toucher avec la main, et non pas en théorie». Le Pape est clair et direct.

Jesús curando a un ciego. Fuente: Wikipedia

Inclusion solidaire

Bien qu'il ne s'agisse pas d'un mot tiré de la Bible, le terme inclusion, précise François, illustre bien une caractéristique marquante du style de Jésus : aller à la rencontre du pécheur, de celui qui s’est égaré, du marginal, de celui qui est stigmatisé, afin qu’il soit accueilli dans la maison du Père et affiné entièrement, corps, âme et esprit (par exemple, le fils prodigue ou les lépreux). De plus, Jésus souhaite partager Il transmet aux disciples cette mission et cette attitude de consolation : il leur ordonne de prendre soin des malades et de les bénir en son nom (cf. Mt 10, 8 ; Lc 10, 9 ; Lc 4, 18-19).

« C’est pourquoi, à travers l’expérience de la souffrance et de la maladie, En tant qu’Église, nous sommes appelés à marcher aux côtés de chacun, dans un esprit de solidarité chrétienne et humaine, en créant, au nom de notre fragilité commune, des occasions de dialogue et d’espoir». Un exemple clair en est la parabole du bon Samaritain, qui montre « par quelles initiatives il est possible de reconstruire une communauté à partir d’hommes et de femmes qui font leur la fragilité d’autrui, qui ne laissent pas s’ériger une société d’exclusion, mais qui deviennent des prochains et relèvent et réhabilitent celui qui est tombé, afin que le bien soit commun » (enc. Fratelli tutti, n° 67).

Le Pape met en avant, devant un public composé précisément de spécialistes de la Bible, un principe essentiel : « La Parole de Dieu est un puissant antidote contre toute fermeture d'esprit, toute abstraction et toute idéologisation de la foi : lue dans l'esprit dans lequel elle a été écrite, renforce la passion au nom de Dieu et de l'homme, suscite la charité et ravive la ferveur apostolique». C’est pourquoi l’Église a constamment besoin de s’abreuver – et de faire boire – aux sources de la Parole.

À l'égard des personnes en situation de handicap

Ces mêmes attitudes de Jésus – compassion, attention et inclusion –, que nous devons faire nôtres, transparaissent dans ses rencontres avec des personnes en situation de handicap, comme l’a rappelé le Pape le même jour, dans son discours à l’Académie des sciences sociales (11 avril 2024).

Jésus prenez contact avec eux (il ne les ignore ni ne les nie, il ne les marginalise ni ne les écarte) ; également cela change le sens de son expérience de vie, avec « une invitation à tricoter » une relation unique avec Dieu qui fasse reprendre vie » aux personnes », comme on le voit dans le cas de l’aveugle Bartimée (cf. Mc 10, 46-52).

La culture actuelle du rejet et du gaspillage, déplore le pape Bergoglio, conduit facilement ces personnes à considérer leur propre existence comme un fardeau pour elles-mêmes et pour leurs proches. Et c'est ainsi que cette mentalité ouvre la voie à une culture de la mort, à l'avortement et à l'euthanasie.

C’est pourquoi, comme le propose le successeur de Pierre, « lutter contre la culture du rejet, c’est promouvoir une culture de l'inclusion – doivent être unis –, créer et renforcer les liens d'appartenance » à la société «, œuvrer, notamment dans les pays les plus pauvres, « en faveur d’une plus grande justice sociale » et pour éliminer les obstacles de toute nature qui empêchent tant de personnes de jouir de leurs droits et libertés fondamentaux ». Les résultats de ces actions sont plus visibles dans les pays les plus développés sur le plan économique.

Il estime que cette culture d'inclusion totale est mieux mise en œuvre « lorsque les personnes en situation de handicap ne sont pas de simples bénéficiaires passifs, mais qu'elles participent à la vie sociale en tant qu'acteurs du changement». C'est pourquoi il affirme que «subsidiarité et participation Ce sont les deux piliers d'une inclusion efficace. Et c'est dans cette optique que l'on comprend bien l'importance des associations et mouvements » des personnes en situation de handicap qui favorisent la participation sociale ».

Trois citations du pape Léon XIV lors de sa visite à Grande Canarie

Lors de sa rencontre consacrée aux conditions d'accueil des migrants, qui s'est tenue dans le port d'Arguineguín (Grande Canarie), Le pape Léon XIV a évoqué la souffrance de ceux qui sont contraints de quitter leur foyer en raison de la pauvreté, de la violence, de la guerre ou de l’exploitation. Ces mots traduisent son appel à reconnaître la dignité de chaque personne et à ne pas rester indifférent face à la souffrance humaine.

1. « Comme vous pouvez le constater, je porte à mon doigt la bague appelée « du Pêcheur ». Son nom même nous renvoie au lac de Galilée, où le Christ a appelé Pierre et lui a dit : « Désormais, tu seras pêcheur d’hommes » (Lc 5, 10). L’Église a interprété ce verset comme une image de sa mission. Mais ici, et dans des lieux tels qu’El Hierro, ce mandat revêt une force littérale et douloureuse. Cette île, petite par sa superficie mais grande par son humanité, a vu arriver des milliers de personnes arrachées à leur terre et livrées à la fragilité d’un cayuco. Ici, on retrouve des personnes sauvées de la mer et des corps sans vie repêchés des eaux.

C’est pourquoi le Successeur de Pierre ne peut pas se détourner de ces quais. L’Église ne peut pas se détourner de ces eaux ni d’aucun lieu où la faim, la soif, la violence, la peur ou l’exil continuent de porter atteinte à la dignité humaine. Les disciples de Jésus ne peuvent pas considérer comme étrangère la clameur de ceux qui crient dans la nuit. ».

2. « Chère Blessing, même si vous n’êtes pas là aujourd’hui, votre voix est parmi nous. Merci de nous avoir fait part de votre histoire. Votre nom signifie « bénédiction » et nous rappelle que chaque vie humaine est une bénédiction de Dieu. Personne ne peut l’acheter, la vendre, l’utiliser ou s’en débarrasser, car en chaque personne resplendit l’image et la ressemblance du Créateur (cf. Gn 1, 27). Vous nous avez dit que vous aviez quitté votre pays non pas par choix, mais parce que vous n’aviez pas d’autre choix. Dans vos paroles, nous entendons le drame de tant de personnes contraintes de partir parce que la pauvreté, la guerre, la menace ou l’exploitation leur ont fermé toutes les voies.

» Je voudrais que ce message vous parvienne, à vous et à toutes ces femmes victimes de la traite et de l'exploitation : même si d'autres ont mis un prix sur votre corps, Dieu n'a jamais cessé de vous considérer comme une personne inestimable. ».

3. « Ce drame doit être l’occasion d’un examen de conscience : pour les pays d’origine, qui doivent instaurer des conditions de paix, de justice et de développement ; pour les pays de transit, appelés à protéger les plus vulnérables et à ne pas les livrer aux réseaux criminels ; pour l’Europe, qui ne peut proclamer la dignité humaine tout en s’habituant à ce que la Méditerranée et l’Atlantique soient des cimetières sans pierres tombales ; pour la communauté internationale, appelée à une coopération efficace et persévérante ».


M. Ramiro Pellitero Iglesias, professeur émérite de théologie pastorale à la Faculté de théologie de l'Université de Navarre.

Publié dans Église et nouvelle évangélisation.


Sainte Marie-Reine : la Vierge, notre Mère et Mère du Roi des rois

Marie était une jeune femme simple de Nazareth, loin des grands centres de pouvoir de son époque. Pourtant, Dieu l’a choisie pour lui confier une mission extraordinaire : devenir la Mère de son Fils, Sainte Marie-Reine.

L'Évangile selon saint Luc nous conduit précisément à ce moment-là. L'ange Gabriel se présente devant Marie et lui annonce qu'elle concevra Jésus, qui « sera appelé Fils du Très-Haut » et dont le Royaume n'aura pas de fin. Marie, sans encore comprendre pleinement ce qui va se passer, répond en plaçant toute sa confiance en Dieu : « Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole. ».

Cette jeune femme qui se présente comme une esclave est celle-là même que l’Église contemple et vénère comme Reine de l'Univers, du Ciel et, bien sûr, du Monde.

Pourquoi la Vierge Marie est-elle reine ?

La réponse est intimement liée à Jésus-Christ. Marie est Reine parce qu’elle est la Mère de Jésus, Roi de l'Univers.

La fête de Sainte Marie-Reine a été instituée par le pape Pie XII en 1954 afin de vénérer la Vierge en tant que Reine, à l'instar de la manière dont l'Église reconnaît son Fils comme le Christ-Roi.

La maternité divine de Marie est donc à l’origine de cette dignité. Comme l’expliquait saint Josémaria, c’est également d’elle que proviennent les grâces et les privilèges dont Dieu a voulu la combler : elle a été conçue sans péché, elle est pleine de grâce, elle a été élevée au Ciel, corps et âme, et couronnée Reine de toute la création.

Mais pour comprendre ce que signifie réellement « appeler » La Vierge Marie est reine, nous devons nous éloigner de notre conception habituelle de la royauté.

Une reine au service des autres

Lorsque nous pensons à un roi ou à une reine, nous pouvons imaginer le pouvoir, la richesse ou les privilèges. La royauté du Christ et de Marie obéit à une logique tout à fait différente.

La source rappelle un enseignement de Benoît XVI: la royauté de Jésus est imprégnée d'humilité, de service et d'amour. Être roi, dans une perspective chrétienne, signifie avant tout servir, aider et aimer. Et c'est cette même logique que l'on retrouve chez Marie.

Son pouvoir n'est pas tourné vers elle-même. Marie le met au service de ses enfants. C'est pourquoi les chrétiens peuvent se tourner vers elle non seulement en tant que Reine, mais aussi en tant que Mère. Deux titres qui, loin de se contredire, expliquent la relation singulière que la Vierge entretient avec chaque chrétien.

Saint Josémaria nous invitait à vivre cela avec une profonde confiance filiale : « Soyez rassurés : nous avons pour Mère la Mère de Dieu, la Très Sainte Vierge Marie, Reine du Ciel et du Monde » (Forge, 273).

Coronación de Santa María Reina, Velazquez
Le couronnement de Sainte Marie-Reine, de Velázquez.

Marie, Reine qui intercède en faveur de ses enfants

Reconnaître Marie comme Reine conduit également à se confier à son intercession. L'Évangile montre comment la Vierge nous conduit toujours vers son Fils.

Saint Josémaria rappelait l'épisode des noces de Cana : face au besoin de ces jeunes mariés, Marie intervient et le Christ accomplit le miracle. En conséquence, les disciples croient en Lui.

Marie ne prend pas la place du Christ : nous rapproche de Lui. Cette certitude nous permet de nous tourner vers elle dans les moments difficiles, lorsque la foi faiblit ou même lorsque les mots nous manquent pour prier. Saint Josémaria conseillait de l’invoquer avec simplicité et confiance, en demandant son intercession pour ressentir à nouveau la proximité de Dieu.

« Ayez confiance : nous avons pour Mère la Mère de Dieu, la Très Sainte Vierge Marie, Reine du Ciel et du Monde » (Forge, 273).

Sainte Marie, Reine de la paix

Parmi les titres sous lesquels l'Église invoque la Vierge, il en est un qui revêt une importance particulière : Reine de la paix, Regina pacis.

Saint Josémaria recommandait de se tourner vers elle lorsque l'inquiétude s'empare de votre cœur, mais aussi face aux difficultés familiales, professionnelles ou sociales.

La dévotion à Sainte Marie-Reine prend ainsi une dimension très concrète. Il ne s'agit pas seulement de contempler Marie couronnée au Ciel, mais de la reconnaître comme une Mère vers laquelle nous pouvons nous tourner dans les circonstances ordinaires de notre vie.

L'humilité de Marie : « Qu'il me soit fait selon ta parole »

Il est particulièrement beau que l'Évangile choisi pour la fête de Sainte Marie Reine soit celui de l'Annonciation. Nous ne voyons pas Marie assise sur un trône. Nous la voyons à Nazareth, à l'écoute de Dieu.

Celle qui sera couronnée reine répond en se désignant elle-même « servante du Seigneur ». Et c'est précisément là que réside l'une des clés permettant de comprendre sa grandeur.

Marie s'ouvre à Dieu, lui fait confiance et accepte ses desseins même lorsqu'elle ne peut pas les comprendre pleinement. Sa réponse – « qu'il me soit fait selon ta parole » – témoigne d'une confiance totale qui peut servir d'exemple à tout chrétien.

Sa vie nous rappelle que Dieu peut se manifester dans la simplicité et l'humilité du quotidien.

Une fête pour rendre hommage à notre Mère

Rendre hommage à Sainte Marie-Reine, le 22 août Il s'agit donc de bien plus que de simplement évoquer l'un des titres de la Vierge.

C'est contempler Marie comme Mère du Christ et notre Mère ; comme Reine qui sert, qui aime et qui intercède ; et comme exemple d'une vie entièrement ouverte à la volonté de Dieu.

Saint Josémaria nous invitait à prendre part à cette fête avec la confiance d’un fils : « Il est juste que le Père, le Fils et le Saint-Esprit couronnent la Vierge comme Reine et Dame de toute la création. — Profitez de ce pouvoir ! Et, avec une audace filiale, joignez-vous à cette fête céleste. — Moi, je couronne la Mère de Dieu et ma Mère avec mes misères purifiées, car je n’ai ni pierres précieuses ni vertus. — Courage ! » (Forge, 285).

Ce 22 août, nous pouvons faire nôtre cette invitation et nous tourner vers Marie en toute confiance, en lui confiant nos besoins, nos joies, mais aussi nos difficultés. Car la Reine du Ciel est, avant tout, notre Mère.

Jean-Paul II à propos de Marie lors d'une audience générale

« La dévotion populaire invoque Marie en tant que Reine. Le Concile Vatican II, après avoir rappelé l’Assomption de la Vierge “ corps et âme dans la gloire du ciel ", explique qu’elle a été “ élevée par le Seigneur comme Reine de l’univers, afin d’être plus pleinement conformée à son Fils, Seigneur des seigneurs (cf. Ap " 19, 16) et vainqueur du péché et de la mort » (Lumen gentium , 59) ».

Ainsi, les chrétiens se tournent avec confiance vers Marie, la Reine, et cela non seulement ne diminue en rien, mais au contraire exalte leur abandon filial envers celle qui est Mère dans l'ordre de la grâce.

« De plus, l’intercession de Sainte Marie Reine en faveur des hommes peut être pleinement efficace précisément en raison de l’état glorieux qui suit l’Assomption. C’est ce que souligne très bien saint Germain de Constantinople, qui estime que cet état garantit la relation intime de Marie avec son Fils et rend possible son intercession en notre faveur.

S’adressant à Marie, il ajoute : “ Le Christ a voulu " avoir, pour ainsi dire, la proximité de vos lèvres et de votre cœur ; ainsi, il exauce tous les souhaits que vous lui exprimez lorsque vous souffrez pour vos enfants, et il accomplit, par sa puissance divine, tout ce que vous lui demandez » ( Homélie » 1) ».

« On peut en conclure que l’Assomption favorise non seulement la pleine communion de Marie avec le Christ, mais aussi avec chacun d’entre nous : elle est à nos côtés, car son état glorieux lui permet de nous accompagner dans notre cheminement quotidien sur terre. On lit également chez saint Germain : “ Vous demeurez spirituellement parmi nous, et l’ampleur de votre sollicitude à notre égard manifeste votre communion de vie avec nous " ( Homélie 1).

» Loin de créer une distance entre nous et la Vierge, l’état glorieux de Marie suscite une proximité constante et attentionnée. Elle connaît tout ce qui se passe dans notre existence et nous soutient avec un amour maternel dans les épreuves de la vie. ». Jean-Paul II, discours prononcé lors de l'audience générale du 23 juillet 1997.

Extrait du « Santo Rosario » de saint Josémaria

« Vous êtes toute belle, et il n’y a en vous aucune tache. — Vous êtes un jardin clos, ma sœur, Épouse, un jardin clos, une source scellée. — Veni : coronaberis. —Venez : vous serez couronnée (Ct 4, 7, 12 et 8).

Si vous et moi avions eu le pouvoir, nous l’aurions également faite Reine et Dame de toute la création.

Un grand signe apparut dans le ciel : une femme coiffée d'une couronne de douze étoiles. — Vêtue du soleil. — La lune à ses pieds ( Ap 12, 1). Marie, Vierge sans tache, a réparé la chute d’Ève : et, de son pied immaculé, elle a foulé la tête du dragon infernal. Fille de Dieu, Mère de Dieu, Épouse de Dieu.

Le Père, le Fils et le Saint-Esprit la couronnent en tant qu’Impératrice de l’Univers.

» Et les anges lui rendent hommage en vassaux… ainsi que les patriarches, les prophètes et les apôtres… ainsi que les martyrs, les confesseurs, les vierges et tous les saints… ainsi que tous les pécheurs, vous et moi » (Saint Josémaria. Le Saint Rosaire, 5e mystère glorieux).


Bibliographie :


La formation liturgique : apprendre à vivre la messe comme une rencontre avec le Christ

De nombreux catholiques assistent à la messe chaque dimanche, mais rares sont ceux qui se sont déjà demandé ce que signifiait réellement chaque geste, chaque silence ou chaque mot. Les comprendre n’est pas un luxe réservé aux prêtres ou aux spécialistes ayant suivi une formation liturgique.

Le site Le but de la liturgie catholique, dont le centre est la célébration des sacrements et en particulier de l'Eucharistie, est la communion des chrétiens avec le corps et le sang du Christ.. C'est la rencontre de chaque individu et de la communauté chrétienne comme un seul corps et une seule famille avec le Seigneur.

Rencontrer le Christ dans la liturgie

La liturgie, souligne le Pape, garantit la possibilité d’une rencontre avec Jésus-Christ dans le “ aujourd’hui ” de notre vie, afin de transformer toutes nos activités – le travail, les relations familiales, les efforts pour améliorer la société et venir en aide à ceux qui en ont besoin – en lumière et en force divines.

C’est ce que le Christ a voulu lors de sa Dernière Cène. Tel est le sens de ses paroles : « Faites ceci en mémoire de moi ». Depuis lors, il nous attend à la Eucharistie. Y la mission évangélisatrice de l'Église n'est rien d'autre que l'appel à la rencontre que Dieu désire avec tous les peuples du monde., une rencontre qui commence dès le baptême.

A plusieurs reprises, il expose progressivement les objectifs de ce document : "Par cette lettre, je voudrais simplement inviter toute l'Eglise à redécouvrir, garder et vivre la vérité et la puissance de la célébration chrétienne". (n° 16) ; « redécouvrir chaque jour la beauté de la vérité de la célébration chrétienne » (avant n. 20);

«… raviver l’émerveillement devant la beauté de la vérité de la célébration chrétienne ; rappelant la nécessité d'une formation liturgique authentique et reconnaissant l'importance d'un art de la célébration d'être au service de la vérité du mystère pascal et de la participation de tous les baptisés, chacun selon la spécificité de sa vocation". (n. 62). Lettre apostolique Desiderio desideravi (29 juin 2022), du pape François.

Ignorance de la liturgie

L'un des plus grands risques pour la vie chrétienne est de vivre la liturgie de manière superficielle, comme un ensemble de rites que l'on répète sans en comprendre la véritable signification. Un autre risque est de penser que la foi dépend uniquement de l'expérience personnelle ou de l'effort humain, en oubliant que le salut est avant tout un don gratuit de Dieu.

La liturgie nous rappelle précisément cette vérité. Lors de chaque célébration, nous n’agissons pas de manière isolée, mais en tant que membres de l’Église réunis autour du Christ. À travers la Parole de Dieu et les sacrements, le Seigneur vient à notre rencontre et nous communique sa grâce.

C’est pourquoi participer pleinement à la liturgie ne consiste pas seulement à mieux connaître les rites, mais à se laisser transformer par l’action de Dieu. La sainteté ne naît pas uniquement de nos propres forces, mais de la réponse libre à la grâce que nous recevons lors de chaque célébration.

La beauté de la liturgie naît de la rencontre avec le Christ

La liturgie occupe une place centrale dans la vie de l’Église, car c’est le moment où le Christ continue d’agir et de se rendre présent à travers la Parole, les sacrements et la communauté réunie pour célébrer la foi. À chaque Eucharistie, nous participons au mystère pascal de sa mort et de sa résurrection, source de la vie chrétienne.

C’est pourquoi veiller à la célébration liturgique va bien au-delà du simple respect des rites ou du souci que tout se passe bien. La véritable beauté de la liturgie ne dépend pas uniquement de la solennité des gestes ou de la qualité de la musique, mais de la conscience avec laquelle les fidèles participent au mystère qu’ils célèbrent.

Une solide formation liturgique nous aide justement à découvrir ce sens profond. Elle nous apprend à comprendre les signes, les silences, les paroles et les temps liturgiques, afin de vivre chaque célébration comme une véritable rencontre avec le Christ et non comme une simple coutume.

Le Concile Vatican II a souhaité redonner à la liturgie la place qui lui revient dans la vie de l'Église, en rappelant que c'est en elle que Dieu prend l'initiative et va à la rencontre de son peuple. Comme l'affirmait saint Paul VI, la liturgie est « la première source de la vie divine qui nous est communiquée », et constitue une véritable école de vie spirituelle.

Formación litúrgica

La liturgie, cœur de la vie de l'Église

La liturgie n’est ni un acte privé ni une expérience exclusivement personnelle. Chaque célébration rassemble le peuple de Dieu autour du Christ et rend visible la communion de l’Église. C’est pourquoi le Concile Vatican II la définit comme « le sommet vers lequel tend l'action de l'Église et, en même temps, la source d'où jaillit toute sa force » (Sacrosanctum concilium, 10).

Lorsque nous participons à l'Eucharistie ou à tout autre sacrement, nous ne vivons pas notre foi de manière isolée. Nous faisons partie d'une communauté unie par le même baptême et appelée à cheminer ensemble vers Dieu.

Cette dimension communautaire nous aide à dépasser une vision individualiste de la foi. La liturgie nous rappelle que nous sommes membres d’un même Corps et que le Christ agit au sein de son Église, nourrissant notre vie spirituelle et renforçant la communion entre tous les fidèles.

C’est pourquoi une bonne formation liturgique nous permet non seulement de mieux comprendre les signes et les rites, mais aussi de découvrir que chaque célébration nous unit à toute l’Église et nous envoie vivre l’Évangile au quotidien.

Se former pour vivre la liturgie

La formation liturgique ne consiste pas uniquement à apprendre la signification des rites ou à mieux connaître les textes de la messe. Son véritable objectif est de vous aider à découvrir que, lors de chaque célébration, c’est le Christ qui agit et qui rassemble toute l’Église autour de Lui.

C'est pourquoi se former à la liturgie implique de connaître le sens des sacrements, de comprendre la signification des gestes, des paroles et des temps liturgiques, et de cultiver une vie de prière qui permette de participer de manière consciente et active à chaque célébration.

Parallèlement, la liturgie elle-même nous forme. Chaque Eucharistie, chaque sacrement et chaque célébration de l’année liturgique renforcent notre foi et nous aident à modeler notre vie sur celle du Christ. Il ne s’agit pas seulement d’assister à des rites, mais de laisser la grâce transformer notre façon de penser, d’aimer et de servir les autres.

Les signes liturgiques jouent un rôle fondamental dans ce cheminement. Le silence dispose le cœur à l’écoute de Dieu ; la proclamation de la Parole éclaire la vie du croyant ; les gestes du corps, tels que se lever, s’asseoir, répondre ou s’agenouiller, expriment avec simplicité la foi de toute la communauté. Ces signes ne sont pas de simples coutumes, mais un langage qui aide à vivre le mystère que nous célébrons.

La famille, la paroisse et la catéchèse jouent un rôle déterminant dans la transmission de ce langage dès l’enfance. Apprendre à faire le signe de croix, participer à la messe dominicale ou découvrir le sens de l’année liturgique sont des étapes simples qui aident à grandir dans la vie chrétienne et à s’impliquer plus profondément dans la liturgie de l’Église.

Le rôle des prêtres dans la formation liturgique

Les prêtres jouent un rôle essentiel pour aider les fidèles à vivre pleinement la liturgie. Leur tâche ne consiste pas seulement à présider les célébrations, mais aussi à accompagner la communauté afin qu’elle comprenne et participe pleinement au mystère qui est célébré.

Bien célébrer la liturgie, c'est la célébrer dans la fidélité à l'Église, en soignant chaque geste, chaque parole et chaque signe, sans transformer la célébration en un acte routinier ni en une manifestation de mise en avant personnelle. Lorsque la liturgie est vécue avec simplicité, beauté et recueillement, elle facilite la rencontre avec le Christ.

Cette manière de célébrer trouve avant tout sa source dans la vie spirituelle du prêtre. La prière, sa relation personnelle avec Dieu et une solide formation liturgique l’aident à exercer son ministère avec humilité et à toujours placer le Christ au centre de la célébration.

C’est pourquoi la formation liturgique occupe une place essentielle dans la préparation des futurs prêtres. Connaître le sens profond de la liturgie et apprendre à la célébrer avec fidélité et amour leur permettra, plus tard, de guider les communautés chrétiennes et d’aider de nombreux fidèles à vivre une participation toujours plus consciente et fructueuse aux sacrements.


Sources pour approfondir le sujet

Cet article rassemble et adapte les principaux enseignements de l'Église sur la formation liturgique, en s'inspirant notamment de la réflexion de Romano Guardini, dont l'œuvre a profondément marqué le renouveau liturgique du XXe siècle, ainsi que dans l'enseignement récent de l'Église.

Parmi les principales références, on peut citer :

Cet article s'inspire des travaux de M. Ramiro Pellitero Iglesias, professeur de théologie pastorale à la Faculté de théologie de l'Université de Navarre, et a été adapté et mis à jour à l'intention des lecteurs de la Fondation CARF.



Saint Maximilien Kolbe : le prêtre qui a donné sa vie à Auschwitz

Il existe des vies qui semblent avoir été écrites pour démontrer que l'Évangile peut être vécu jusqu'au bout. Celle de Saint Maximilien Marie Kolbe C'est l'une d'entre elles.

Prêtre franciscain conventuel, grand apôtre de la Vierge Marie, missionnaire, journaliste et martyr de la charité, il est entré dans l'histoire pour avoir volontairement sacrifié sa vie afin de sauver celle d'un autre prisonnier dans le camp de concentration de Auschwitz pendant la Seconde Guerre mondiale. Son geste reste l'un des plus grands témoignages d'amour chrétien du XXe siècle.

Mais réduire sa personnalité à ce seul acte héroïque reviendrait à ne retenir qu'une infime partie d'une vie extraordinaire.

Qui était saint Maximilien Kolbe ?

Saint Maximilien Marie Kolbe est né le 8 janvier 1894 à Zduńska Wola (Pologne) sous le nom de Raimundo Kolbe. Dès son enfance, il s'est distingué par sa profonde sensibilité religieuse.

Une tradition profondément ancrée dans sa biographie raconte que, alors qu’il n’était encore qu’un jeune garçon, il vécut une expérience spirituelle au cours de laquelle la Vierge Marie lui montra deux couronnes : l’une blanche, symbole de la pureté, et l’autre rouge, symbole du martyre. Lorsqu’elle lui demanda laquelle il choisissait, il répondit : « Les deux ». Des années plus tard, cette réponse allait prendre une signification prophétique.

Il est entré très jeune à la Ordre des Frères Mineurs Conventuels et prit le nom de Maximiliano María, ce qui témoigne de son profond dévouement envers la Vierge.

Un admirateur de l'Immaculée

Parler de saint Maximilien Kolbe, c'est parler d'une confiance absolue en Marie Immaculée.

Au cours de ses études à Rome, il fonda en 1917 la Milice de l'Immaculée, un mouvement d'évangélisation dont l'objectif était de rapprocher tous les hommes du Christ par l'intermédiaire de la Vierge. Pour lui, Marie n'était jamais une fin en soi, mais le chemin le plus sûr pour rencontrer Jésus-Christ.

Sa spiritualité était profondément marquée par trois convictions :

Ces idées ont marqué l'ensemble de son ministère sacerdotal.

Un pionnier de l'évangélisation dans les médias

Plusieurs décennies avant l'apparition d'Internet et des réseaux sociaux, saint Maximilien avait compris que la communication serait un outil décisif pour annoncer l'Évangile.

Il a fondé le magazine Le Chevalier de l'Immaculée, a fondé une grande maison d'édition catholique et a transformé le couvent de Niepokalanów au sein de l'un des plus grands centres d'édition religieuse d'Europe. De là, il imprimait des centaines de milliers d'exemplaires chaque mois et a même eu recours à la radio pour diffuser le message chrétien.

La Seconde Guerre mondiale et Auschwitz

Lorsque l'Allemagne a envahi Pologne En 1939, le couvent de Niepokalanów a ouvert ses portes pour accueillir des milliers de réfugiés, parmi lesquels de nombreux Juifs.

Maximiliano refusa de quitter sa communauté et continua d'exercer son ministère sacerdotal jusqu'à ce qu'il soit arrêté par les autorités nazies en 1941 et déporté vers le camp de concentration de Auschwitz.

Il y continua d'exercer son ministère de prêtre : il confessait, consolait et fortifiait spirituellement les autres prisonniers, dans des conditions inhumaines.

Bloque en el que fallece San Maximiliano Kolbe
Bloc où est décédé saint Maximilien Kolbe

Un martyr de la charité

En juillet 1941, un prisonnier réussit à s'échapper d'Auschwitz. En représailles, les nazis choisirent dix hommes pour les laisser mourir de faim. L'un d'entre eux fondit en larmes en pensant à sa femme et à ses enfants.

C'est alors qu'eut lieu l'un des gestes les plus émouvants de l'histoire contemporaine. Saint Maximilien s'avança et demanda à prendre la place du condamné. Il se présenta comme prêtre catholique et sa demande fut acceptée.

Pendant deux semaines, il a soutenu les autres prisonniers du bunker par des prières, des cantiques et des paroles d'espoir, jusqu'à ce que le 14 août 1941, après avoir reçu une injection létale.

Son sacrifice incarne de manière extraordinaire les paroles de Jésus : « Nul n'a un amour plus grand que celui qui donne sa vie pour ses amis » (Jn 15, 13).

Canonisation de saint Maximilien Kolbe

Saint Paul VI l'a béatifié en 1971. Par la suite, Saint Jean Paul II il l'a canonisé le 10 octobre 1982, en le proclamant martyr de la charité, une expression qui résume parfaitement le sens de toute sa vie : aimer jusqu'au bout.

Il l’a qualifié de « saint de notre siècle difficile ». Le sergent de l’armée et membre de la résistance juive en Pologne, Franciszek Gajowniczek (1901-1995), n’a cessé de répéter jusqu’à la fin de sa vie que c’était grâce à lui qu’il avait échappé au sort des victimes de l’Holocauste.

¿Que peut nous enseigner aujourd'hui saint Maximilien Kolbe ? Son message reste d'une grande actualité.

  1. La sainteté se construit à travers les petits choix. Avant l'héroïsme d'Auschwitz, il y eut des années de fidélité au quotidien : prière, étude, travail, service et confiance en Dieu.
  2. L'évangélisation exige de la créativité. Kolbe avait compris que la communication constituait un domaine privilégié pour annoncer l'Évangile. Aujourd'hui, ce défi se poursuit dans le monde numérique.
  3. Marie vous conduit toujours vers le Christ. Sa profonde dévotion mariale n'a jamais été du sentimentalisme, mais une manière concrète de vivre pleinement l'Évangile.
  4. L'amour est plus fort que la haine. Là où le mal semblait avoir triomphé, il a réagi en s'investissant pleinement. Sa vie prouve que l'amour chrétien peut transformer même les situations les plus sombres.

La figure de saint Maximilien Kolbe nous rappelle l'immense mission du sacerdoce : apporter l'espoir là où il semble n'y en avoir aucun.

Son exemple continue d'inspirer les séminaristes, les prêtres diocésains et les religieux du monde entier à vivre leur ministère avec dévouement, courage et une profonde union avec le Christ.

Dans le Fondation CARF Nous savons que la formation intégrale – humaine, spirituelle et académique – des futurs prêtres constitue un investissement pour l’Église tout entière. Des prêtres bien formés peuvent devenir, à l’instar de saint Maximilien, des instruments d’espoir pour des milliers de personnes, là où Dieu les appelle.

Saint Maximilien Kolbe dans l'encyclique Magnifica humanitas de Léon XIV

Le témoignage de saint Maximilien Kolbe continue d'éclairer l'Église, même de nos jours. Dans sa première encyclique, Magnifica humanitas (2026), le pape Léon XIV le cite parmi les « martyrs de la fraternité et de la justice », aux côtés de saint Óscar Romero et du bienheureux Enrique Angelelli. Le Souverain Pontife présente ces saints comme des hommes qui, même dans des conditions inhumaines, ont su défendre la dignité de chaque personne grâce à la force de l'Évangile.

Cette référence n’est pas fortuite. Dans un document consacré à une réflexion sur la dignité humaine et les défis de notre époque, Léon XIV présente saint Maximilien Kolbe comme un exemple montrant que la véritable grandeur de l’être humain ne réside ni dans le pouvoir ni dans la technologie, mais dans la capacité à se donner par amour. Sa vie nous rappelle que la fraternité chrétienne atteint son expression la plus élevée lorsque nous sommes capables de donner notre vie pour les autres, à l’exemple du Christ.

Carta Encíclica de Su Santidad León XIV Magnifica Humanitas
Signature de la lettre encyclique de Sa Sainteté Léon XIV, Magnifica Humanitas.

Prière à saint Maximilien Kolbe

Saint Maximilien Marie Kolbe,
prêtre fidèle et martyr de la charité,
apprenez-nous à aimer sans limite,
à faire pleinement confiance à la Vierge Marie
et à mettre notre vie au service des autres.
Que, en suivant votre exemple,
sachons répondre au mal par le bien
et d'annoncer le Christ avec courage.
Amen.

Prière n° 1 pour obtenir une faveur

Ô Seigneur Jésus-Christ, qui avez dit : " Nul n’a plus grand amour que celui qui donne sa vie pour ses amis ", par l’intercession de saint Maximilien Kolbe, dont la vie illustre cet amour, nous vous supplions d’exaucer nos prières….

(faites votre demande ici)

Grâce au mouvement de la Milice de l’Immaculée, fondé par Maximilien, il a diffusé une fervente dévotion à Notre-Dame à travers le monde entier. Il a donné sa vie pour un parfait inconnu et a aimé ses persécuteurs, nous donnant ainsi un exemple d’amour désintéressé pour tous les hommes, un amour inspiré par une véritable dévotion à Marie.

Accordez-nous, ô Seigneur Jésus, de pouvoir nous consacrer nous aussi entièrement et sans réserve à l’amour et au service de notre Reine du Ciel, afin de mieux aimer et servir notre prochain, à l’exemple de votre humble serviteur, saint Maximilien. Amen.

Récitez trois « Je vous salue Marie » et un « Gloire au Père ».
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Deuxième prière pour obtenir une faveur

Ô saint Maximilien-Marie ! Fidèle disciple du Petit Pauvre d'Assise,
Toi qui, animé par l’amour de Dieu, as consacré ta vie à la pratique assidue des vertus héroïques et aux œuvres saintes de l’apostolat, tourne ton regard vers nous, tes fidèles, qui comptons sur ton intercession.

Vous qui, rayonnant de la lumière de la Vierge Immaculée, avez attiré d’innombrables âmes vers les idéaux de sainteté, en les appelant à toutes les formes d’apostolat pour le triomphe du bien et la propagation du Royaume de Dieu, obtenez-nous la lumière et la force d’accomplir le bien en attirant de nombreuses âmes vers l’amour du Christ.

Vous qui, à l'image parfaite du divin Sauveur, avez atteint un si haut degré de charité que vous avez pu offrir, en sublime témoignage d'amour,
Toi qui as donné ta vie pour sauver celle d’un frère emprisonné, intercède auprès du Seigneur pour que nous obtenions la grâce que nous te demandons avec confiance :

(faites votre demande ici)

Et, animés par la même ferveur de charité, puissions-nous, nous aussi, par la foi et par nos œuvres, rendre témoignage au Christ devant nos frères, afin d’atteindre, avec vous, la possession béatifiante de Dieu
dans la lumière de la gloire éternelle. Amen.