Léon XIV : « Dieu rêve de nous »

Ses questions trouvèrent chez le pape Léon XIV une réponse qui renvoie au cœur même de la foi chrétienne :«Dieu ne reste pas indifférent à la vie humaine, mais va à la rencontre des hommes, les accompagne et leur ouvre un horizon d'espoir.".

C’est ainsi qu’Ernesto Juliá l’explique dans une série de trois articles consacrés aux mots de Léon XIV. On y retrouve la même idée qui traverse les différentes situations : Dieu aime l'homme tel qu'il est, mais l'invite toujours à grandir, à se relever, à se réconcilier et à vivre une vie nouvelle.

"Dieu vous aime tel que vous êtes, mais il rêve de vous en mieux."

« Chers amis, je vous invite à continuer de rêver au rêve de Dieu. À chacun de vous, je dis : Dieu vous aime tels que vous êtes, mais Il rêve de vous tels que vous êtes ! Le Seigneur nous permet à tous de recommencer, car être humain et chrétien ne consiste pas à ne jamais commettre d'erreurs, mais à grandir dans la capacité de se convertir, de se repentir, de corriger sa conduite et, surtout, de se réconcilier et de pardonner. ».

Ces paroles de Léon XIV, prononcées dans une prison de Barcelone, ont résonné à travers le monde. Et elles continueront de le faire. Un Dieu qui rêve de l’humanité, qui l’accompagne dans ses souffrances et ses joies. Et qui ne cesse d’aimer cette créature qu’il a créée, qui est chacun de nous, “ son image et sa ressemblance ”. Un Dieu qui s’est révélé au monde en la personne de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme.

Et cette réalité divine s'est très bien exprimée lors de la rencontre du pape Léon XIV avec un homme et deux femmes au stade olympique de Barcelone :

« Père céleste, nous grandissons en entendant que le seul but dans la vie est de produire, de réussir et de soigner son image. J’ai moi-même essayé, mais je n’y ai trouvé qu’un immense vide. En quête de réponses, ma vie a pris un tournant, et à Pâques, j’ai reçu le baptême. Maintenant que ce chemin est nouveau pour moi, je vous demande : comment garder les yeux fixés sur ce qui compte vraiment quand la société nous pousse à regarder constamment le sol ou seulement nous-mêmes ? »

Créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, cet homme, non baptisé par ses parents, a traversé les différentes étapes de la vie sans trouver de sens à son existence. Le nombre de personnes âgées demandant le baptême augmente chaque année dans certains pays européens, dont l’Espagne.

La réponse du pape Léon XIV ouvre d'abord l'horizon de sa vie, indique où il trouvera Dieu et suggère enfin des chemins pour trouver Dieu.

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« Notre désir de vérité et de bonheur exige un horizon plus large. Et cette soif d'apprendre est un don qui Dieu Il en va de même pour nous : nous sommes faits à la mesure de l’infini et par conséquent, chaque horizon fini, chaque pas, chaque conquête, tout en nous satisfaisant, le temps lui-même nous propulse en avant et nous invite à continuer à chercher, à chercher en avançant, mais surtout à chercher en “ descendant intérieurement ”, c’est-à-dire en allant dans les profondeurs.

Où puis-je vivre cette “ ouverture des horizons ” ?, peut-on imaginer que se demande le nouvel adepte.

« C’est au sein de cette société que vous et tant d’autres avez découvert la valeur d’une vie plus humaine, plus riche, ouverte à la rencontre de Dieu et à la joie de la foi. Cela signifie que, malgré les difficultés, le lieu où Dieu se rend présent et où nous devons trouver ses traces se trouve toujours dans la réalité où nous vivons. ».

Et le Saint-Père Léon XIV conclut en lui suggérant le chemin et les dispositions à prendre pour partager pleinement sa vie avec Dieu.

« Nous croyons que l’Esprit Saint agit et œuvre en silence dans toutes les situations de la vie et de l’histoire, même dans les plus difficiles. Mais nous devons cultiver cette soif de connaissance et lui faire une place ; comme je l’ai dit, “ regarder en soi ”, en essayant de ne pas se laisser submerger par les rythmes et les tentations extérieures, en cultivant des moments de silence, en prenant peut-être quelques minutes par jour pour lire l’Évangile et parler à Dieu, et aussi en essayant de faire ce cheminement intérieur avec d’autres, en nous laissant accompagner dans des parcours ecclésiaux et en échangeant avec des prêtres, des religieux et des personnes qui, comme nous, se sont engagés sur cette voie. ».

L'amour vibrant de Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit dans le cœur de ce converti l'a atteint à un moment où il cherchait désespérément une Lumière qui donnerait un sens à sa vie. Est-il possible que ce cri d'amour divin soit étouffé par une conscience plongée dans les ténèbres ?.

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Léon XIV confronté à la douleur du suicide

La deuxième personne à présenter son cas à Léon XIV est une femme qui a lutté contre une dépression sévère, ce qui l'a conduite à vivre – selon ses propres mots – « les ténèbres, l'isolement et une douleur incommensurable. Parfois, cette douleur est si accablante que l'idée de disparaître semble la seule issue. J'ai combattu cette maladie en silence pendant des années, et un vendredi soir, j'ai perdu la bataille et j'ai tenté de mettre fin à mes jours. Je suis ici parce que Dieu m'a donné une seconde chance, et je lui en serai éternellement reconnaissante. ».

À peine a-t-elle fini de décrire la profonde dépression qu’elle a vécue et de remercier Dieu pour cette “ seconde chance ” qu’elle demande au Pape : « Je vous le demande de tout mon cœur : où pouvons-nous voir Dieu quand les ténèbres sont absolues et que nous n’en pouvons plus ? Comment pouvons-nous avoir confiance en Dieu quand il semble que rien, pas même nous-mêmes, ne vaille la peine ? »

Léon XIV ouvre peut-être son cœur avec le désir que cette femme ouvre le sien et découvre le Christ souffrant avec elle, et l'encourageant à se relever avec Lui (les textes sont les paroles du Pape).

« Face aux situations les plus difficiles et les plus douloureuses, lorsque Dieu semble absent, nous devons lui confier à nouveau les fardeaux que nous portons dans nos cœurs, quitte à crier vers lui, voire à protester comme Job, certains qu'il se rend présent et proche de nous, même lorsqu'il est apparemment silencieux. ».

Et après avoir évoqué l’angoisse et la douleur, « les heures de ténèbres, d’angoisse et de douleur que Jésus a vécues à l’approche de l’heure de sa mort ».", canard:

« En de tels moments, nous pouvons instinctivement penser que Dieu nous a aussi abandonnés. Mais la Croix de Jésus nous dit que Dieu ne nous abandonne pas, qu'il continue d'être crucifié pour nous au moment de la douleur et de la solitude extérieure, qu'il recueille non seulement nos larmes, mais aussi le cri de notre souffrance que les autres n'entendent pas, un cri que Jésus a fait sien sur la Croix, disant : “ Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? ” ».

Le Seigneur à Gethsémani et sur le Calvaire nous révèle l'amour infini qu'il a pour nous et nous enseigne que nous ne pourrons découvrir la profondeur de cet amour qu'en l'accompagnant dans la souffrance. Si, en le contemplant crucifié, nous offrant la rédemption de tous nos péchés et incitant nos âmes à la repentance, nous lui offrons nos peines et nos souffrances, l'accompagnant ainsi dans le port de sa Croix rédemptrice.

« Dans les moments de souffrance, autant que possible, nous devons nous ouvrir à quelqu’un qui peut nous aider à exprimer une simple prière, qui peut nous accompagner discrètement sans se précipiter pour nous expliquer cette douleur, qui peut nous prendre par la main et nous guider hors de ce cri », ajoute le pape Léon XIV.

Cette personne, c'est le Christ lui-même. Le pape Léon XIII semble inviter cette femme à découvrir la souffrance du Seigneur sur la Croix et à s'unir à Lui, à vivre ses souffrances en Christ, par Christ, avec Christ, à l'image du bon larron.

« Dimas fixe son regard sur Celui qui va rendre l’âme et élève son esprit jusqu’aux sommets de la Croix. Jusqu’aux sommets de Dieu, découvrant la splendeur de la Résurrection. “ Seigneur, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. Aujourd’hui, tu seras avec moi au paradis. ” “.

" Jamais auparavant sur terre un dialogue aussi bref n’a été entendu, et n’en sera jamais entendu, aussi riche de sens et d’immensité, entre l’Amour de Dieu et la misère de l’homme. La rencontre sur la Croix du Fils de Dieu fait homme avec l’homme pécheur, qui implore sa miséricorde ” (Avec le Christ sur le Calvaire, p. 72)

« Ces expériences nous adressent aussi, à nous les croyants, un message à toute l’Église : nous ne devons pas spiritualiser la souffrance en l’attribuant superficiellement à la “ volonté de Dieu ” ou à un mystérieux dessein divin, car cela risque de la minimiser, de la faire taire et de blesser. Dieu ne veut pas la souffrance ; il la porte en nous et nous invite à lui faire confiance avec persévérance. ».

Dieu rêve-t-il de ce que Léon XIV voulait recommander à cette femme qui, main dans la main avec la Vierge Marie, unit ses peines et ses souffrances à celles du Christ et éprouve ainsi la joie d'accompagner le Seigneur dans sa mort sur la Croix, et jouit déjà de la joie de la Résurrection ?. 

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Léon XIV, continue de rêver le rêve de Dieu

« Chers amis, je vous invite à continuer de rêver au rêve de Dieu. À chacun de vous, je dis : Dieu vous aime tels que vous êtes, mais Il rêve de vous tels que vous êtes ! Le Seigneur nous permet à tous de recommencer, car être humain et chrétien ne consiste pas à ne jamais commettre d'erreurs, mais à grandir dans la capacité de se convertir, de se repentir, de corriger sa conduite et, surtout, de se réconcilier et de pardonner. ».

Ces paroles de Léon XIV, prononcées dans une prison de Barcelone, ont résonné à travers le monde. Et elles continueront de le faire. Nous les avons incluses dans le premier de ces articles, et nous les réitérons ici. Un Dieu qui rêve de l’humanité, qui l’accompagne dans ses souffrances et ses joies. Et qui ne cesse d’aimer cette créature qu’il a créée, chacun de nous, “ fait à son image et à sa ressemblance ”. Un Dieu qui s’est révélé au monde en la personne de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme. “ Celui qui m’a vu a vu le Père ” (Jean 14, 9), dit le Seigneur.

 «Bonsoir, Saint-Père. Je viens d'une famille d'un quartier très modeste de Barcelone. Quand j'étais petit, mon père a tenté de tuer ma mère, et elle a été sauvée grâce à l'intervention d'un garçon qui est mort. Mon père a été emprisonné, et ma mère est devenue toxicomane. À dix ans, j'ai été pris en charge par les services sociaux et placé au centre de détention pour mineurs de San José de la Montaña. Au début, c'était difficile car je m'étais construit une carapace, je ne laissais personne entrer.

Mais peu à peu, j'ai connu l'amour familial pour la première fois et mon cœur s'est ouvert. Là, j'ai appris à connaître Jésus, j'ai commencé à prier et j'ai été baptisé. Mais à l'adolescence, je me suis rebellé contre Dieu à plusieurs reprises. J'ai été invité à une retraite et là, pour la première fois, j'ai ressenti l'amour de Dieu. Mais quelques mois ont passé et j'ai encore du mal à pardonner à mon père. Parfois, je lève les yeux au ciel et je demande : » Où étiez-vous quand j'étais enfant ? » Père saint, comment puis-je pardonner à mon père qui a failli me laisser orphelin de mère ? Comment puis-je vraiment me réconcilier avec Dieu ?.

Jésus sur la Croix donne un sens à la souffrance

La souffrance physique et morale est présente dans chacune de nos vies, et nous la rencontrons tous. Du haut de la Croix, le Christ donne un sens à toute souffrance, et cloué à la Croix, il demeurera à jamais, jusqu'à la fin des temps, afin que nous souffrions avec lui et ressuscitions avec lui.

Conscient de ce que le Christ a donné un sens à toute la souffrance humaine, Léon XIV utilise ces questions pour placer les femmes dans une relation authentique avec Dieu.

 « C’est véritablement un signe de la grâce divine que cette question surgisse d’un passé si marqué par la souffrance et que, malgré la douleur, on ait le courage de se demander comment il est possible de pardonner à ceux qui nous ont fait du tort. (...) Nous ne pouvons imputer à Dieu ce qui nous incombe ; nous ne pouvons imaginer que Dieu, dans sa grandeur, réponde automatiquement à nos besoins ou empêche miraculeusement le mal de se produire. ».

» Il nous a dotés d’intelligence et de volonté, il nous a donné une conscience, il nous a revêtus de dignité et de liberté, et surtout il est venu à notre rencontre pour nous montrer, en son Fils Jésus-Christ, le chemin à suivre afin que notre vie soit pleinement humaine et que la justice, la paix et la fraternité règnent dans notre société », ajoute le pape Léon XIII.

Jésus-Christ est venu sur terre pour nous racheter du péché et pour nous donner la grâce – en vivant avec nous – afin que nous puissions vivre en demandant pardon et en pardonnant à ceux que nous offensons ou qui nous offensent.

« Tout cela nous aide à entrer de plus en plus dans la dynamique du pardon et à nous réconcilier avec Dieu et avec les autres. Nous sommes des pécheurs pardonnés, nous sommes en paix et nous sommes capables de pardonner. Capables d'être porteurs de paix. ».

Dans ses réponses à ces trois jeunes, le Saint-Père a offert un aperçu très personnel de la pratique des trois vertus théologales qui, d'une certaine manière, expriment la relation de l'humanité avec Dieu : la Foi, l'Espérance et la Charité. Les vivre au quotidien, même dans les moments difficiles, nous permet de découvrir l'amour de Dieu pour nous. Un amour qu'il souhaite que nous partagions avec tous nos prochains. 



Ernesto Juliá, (ernesto.julia@gmail.com) | Précédemment publié dans Religion Confidentialité.


Relire l'encyclique Magnifica humanitas

L'été étant passé, suffisamment de temps s'est écoulé pour permettre une lecture sereine de la première encyclique de Léon XIV : Magnifica humanitas (15 mai 2026). Un texte dont le sujet n'est pas l'intelligence artificielle, mais, comme l'indique le sous-titre, “ la protection de la personne humaine à l'ère de l'intelligence artificielle ”.

Parallèlement, elle souligne en quoi doit consister la contribution des chrétiens à l'édification d'une ville plus humaine et plus fraternelle. Le prélude et la conclusion encadrent les symphonies. Il convient d’accorder une attention particulière au début et à la fin de l’encyclique, même s’ils sont brefs, afin de bien saisir le contenu de son message.

Le prélude : Babel ou Jérusalem ?

À l'époque de Léon XIII La nouveauté résidait dans la révolution industrielle, avec ses avancées et ses risques. Aujourd’hui, dit le Pape, nous devons mener un “ discernement partagé ” qui nous aide, en ce “ tournant historique ”, à répondre à certaines questions fondamentales : “ Où allons-nous ? Vers quel objectif souhaitons-nous nous diriger ? Quelle orientation choisir en tant que communauté humaine et en tant que peuples ? ” (n° 6).

Pour construire de manière responsable à notre époque, le Pape propose deux “ images ” bibliques : la construction de la tour de Babel (cf. Gn 11, 1-9) et la reconstruction des murs de Jérusalem (cf. Ne 2, 6) après l’exil à Babylone (cf. n° 7-10).

“ Le premier choix ne se pose pas entre un ‘ oui ’ ou un ‘ non ’ à la technologie, mais entre bâtir Babel ou reconstruire Jérusalem : entre un pouvoir qui prétend dominer le ciel et un peuple qui, en présence de Dieu, s’attelle à l’œuvre, uni, pour rebâtir les remparts de la coexistence fraternelle ” (n° 9).

Leon XIV affirme que c’est précisément “ cette œuvre partagée ” qui exprime la manière de construire propre aux chrétiens : “ Orienter l’action vers Dieu, afin que, sous sa lumière, le pluralisme ne se disperse pas dans le désordre, mais que, dans la pratique de la synodalité, il devienne l’espace où l’humanité retrouve ses fondements solides et sa fin ultime ” (n° 10).

C’est ainsi que se dessine, pourrait-on dire, une anthropologie chrétienne du travail, qui culmine dans le don de la Cité de Dieu définitive : le Ciel, le Royaume de Dieu accompli, l’Église, communion des saints dans un monde réconcilié et transformé. “ Cette vision de la grâce est pour nous, chrétiens, un appel à travailler ensemble, en cultivant une vie commune pacifique, juste et digne dans les ‘villes’ d’aujourd’hui ” (Ibid.).

Encíclica Magnifica humanitas

5 éléments clés pour comprendre « Magnifica Humanitas »

À l'occasion du 135e anniversaire du prophète Rerum novarum Le pape Léon XIV, qui a succédé à Léon XIII, a rendu publique sa nouvelle encyclique, Magnifica Humanitas (15 mai 2026). Un document d’une grande portée théologique et sociale qui aborde le plus grand défi de notre époque : la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle (IA) et de la numérisation effrénée.

S’inspirant de l’image biblique de Dieu fait chair pour éclairer le mystère de l’homme, le Saint-Père propose une lecture de res novae (les « nouvelles réalités ») dans une perspective de foi, de raison et de responsabilité partagée.

  1. Le paradigme technocratique face au véritable humanisme chrétien Léon XIV met en garde contre le risque de succomber à un paradigme technocratique qui érige l'efficacité en absolu, réduit l'être humain à un simple ensemble de données ou promeut des discours tels que le transhumanisme et le posthumanisme.

Face à la prétention d’atteindre un « au-delà de l’humain » par le biais du contrôle technique et biologique, l’encyclique oppose la grandeur de la grâce et de l’incarnation : la véritable transcendance ne consiste pas à dépasser nos limites biologiques par la force technologique, mais à accueillir la dignité transcendante de chaque personne en tant qu’image du Dieu trinitaire.

  1. L'IA en tant qu'outil, et non comme substitut de la conscience et de la gouvernance L’intelligence artificielle représente un outil précieux, capable de générer de grands progrès, mais son omniprésence exige des considérations éthiques, de la transparence et une bonne gouvernance. Le pape a mis en garde contre le pouvoir sans précédent exercé aujourd’hui par de grands acteurs privés transnationaux, qui dépassent souvent les capacités de régulation des États.

Le Pape souligne que les technologies doivent toujours être orientées vers le bien commun et subordonnées à la responsabilité morale de l’être humain. Les décisions cruciales qui touchent à la vie, à la justice ou à la paix ne peuvent être déléguées aveuglément à des algorithmes dépourvus de cœur et de conscience.

  1. La vérité, le travail et la liberté : les trois piliers menacés Au chapitre quatre, l’encyclique détaille comment la transition numérique impacte trois dimensions structurelles de la vie sociale :

Vérité et communication : Dans un écosystème hyperconnecté, vulnérable à la manipulation et à la désinformation, la vérité doit être préservée comme un bien commun essentiel à la santé des démocraties. Léon XIV appelle à une véritable « écologie de la communication » et à une alliance éducative.

La dignité du travail : Face au spectre du chômage technologique et de l'automatisation, le texte réaffirme que le travail n'est pas simplement un facteur de production, mais une voie indispensable vers l'épanouissement personnel et la participation à la création.

Liberté contre contrôle : L’encyclique dénonce les « nouveaux esclavages numériques », la dépendance aux écrans et la dynamique de marchandisation et de contrôle social qui s’emparent des jeunes et des familles.

  1. La reconstruction de Jérusalem face à la tentation de la tour de Babel Pour illustrer ce moment de changement d'époque, le Saint-Père utilise deux images bibliques puissantes :

La tour de Babel : La tour de Babel : elle symbolise la prétention de l'autosuffisance humaine, la quête d'uniformité idéologique et technologique, ainsi que l'orgueil de vouloir atteindre le ciel sans Dieu, ce qui aboutit inévitablement à l'incompréhension et à l'effondrement social.

La reconstruction de Jérusalem (Néhémie) : C’est un modèle de responsabilité partagée, de communion dans la diversité, de dialogue intergénérationnel et d’effort collectif. Au lieu d’imposer sa volonté, il s’agit de reconstruire les liens qui nous unissent, en plaçant Dieu et le prochain au centre.

  1. De la « culture du pouvoir » à la « civilisation de l’amour ». Enfin, le pape Léon XIV lance un appel pressant à la géopolitique mondiale. Face à une culture de la puissance qui normalise la guerre, développe des systèmes d'armes autonomes guidés par l'IA et dégrade le multilatéralisme diplomatique, l'Église rétorque qu'il est urgent de bâtir une civilisation de l'amour.

Cela implique de « désamorcer les mots », d’adopter une vision réaliste du regard et de la souffrance des victimes des conflits, et de promouvoir un désarmement global guidé par la justice et le dialogue pacifique entre les peuples.

Firma de la encíclica Magnifica humanitas
Signature de l'encyclique Magnifica humanitas.

Un chant d'espoir

Magnifica Humanitas Il conclut en levant les yeux vers le Magnificat de Marie et de la contemplation du Verbe incarné. Léon XIV nous rappelle que la technologie est faite pour servir la personne, et non l'inverse.

Le défi de notre génération est de ne pas perdre notre âme à l'ère des algorithmes et de construire ensemble une société authentiquement humaine et fraternelle.


M. Ramiro Pellitero Iglesias, professeur émérite de théologie pastorale à la Faculté de théologie de l'Université de Navarre.

Publié dans Église et nouvelle évangélisation.


Comment vivre sa foi ? Qu'est-ce que la foi et quel est son rapport avec la raison ?

Il y a des questions qui accompagnent l'être humain depuis toujours : Dieu existe-t-il ? Pourquoi sommes-nous ici ? Quel est le sens de notre vie ? Pouvons-nous connaître la vérité ? Que se passe-t-il après la mort ?

La foi chrétienne ne vous invite pas à cesser de vous poser ces questions. Au contraire, La foi cherche à comprendre et s'appuie également sur l'intelligence, la liberté et l'expérience humaine.

Pour un chrétien, croire ne signifie pas fermer les yeux sur la réalité. Cela signifie les ouvrir à une réalité plus grande : la possibilité que Dieu existe, qu’Il nous connaisse, qu’Il nous aime et qu’Il souhaite entrer en relation avec nous.

Qu'est-ce que la foi ?

La foi, c'est avant tout, une réponse personnelle de l'être humain à Dieu. Le Catéchisme de l’Église catholique explique que Dieu se révèle à l’homme et l’invite à entrer en communion avec Lui. La réponse à cette invitation, c’est la foi : une adhésion personnelle à Dieu et, en même temps, une adhésion libre aux vérités qu’Il a révélées.

C'est pourquoi la foi ne consiste pas simplement à accepter que « Dieu existe ». Croire, c'est lui faire confiance et orienter sa vie en fonction de cette confiance.

Pour le chrétien, en outre, croire en Dieu est indissociable de la foi en Jésus-Christ, le Fils de Dieu fait homme, et en le Saint-Esprit. La foi est donc, une relation vivante avec Dieu.

Il ne s'agit pas seulement de connaître une série de vérités religieuses, mais de connaître une Personne et de laisser cette rencontre transformer notre façon de penser, de décider et de vivre.

La foi est-elle un don de Dieu ?

L'Église enseigne que La foi est un don de Dieu, une grâce qu'Il offre à l'être humain. Mais cela ne signifie pas pour autant que nous croyions automatiquement ni que notre liberté disparaisse.

Le Catéchisme explique que, pour croire, nous avons besoin de la grâce de Dieu et de l’action intérieure du Saint-Esprit, mais aussi que croire est un acte véritablement humain. L’intelligence et la volonté collaborent avec la grâce.

On pourrait dire que Dieu fait le premier pas, mais qu’Il attend notre réponse. C’est pourquoi la foi ne peut s’imposer. Il s’agit d’une réponse libre à une invitation. Dieu va à la rencontre de l’homme et lui parle ; l’homme peut écouter, chercher, interroger, accueillir cet appel et y répondre.

Vivir la fe católica

Foi et raison : sont-elles compatibles ?

L'une des questions les plus fréquentes est justement celle-ci : Peut-on croire en Dieu tout en étant une personne rationnelle ?

La réponse de l'Église est oui. La foi et la raison ne sont pas ennemies. Elles portent sur des dimensions différentes de la réalité, mais toutes deux collaborent à la recherche de la vérité.

La foi n’exige pas d’accepter qu’une chose soit vraie simplement parce que nous ne pouvons pas la comprendre. Elle ne signifie pas non plus renoncer à la raison. Le Catéchisme affirme que l’adhésion de la foi n’est pas un acte aveugle et qu’il existe des motifs de crédibilité qui contribuent à montrer que croire n’est pas irrationnel.

La raison peut nous amener à nous interroger sur l’existence de Dieu et à découvrir que la réalité ne se limite pas à ce que nous pouvons mesurer ou expérimenter directement. La foi, quant à elle, permet d’accueillir une vérité que Dieu lui-même révèle et qui dépasse ce que la raison humaine pourrait atteindre par ses propres moyens.

C'est pourquoi, La foi et la raison sont indispensables l’une à l’autre et s’enrichissent mutuellement. La recherche scientifique, lorsqu’elle est menée correctement, n’est pas non plus nécessairement en contradiction avec la foi. La science étudie la réalité naturelle à l’aide de ses propres méthodes ; la foi ouvre l’esprit à des questions sur son sens ultime et sur le mystère de Dieu.

Croire ne signifie pas croire n'importe quoi

Nous utilisons parfois le mot « foi » pour désigner simplement le fait d’avoir confiance en quelque chose ou en quelqu’un. Mais la foi chrétienne a un contenu précis. Dire « j’ai foi en cela, tout ira bien » n’est pas la même chose qu’affirmer « je crois en Dieu ».

Dans le premier cas, nous exprimons un espoir ou une confiance personnelle. Dans le second, nous parlons d’une adhésion à Dieu et à la Révélation qu’Il a communiquée.

La raison ultime de la foi chrétienne n'est pas que toutes les vérités révélées puissent être démontrées par notre raison naturelle, mais la confiance en Dieu qui se révèle et qui ne peut ni se tromper ni nous tromper.

Comment la foi s'exprime-t-elle dans la vie d'une personne ?

La foi commence par une réponse, mais elle devient ensuite un chemin. Croire modifie peu à peu la manière dont on perçoit la réalité.

Une personne qui vit dans la foi peut continuer à rencontrer des difficultés, des doutes, des souffrances et des moments de ténèbres. La différence réside dans le fait qu’elle s’efforce de les vivre avec une confiance renouvelée : Elle n'est pas seule et sa vie a un sens qui dépasse les circonstances immédiates.

La foi aide à porter un regard différent sur le travail, la famille, les relations personnelles, la souffrance, les décisions, mais aussi les moments de joie. Elle n’élimine pas les difficultés, mais elle peut changer la manière de les affronter. C’est pourquoi la foi chrétienne n’est pas seulement une question de réflexion. C'est quelque chose qui se vit.

Comment renforcer sa foi ?

La foi est un don, mais elle doit également être accueillie, entretenue et nourrie. Comme pour toute relation personnelle, l'amitié avec Dieu s'épanouit lorsque l'on y consacre du temps.

1. Par la prière

La prière est un dialogue avec Dieu. Il n'est pas nécessaire de commencer par de grands discours. Il suffit parfois de Lui parler en toute simplicité : Le remercier, Lui demander de l'aide, Lui confier nos soucis ou rester quelques minutes en silence en Sa présence.

2. Avec les Saintes Écritures

La Bible occupe une place fondamentale dans la vie de foi car elle permet de découvrir l'histoire du salut et, en particulier, Jésus-Christ.

En février 2026, Léon XIV a consacré l'une de ses catéchèses à la Constitution Dei Verbum et a rappelé le lien profond qui unit la Parole de Dieu, l’Église et la foi. Il a souligné que l’Écriture trouve sa place propre au sein de la communauté chrétienne et que sa lecture conduit à la rencontre avec le Christ et au dialogue avec Dieu.

Lire l'Évangile, le méditer et se demander ce qu'il nous dit aujourd'hui peut ainsi devenir une véritable école de foi.

3. Par les sacrements

La foi ne se vit pas uniquement au plus profond de chaque personne. Les sacrements nous aident à rencontrer le Christ et à approfondir notre relation avec Lui.

Dans ces moments-là, Dieu nous accompagne tout au long des différentes étapes de notre vie chrétienne. Le baptême Elle nous intègre à l’Église et, dans l’Eucharistie, nous recevons le Christ et nous nous unissons à Lui d’une manière particulière. C’est pourquoi, Participer aux sacrements est également un moyen de nourrir et de renforcer notre foi.

Comunión

4. Avec la communauté chrétienne

La foi n'est pas non plus destinée à être vécue dans la solitude. L'Église est une communauté de croyants qui cheminent ensemble, s'entraident, prient les uns pour les autres et partagent la mission d'annoncer l'Évangile.

La communauté chrétienne nous aide également lorsque notre propre foi faiblit. Il y a des moments où nous avons besoin de nous appuyer sur la foi d'autrui.

5. Avec charité

Croire en Dieu, c'est aussi apprendre à porter un regard différent sur son prochain, en particulier sur ceux qui souffrent ou qui ont besoin d'aide.

La foi et la charité ne sont pas deux voies distinctes. La rencontre avec Dieu transforme notre relation avec les autres et nous pousse à servir.

La foi dans un monde en mutation

En 2026, nous vivons au cœur de progrès scientifiques et technologiques qui transforment notre façon de travailler, de communiquer et même de nous comprendre nous-mêmes.

Dans son encyclique Magnifica Humanitas, publiée le 15 mai 2026, Léon XIV réfléchit précisément à la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle et rappelle que la véritable plénitude de l’être humain ne consiste pas à dépasser ses limites grâce à la technologie, mais à s’ouvrir à la grâce de Dieu et à grandir dans l’amour.

Cette approche renvoie à une question essentielle de la foi : Qu'est-ce qui rend véritablement l'être humain heureux ?

Nous disposons peut-être de plus d'informations, de plus de technologies et de plus de possibilités que jamais, et pourtant, nous continuons à nous poser les mêmes questions fondamentales. Qui suis-je ? Pourquoi est-ce que je vis ? À qui puis-je confier ma vie ? Où se trouve le vrai bonheur ?

La foi devient un mode de vie

Léon XIV a rappelé dans sa lettre apostolique Dans l'unité de la foi, publiée à l'occasion du 1 700e anniversaire du concile de Nicée, que la profession de foi ne peut se limiter à de simples paroles. Comme le souligne le pape, « Ce que nous disons doit venir du cœur, afin que cela se reflète dans notre vie ». C'est pourquoi il nous invite à nous demander si nous comprenons et vivons réellement ce que nous professons chaque dimanche dans le Credo.

C'est peut-être l'une des meilleures façons de comprendre comment fonctionne la foi : La foi ne se limite pas à ce en quoi nous croyons : elle transforme notre façon de vivre.

La foi : une réponse à l'appel de Dieu

Dieu vient à notre rencontre, se révèle et nous invite à entrer en relation avec Lui. Mais Il attend une réponse libre. C’est pourquoi la question « Comment fonctionne la foi ? » peut finalement nous conduire à une question bien plus personnelle : Que dois-je faire de l'invitation que Dieu m'adresse ?

La réponse de chacun est unique. Pour certains, elle commence par une question. Pour d’autres, par une difficulté. Pour d’autres encore, par le témoignage de quelqu’un, une lecture, une conversation ou un moment de prière.

Le chemin peut toujours commencer. Car la foi ne consiste pas à avoir toutes les réponses avant de faire le premier pas. Elle consiste à oser chercher Dieu, lui faire confiance et laisser cette confiance transformer notre vie.


Article original de Francisco Varo Pineda, Université de Navarre, Faculté de théologie.



Qu'est-ce que l'onction des malades ? : quand, qui peut la recevoir et quels sont ses effets ?

« Guérissez les malades ! » (Mt 10, 8). L’Église a reçu cette mission du Seigneur et s’efforce de l’accomplir à travers les soins médicaux et l’accompagnement qu’elle apporte aux malades. Mais aussi par la prière d’intercession dont elle les entoure dans les moments difficiles.

Lorsqu’une personne est gravement malade ou atteint un âge avancé, de nombreuses familles se demandent s’il est temps de demander l’onction des malades. Cependant, il existe encore la croyance selon laquelle ce sacrement n’est administré qu’à ceux qui sont sur le point de mourir. La réalité est tout autre : l’onction des malades est un sacrement de réconfort, de force et d’espoir que l’Église offre à ceux qui sont confrontés à une maladie grave ou à la fragilité liée à la vieillesse.

Qu'est-ce que l'onction des malades ?

La miséricorde de Jésus-Christ envers les malades et ses nombreuses guérisons de personnes souffrantes de toutes sortes constituent un signe merveilleux de son de la compassion envers tous ceux qui souffrent dans leur corps et dans leur âme.

Par sa Passion et sa mort sur la croix, Jésus a donné un sens nouveau à la souffrance. Depuis lors, cette réalité nous configure à Lui et nous unit à sa mission rédemptrice. Pour les chrétiens, la maladie et la mort peuvent et doivent être des moyens de se sanctifier et de se racheter avec le Christ. L’onction des malades existe pour nous aider dans cette mission.

La présence du Christ dans la maladie est une très grande source de réconfort. Il nous prend par la main et nous rappelle que nous lui appartenons, et que rien ne peut nous séparer de Lui.

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Onction des malades, sacrement du salut et de la guérison

La parabole du bon Samaritain exprime le mystère célébré dans ce sacrement : Jésus-Christ s'approche de celui qui souffre et le réconforte avec l'huile de la consolation et le vin de l'espérance. Puis, il le conduit à l'auberge, qui représente l'Église, à laquelle le Christ le confie. Le Christ a enseigné à ses disciples à partager sa prédilection pour les malades et les nécessiteux, et il leur a confié la tâche de prendre soin d’eux en son nom par le biais du sacrement de l’Onction.

L’onction des malades est un sacrement institué par Jésus-Christ, dont l’Évangile selon saint Marc fait allusion. Recommandé aux fidèles et promulgué par l’apôtre Jacques : «L'un d'entre vous est-il malade ? Appelez les prêtres de l'Église, qu’ils prient pour lui et l’oignent d’huile au nom du Seigneur. Et la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera ; et s’il a commis des péchés, ils lui seront pardonnés » (Jc 5, 14-15).

L'Église croit et professe que, parmi les sept sacrements, il existe un sacrement spécialement destiné à réconforter ceux qui sont affligés par la maladie : l'onction des malades. Ce sacrement aide à vivre ces réalités douloureuses de la vie humaine dans une perspective chrétienne : « Dans l’Onction des malades, comme on appelle désormais l’Extrême-Onction, nous assistons à une préparation pleine d’amour au voyage qui s’achèvera dans la maison du Père », (Saint Josémaria Escriva, C'est le Christ qui passe, 80).

Un sacrement spécial pour les malades

Au fil des siècles, l'onction des malades était administrée à ceux qui étaient sur le point de mourir ; c'est pourquoi on l'appelait « extrême-onction ». De même, la liturgie n'a jamais cessé de prier pour les malades.

Nous savons aujourd’hui que ce sacrement est un sacrement de guérison. C’est un don de Dieu qui contribue à guérir le corps et l’esprit de celui qui le reçoit. Par son intermédiaire, on demande au Seigneur la santé du corps, de l’âme et de l’esprit du chrétien qui est atteint d’une grave maladie ou qui est en âge avancé.

« La grâce première de ce sacrement est une grâce de consolation, de paix et de courage pour surmonter les difficultés propres à l’état de maladie grave ou à la fragilité de la vieillesse. Cette grâce est un don du Saint-Esprit qui renouvelle la confiance et la foi en Dieu et fortifie contre les tentations du malin, en particulier la tentation du découragement et de l’angoisse face à la mort […] Cette assistance du Seigneur, par la force de son Esprit, vise à conduire le malade à la guérison de l’âme, mais aussi à celle du corps, si telle est la volonté de Dieu. De plus, " s’il a commis des péchés, ils lui seront pardonnés " » (CEC, 1520).

Il ne faut pas croire que ce sacrement est réservé uniquement à ceux qui sont en danger de mort, mais qu'il peut également être reçu par ceux qui en ont conscience et qui le jugent nécessaire.

Ainsi, tout chrétien qui souffre d'une maladie grave, qui va subir une opération délicate ou qui est très âgé peut demander que le sacrement de l'onction des malades lui soit administré. Au cours de la même maladie, le sacrement peut être répété si la maladie s'aggrave.

Il n'y a pas de limite au nombre de fois où vous pouvez en bénéficier et il n'est pas conseillé d'attendre le dernier moment.

L'Église établit que, si la personne malade est inconsciente, le sacrement de la confession peut être administré. Ensuite, le sacrement de l'onction des malades. Si une personne gravement malade meurt sans avoir reçu ce sacrement, l'Église recommande de l'administrer dans les premières heures qui suivent le décès.

Ministre de l'Onction des malades

« Seuls les Les prêtres (évêques et presbytres) sont des ministres de l’Onction des malades. Il incombe aux pasteurs d’instruire les fidèles sur les bienfaits de ce sacrement. Les fidèles doivent encourager les malades à faire appel au prêtre pour recevoir ce sacrement. Et que les malades se préparent à le recevoir dans de bonnes dispositions, avec l’aide de leur pasteur et de toute la communauté ecclésiale, à laquelle il est demandé d’accompagner tout particulièrement les malades par leurs prières et leurs attentions fraternelles » (Catéchisme, 1516).

Nous devons tous être conscients qu'aujourd'hui, les personnes gravement malades meurent seules malgré leur présence dans des hôpitaux modernes. C'est pourquoi le travail chrétien de ceux qui ont accès à cette réalité est important. Afin que les malades dans les hôpitaux ne manquent pas de moyens pour réconforter et apaiser le corps et l'âme souffrants, et parmi ces moyens, en plus du sacrement de la réconciliation et du viatique, se trouve le sacrement de l'onction des malades.

Ainsi, tout comme les sacrements du baptême, de la confirmation et de l’Eucharistie forment un ensemble appelé « les sacrements de l’initiation chrétienne », on peut dire que la confession, l’onction et l’Eucharistie, en tant que viatique, constituent, lorsque la vie chrétienne touche à sa fin, les sacrements qui clôturent le pèlerinage terrestre.

"Cela nous aide à élargir notre vision de la maladie et à savoir que nous ne sommes pas seuls, que le prêtre et la communauté chrétienne soutiennent les malades et les souffrants", Pape François.

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Thème de l'onction des malades

Le sujet de l'onction des malades est toute personne baptisée, qui ait atteint l’âge de raison et se trouve en danger de mort en raison d’une maladie grave ou d’une vieillesse accompagnée d’une grande faiblesse sénile. L’onction des malades ne peut être administrée aux défunts.

Pour bénéficier des bienfaits de ce sacrement, il est nécessaire que le candidat se soit préalablement réconcilié avec Dieu et avec l’Église, ne serait-ce que par le désir, indissociable du repentir de ses propres péchés et de l’intention de les confesser, dans la mesure du possible, lors du sacrement de la pénitence. C’est pourquoi l’Église prévoit que, avant l’Onction, le sacrement de la Pénitence et de la Réconciliation soit administré au malade.

La personne doit avoir l'intention, au moins habituelle et implicite, de recevoir ce sacrement. En d'autres termes : le malade doit avoir la volonté inébranlable de mourir comme meurent les chrétiens, ainsi qu'avec les aides surnaturelles qui leur sont destinées.

Bien que l’onction des malades puisse être administrée à une personne ayant déjà perdu connaissance, il faut veiller à ce qu’elle soit reçue en pleine conscience, afin que le malade puisse mieux se disposer à recevoir la grâce du sacrement. Elle ne doit pas être administrée à ceux qui persistent obstinément dans un péché mortel manifeste sans se repentir (cf. CIC, can. 1007).

Si un malade qui a reçu l’onction recouvre la santé, il peut, en cas de nouvelle maladie grave, recevoir à nouveau ce sacrement ; et, au cours de la même maladie, le sacrement peut être renouvelé si la maladie s’aggrave (cf. CIC, can. 1004, 2).

Enfin, il convient de garder à l’esprit cette indication de l’Église : « En cas de doute quant à savoir si le malade a retrouvé l’usage de raison, s’il souffre d’une maladie grave ou s’il est déjà décédé, ce sacrement doit lui être administré » (CIC, can. 1005).

Comment se déroule le rituel de ce sacrement ?

Comme tous les sacrements, l'onction des malades est célébrée liturgiquement et communautairement et a lieu en famille, à l'hôpital ou à l'église, pour un seul malade ou pour un groupe de malades.

Il est tout à fait approprié qu'elle soit célébrée dans le cadre de l'Eucharistie, mémorial de la Pâque du Seigneur. Si les circonstances le permettent, la célébration du sacrement de la Sainte Onction peut être précédée du sacrement de la Réconciliation et suivie du sacrement de la Communion.

Quant au sacrement de l’Eucharistie, il devrait toujours être le dernier sacrement du pèlerinage terrestre, le « viatique » pour le « passage » vers la vie éternelle. Il est graine de vie éternelle et puissance de résurrection, selon les paroles du Seigneur. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour » (Jn 6, 54). L’Eucharistie est ici le sacrement du passage de la mort à la vie, de ce monde vers le Père.

La liturgie de la parole, précédée d'un acte de pénitence, ouvre la célébration. Les paroles du Christ et le témoignage des Apôtres éveillent la foi du malade et de la communauté pour demander au Seigneur la puissance de l'Esprit Saint.

Le site prêtre C'est lui qui oindra le malade avec de l'huile consacrée par l'évêque le Jeudi saint. Il oint le front et les paumes des mains du malade, tout en prononçant les paroles suivantes. « Par cette sainte onction, et par sa miséricorde bienveillante, que le Seigneur vous aide par la grâce du Saint-Esprit, afin que, libéré de vos péchés, il vous accorde le salut et vous réconforte dans votre maladie » (Sacram Unctionem Infirmorum).

Les effets de la grâce du sacrement

La grâce première de ce sacrement est une grâce de consolation, de paix et de réconfort pour surmonter les difficultés propres à l’état de maladie grave ou à la fragilité de la vieillesse. Cette grâce est un don du Saint-Esprit qui renouvelle la confiance et la foi en Dieu et fortifie contre les tentations du malin, en particulier contre la tentation du découragement et de l’angoisse face à la mort.

Cette aide du Seigneur, par la puissance de son Esprit, vise à conduire le malade à la guérison de l’âme, mais aussi à celle du corps, si telle est la volonté de Dieu. De plus, « s’il a commis des péchés, ils lui seront pardonnés » (Jc 5, 15).

Fresco unción de los enfermos

Par la grâce de ce sacrement, le malade reçoit la force et le don de s'unir plus intimement à la Passion du Christ. La souffrance, conséquence du péché originel, prend un sens nouveau : elle devient une participation à l'œuvre de Jésus.

En résumé : l’union du malade à la Passion du Christ, pour son bien et celui de toute l’Église. Le réconfort, la paix et le courage nécessaires pour supporter chrétiennement les souffrances de la maladie ou de la vieillesse. Le pardon des péchés si le malade n’a pas pu l’obtenir par le sacrement de la pénitence. Le rétablissement de la santé corporelle, si cela est conforme à la santé spirituelle. Et la préparation au passage vers la vie éternelle.


Bibliographie


Les attitudes de Jésus face à la souffrance humaine

Sur le plan social, nous pouvons faire beaucoup dans ce domaine, en luttant contre la " culture du rejet " dont sont victimes tant d’enfants et de jeunes, de malades, de personnes en situation de handicap, de personnes âgées et de personnes en marge de la société. C’est ainsi que nous pouvons contribuer, au quotidien et dans les circonstances propres à chacun, à mettre en avant et à défendre la " dignité infinie " de tout être humain.

Celui qui contemple le Christ et vit avec Lui, marche avec Lui et s'inspire de ses attitudes. Dans un Discours prononcé devant l'assemblée plénière de la Commission biblique pontificale (11 avril 2024), le successeur de Pierre, le pape François, nous a exhortés à adopter les attitudes de Jésus, plus précisément face à la maladie et à la souffrance humaine.

« Nous vacillons tous sous le poids de ces expériences et nous devons nous entraider pour les surmonter en les vivant ‘ en relation ’, sans nous replier sur nous-mêmes et sans que la rébellion légitime ne se transforme en isolement, abandon ou désespoir".

Grâce à l'expérience des sages et des cultures, nous savons que la douleur et la maladie, surtout si nous les considérons à la lumière de la foi, peuvent devenir des facteurs décisifs dans un parcours de maturation; car la souffrance, entre autres, permet de distinguer l'essentiel de ce qui ne l'est pas.

Le pape François a affirmé que c'est avant tout le l'exemple de Jésus celui qui nous montre la voie, l'attitude que nous devons adopter face à la maladie et à la souffrance, tant la nôtre qu'elle soit celle d'autrui, et de la traduire en actions fructueuses : « Il nous exhorte à prendre soin de ceux qui vivent dans des situations de maladie, avec la détermination de surmonter la maladie ; en même temps, il nous invite avec délicatesse à unir nos souffrances à son offrande salvifique, telle une graine qui porte du fruit». Prendre soin, essayer de surmonter, rassembler et assumer.

En effet, depuis le début de son pontificat, le 19 mars 2013, il n’a cessé d’enseigner, notamment lorsqu’il évoquait l’exemple de saint Joseph, la mission chrétienne et humaine qui consiste à protéger et à servir, à faire preuve de proximité et à prendre soin des autres, en particulier de ceux qui viennent à notre rencontre ou que nous pouvons atteindre, afin de soulager leurs souffrances (cf. également le message pour la Journée mondiale de la paix, du 1er janvier 2021, sur « la culture de la sollicitude comme chemin vers la paix »).

Le pape François a souligné que la vision de la foi peut nous amener à faire face à la souffrance avec deux attitudes décisives : la compassion et l'inclusion.

Une compassion qui se traduit par des actes concrets

La compassion Ce n'est pas un sentiment superficiel et éphémère, sans engagement ni conséquence, ou par de simples paroles.

Benoît XVI observait déjà que « la grandeur de l’humanité est essentiellement déterminée par son rapport à la souffrance et à celui qui souffre. Cela vaut tant pour l’individu que pour la société. Une société qui ne parvient pas à accepter ceux qui souffrent et qui n’est pas capable, par la compassion, de contribuer à ce que la souffrance soit partagée et surmontée également intérieurement, est une société cruelle et inhumaine » (enc. Spe salvi, 38).

Dans le même ordre d’idées, le pape François, dans ce même discours adressé à la Commission biblique pontificale, met en avant la compassion même de Jésus :

« La compassion témoigne de la une attitude récurrente et caractéristique du Seigneur envers les personnes fragiles et dans le besoin qu’il rencontre. En voyant les visages de tant de personnes, ces brebis sans berger qui peinent à trouver leur chemin dans la vie (cf. Mc 6, 34), Jésus est ému. Il a pitié de la foule affamée et épuisée (cf. Mc 8, 2) et accueille sans relâche les malades (cf. Mc 1, 32), dont il écoute les demandes : pensons aux aveugles qui le supplient (cf. Mt 20, 34) et aux nombreux malades qui demandent à être guéris (cf. Lc 17, 11-19) ; il éprouve une ‘ grande compassion ’ – dit l’Évangile – pour la veuve qui accompagne son fils unique jusqu’au tombeau (cf. Lc 7, 13).

Une grande compassion. Cette compassion se manifeste par la proximité et conduit Jésus à s'identifier à celui qui souffre: ‘ J’étais malade et vous êtes venus me voir ’ (Mt 25, 36) ».

Regardons bien : Jésus est ému, il éprouve de la compassion, il s’approche jusqu’à s’identifier à celui qui souffre. Que nous révèle cette attitude de Jésus ? Le mode de s'approcher Jésus face à la douleur : non pas avant tout par des « explications » – vers lesquelles nous avons souvent tendance –, ni par des encouragements et des consolations vaines, ni par de belles paroles ou un recueil de sentiments, comme on le voit parfois dans les récits de la Sainte Écriture, à l’instar des amis de Job, qui tentent de théoriser la souffrance en la liant au châtiment divin.

« La réponse de Jésus est essentielle ; elle est faite de ‘ compassion qui prend en charge ’ et qui, en prenant en charge, sauve l’être humain et transfigure sa douleur. Le Christ a transformé notre douleur en la faisant sienne jusqu’au bout : en la vivant, en la subissant et en l’offrant comme un don d’amour. Il n’a pas donné de réponses faciles à nos ‘ pourquoi ’, mais, sur la croix, il a fait sien notre grand ‘ pourquoi ’ (cf. Mc 15, 34) ».

Ainsi, comme le souligne François, en assimilant les Saintes Écritures, nous pouvons nous purifier de certaines attitudes erronées et apprendre à suivre la voie indiquée par Jésus : «Aborder la souffrance humaine de sa propre main, avec humilité, douceur et sérénité, afin d’apporter, au nom du Dieu incarné, la proximité d’un soutien salvateur et concret. Toucher avec la main, et non pas en théorie». Le Pape est clair et direct.

Jesús curando a un ciego. Fuente: Wikipedia

Inclusion solidaire

Bien qu'il ne s'agisse pas d'un mot tiré de la Bible, le terme inclusion, précise François, illustre bien une caractéristique marquante du style de Jésus : aller à la rencontre du pécheur, de celui qui s’est égaré, du marginal, de celui qui est stigmatisé, afin qu’il soit accueilli dans la maison du Père et affiné entièrement, corps, âme et esprit (par exemple, le fils prodigue ou les lépreux). De plus, Jésus souhaite partager Il transmet aux disciples cette mission et cette attitude de consolation : il leur ordonne de prendre soin des malades et de les bénir en son nom (cf. Mt 10, 8 ; Lc 10, 9 ; Lc 4, 18-19).

« C’est pourquoi, à travers l’expérience de la souffrance et de la maladie, En tant qu’Église, nous sommes appelés à marcher aux côtés de chacun, dans un esprit de solidarité chrétienne et humaine, en créant, au nom de notre fragilité commune, des occasions de dialogue et d’espoir». Un exemple clair en est la parabole du bon Samaritain, qui montre « par quelles initiatives il est possible de reconstruire une communauté à partir d’hommes et de femmes qui font leur la fragilité d’autrui, qui ne laissent pas s’ériger une société d’exclusion, mais qui deviennent des prochains et relèvent et réhabilitent celui qui est tombé, afin que le bien soit commun » (enc. Fratelli tutti, n° 67).

Le Pape met en avant, devant un public composé précisément de spécialistes de la Bible, un principe essentiel : « La Parole de Dieu est un puissant antidote contre toute fermeture d'esprit, toute abstraction et toute idéologisation de la foi : lue dans l'esprit dans lequel elle a été écrite, renforce la passion au nom de Dieu et de l'homme, suscite la charité et ravive la ferveur apostolique». C’est pourquoi l’Église a constamment besoin de s’abreuver – et de faire boire – aux sources de la Parole.

À l'égard des personnes en situation de handicap

Ces mêmes attitudes de Jésus – compassion, attention et inclusion –, que nous devons faire nôtres, transparaissent dans ses rencontres avec des personnes en situation de handicap, comme l’a rappelé le Pape le même jour, dans son discours à l’Académie des sciences sociales (11 avril 2024).

Jésus prenez contact avec eux (il ne les ignore ni ne les nie, il ne les marginalise ni ne les écarte) ; également cela change le sens de son expérience de vie, avec « une invitation à tricoter » une relation unique avec Dieu qui fasse reprendre vie » aux personnes », comme on le voit dans le cas de l’aveugle Bartimée (cf. Mc 10, 46-52).

La culture actuelle du rejet et du gaspillage, déplore le pape Bergoglio, conduit facilement ces personnes à considérer leur propre existence comme un fardeau pour elles-mêmes et pour leurs proches. Et c'est ainsi que cette mentalité ouvre la voie à une culture de la mort, à l'avortement et à l'euthanasie.

C’est pourquoi, comme le propose le successeur de Pierre, « lutter contre la culture du rejet, c’est promouvoir une culture de l'inclusion – doivent être unis –, créer et renforcer les liens d'appartenance » à la société «, œuvrer, notamment dans les pays les plus pauvres, « en faveur d’une plus grande justice sociale » et pour éliminer les obstacles de toute nature qui empêchent tant de personnes de jouir de leurs droits et libertés fondamentaux ». Les résultats de ces actions sont plus visibles dans les pays les plus développés sur le plan économique.

Il estime que cette culture d'inclusion totale est mieux mise en œuvre « lorsque les personnes en situation de handicap ne sont pas de simples bénéficiaires passifs, mais qu'elles participent à la vie sociale en tant qu'acteurs du changement». C'est pourquoi il affirme que «subsidiarité et participation Ce sont les deux piliers d'une inclusion efficace. Et c'est dans cette optique que l'on comprend bien l'importance des associations et mouvements » des personnes en situation de handicap qui favorisent la participation sociale ».

Trois citations du pape Léon XIV lors de sa visite à Grande Canarie

Lors de sa rencontre consacrée aux conditions d'accueil des migrants, qui s'est tenue dans le port d'Arguineguín (Grande Canarie), Le pape Léon XIV a évoqué la souffrance de ceux qui sont contraints de quitter leur foyer en raison de la pauvreté, de la violence, de la guerre ou de l’exploitation. Ces mots traduisent son appel à reconnaître la dignité de chaque personne et à ne pas rester indifférent face à la souffrance humaine.

1. « Comme vous pouvez le constater, je porte à mon doigt la bague appelée « du Pêcheur ». Son nom même nous renvoie au lac de Galilée, où le Christ a appelé Pierre et lui a dit : « Désormais, tu seras pêcheur d’hommes » (Lc 5, 10). L’Église a interprété ce verset comme une image de sa mission. Mais ici, et dans des lieux tels qu’El Hierro, ce mandat revêt une force littérale et douloureuse. Cette île, petite par sa superficie mais grande par son humanité, a vu arriver des milliers de personnes arrachées à leur terre et livrées à la fragilité d’un cayuco. Ici, on retrouve des personnes sauvées de la mer et des corps sans vie repêchés des eaux.

C’est pourquoi le Successeur de Pierre ne peut pas se détourner de ces quais. L’Église ne peut pas se détourner de ces eaux ni d’aucun lieu où la faim, la soif, la violence, la peur ou l’exil continuent de porter atteinte à la dignité humaine. Les disciples de Jésus ne peuvent pas considérer comme étrangère la clameur de ceux qui crient dans la nuit. ».

2. « Chère Blessing, même si vous n’êtes pas là aujourd’hui, votre voix est parmi nous. Merci de nous avoir fait part de votre histoire. Votre nom signifie « bénédiction » et nous rappelle que chaque vie humaine est une bénédiction de Dieu. Personne ne peut l’acheter, la vendre, l’utiliser ou s’en débarrasser, car en chaque personne resplendit l’image et la ressemblance du Créateur (cf. Gn 1, 27). Vous nous avez dit que vous aviez quitté votre pays non pas par choix, mais parce que vous n’aviez pas d’autre choix. Dans vos paroles, nous entendons le drame de tant de personnes contraintes de partir parce que la pauvreté, la guerre, la menace ou l’exploitation leur ont fermé toutes les voies.

» Je voudrais que ce message vous parvienne, à vous et à toutes ces femmes victimes de la traite et de l'exploitation : même si d'autres ont mis un prix sur votre corps, Dieu n'a jamais cessé de vous considérer comme une personne inestimable. ».

3. « Ce drame doit être l’occasion d’un examen de conscience : pour les pays d’origine, qui doivent instaurer des conditions de paix, de justice et de développement ; pour les pays de transit, appelés à protéger les plus vulnérables et à ne pas les livrer aux réseaux criminels ; pour l’Europe, qui ne peut proclamer la dignité humaine tout en s’habituant à ce que la Méditerranée et l’Atlantique soient des cimetières sans pierres tombales ; pour la communauté internationale, appelée à une coopération efficace et persévérante ».


M. Ramiro Pellitero Iglesias, professeur émérite de théologie pastorale à la Faculté de théologie de l'Université de Navarre.

Publié dans Église et nouvelle évangélisation.


Sainte Marie-Reine : la Vierge, notre Mère et Mère du Roi des rois

Marie était une jeune femme simple de Nazareth, loin des grands centres de pouvoir de son époque. Pourtant, Dieu l’a choisie pour lui confier une mission extraordinaire : devenir la Mère de son Fils, Sainte Marie-Reine.

L'Évangile selon saint Luc nous conduit précisément à ce moment-là. L'ange Gabriel se présente devant Marie et lui annonce qu'elle concevra Jésus, qui « sera appelé Fils du Très-Haut » et dont le Royaume n'aura pas de fin. Marie, sans encore comprendre pleinement ce qui va se passer, répond en plaçant toute sa confiance en Dieu : « Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole. ».

Cette jeune femme qui se présente comme une esclave est celle-là même que l’Église contemple et vénère comme Reine de l'Univers, du Ciel et, bien sûr, du Monde.

Pourquoi la Vierge Marie est-elle reine ?

La réponse est intimement liée à Jésus-Christ. Marie est Reine parce qu’elle est la Mère de Jésus, Roi de l'Univers.

La fête de Sainte Marie-Reine a été instituée par le pape Pie XII en 1954 afin de vénérer la Vierge en tant que Reine, à l'instar de la manière dont l'Église reconnaît son Fils comme le Christ-Roi.

La maternité divine de Marie est donc à l’origine de cette dignité. Comme l’expliquait saint Josémaria, c’est également d’elle que proviennent les grâces et les privilèges dont Dieu a voulu la combler : elle a été conçue sans péché, elle est pleine de grâce, elle a été élevée au Ciel, corps et âme, et couronnée Reine de toute la création.

Mais pour comprendre ce que signifie réellement « appeler » La Vierge Marie est reine, nous devons nous éloigner de notre conception habituelle de la royauté.

Une reine au service des autres

Lorsque nous pensons à un roi ou à une reine, nous pouvons imaginer le pouvoir, la richesse ou les privilèges. La royauté du Christ et de Marie obéit à une logique tout à fait différente.

La source rappelle un enseignement de Benoît XVI: la royauté de Jésus est imprégnée d'humilité, de service et d'amour. Être roi, dans une perspective chrétienne, signifie avant tout servir, aider et aimer. Et c'est cette même logique que l'on retrouve chez Marie.

Son pouvoir n'est pas tourné vers elle-même. Marie le met au service de ses enfants. C'est pourquoi les chrétiens peuvent se tourner vers elle non seulement en tant que Reine, mais aussi en tant que Mère. Deux titres qui, loin de se contredire, expliquent la relation singulière que la Vierge entretient avec chaque chrétien.

Saint Josémaria nous invitait à vivre cela avec une profonde confiance filiale : « Soyez rassurés : nous avons pour Mère la Mère de Dieu, la Très Sainte Vierge Marie, Reine du Ciel et du Monde » (Forge, 273).

Coronación de Santa María Reina, Velazquez
Le couronnement de Sainte Marie-Reine, de Velázquez.

Marie, Reine qui intercède en faveur de ses enfants

Reconnaître Marie comme Reine conduit également à se confier à son intercession. L'Évangile montre comment la Vierge nous conduit toujours vers son Fils.

Saint Josémaria rappelait l'épisode des noces de Cana : face au besoin de ces jeunes mariés, Marie intervient et le Christ accomplit le miracle. En conséquence, les disciples croient en Lui.

Marie ne prend pas la place du Christ : nous rapproche de Lui. Cette certitude nous permet de nous tourner vers elle dans les moments difficiles, lorsque la foi faiblit ou même lorsque les mots nous manquent pour prier. Saint Josémaria conseillait de l’invoquer avec simplicité et confiance, en demandant son intercession pour ressentir à nouveau la proximité de Dieu.

« Ayez confiance : nous avons pour Mère la Mère de Dieu, la Très Sainte Vierge Marie, Reine du Ciel et du Monde » (Forge, 273).

Sainte Marie, Reine de la paix

Parmi les titres sous lesquels l'Église invoque la Vierge, il en est un qui revêt une importance particulière : Reine de la paix, Regina pacis.

Saint Josémaria recommandait de se tourner vers elle lorsque l'inquiétude s'empare de votre cœur, mais aussi face aux difficultés familiales, professionnelles ou sociales.

La dévotion à Sainte Marie-Reine prend ainsi une dimension très concrète. Il ne s'agit pas seulement de contempler Marie couronnée au Ciel, mais de la reconnaître comme une Mère vers laquelle nous pouvons nous tourner dans les circonstances ordinaires de notre vie.

L'humilité de Marie : « Qu'il me soit fait selon ta parole »

Il est particulièrement beau que l'Évangile choisi pour la fête de Sainte Marie Reine soit celui de l'Annonciation. Nous ne voyons pas Marie assise sur un trône. Nous la voyons à Nazareth, à l'écoute de Dieu.

Celle qui sera couronnée reine répond en se désignant elle-même « servante du Seigneur ». Et c'est précisément là que réside l'une des clés permettant de comprendre sa grandeur.

Marie s'ouvre à Dieu, lui fait confiance et accepte ses desseins même lorsqu'elle ne peut pas les comprendre pleinement. Sa réponse – « qu'il me soit fait selon ta parole » – témoigne d'une confiance totale qui peut servir d'exemple à tout chrétien.

Sa vie nous rappelle que Dieu peut se manifester dans la simplicité et l'humilité du quotidien.

Une fête pour rendre hommage à notre Mère

Rendre hommage à Sainte Marie-Reine, le 22 août Il s'agit donc de bien plus que de simplement évoquer l'un des titres de la Vierge.

C'est contempler Marie comme Mère du Christ et notre Mère ; comme Reine qui sert, qui aime et qui intercède ; et comme exemple d'une vie entièrement ouverte à la volonté de Dieu.

Saint Josémaria nous invitait à prendre part à cette fête avec la confiance d’un fils : « Il est juste que le Père, le Fils et le Saint-Esprit couronnent la Vierge comme Reine et Dame de toute la création. — Profitez de ce pouvoir ! Et, avec une audace filiale, joignez-vous à cette fête céleste. — Moi, je couronne la Mère de Dieu et ma Mère avec mes misères purifiées, car je n’ai ni pierres précieuses ni vertus. — Courage ! » (Forge, 285).

Ce 22 août, nous pouvons faire nôtre cette invitation et nous tourner vers Marie en toute confiance, en lui confiant nos besoins, nos joies, mais aussi nos difficultés. Car la Reine du Ciel est, avant tout, notre Mère.

Jean-Paul II à propos de Marie lors d'une audience générale

« La dévotion populaire invoque Marie en tant que Reine. Le Concile Vatican II, après avoir rappelé l’Assomption de la Vierge “ corps et âme dans la gloire du ciel ", explique qu’elle a été “ élevée par le Seigneur comme Reine de l’univers, afin d’être plus pleinement conformée à son Fils, Seigneur des seigneurs (cf. Ap " 19, 16) et vainqueur du péché et de la mort » (Lumen gentium , 59) ».

Ainsi, les chrétiens se tournent avec confiance vers Marie, la Reine, et cela non seulement ne diminue en rien, mais au contraire exalte leur abandon filial envers celle qui est Mère dans l'ordre de la grâce.

« De plus, l’intercession de Sainte Marie Reine en faveur des hommes peut être pleinement efficace précisément en raison de l’état glorieux qui suit l’Assomption. C’est ce que souligne très bien saint Germain de Constantinople, qui estime que cet état garantit la relation intime de Marie avec son Fils et rend possible son intercession en notre faveur.

S’adressant à Marie, il ajoute : “ Le Christ a voulu " avoir, pour ainsi dire, la proximité de vos lèvres et de votre cœur ; ainsi, il exauce tous les souhaits que vous lui exprimez lorsque vous souffrez pour vos enfants, et il accomplit, par sa puissance divine, tout ce que vous lui demandez » ( Homélie » 1) ».

« On peut en conclure que l’Assomption favorise non seulement la pleine communion de Marie avec le Christ, mais aussi avec chacun d’entre nous : elle est à nos côtés, car son état glorieux lui permet de nous accompagner dans notre cheminement quotidien sur terre. On lit également chez saint Germain : “ Vous demeurez spirituellement parmi nous, et l’ampleur de votre sollicitude à notre égard manifeste votre communion de vie avec nous " ( Homélie 1).

» Loin de créer une distance entre nous et la Vierge, l’état glorieux de Marie suscite une proximité constante et attentionnée. Elle connaît tout ce qui se passe dans notre existence et nous soutient avec un amour maternel dans les épreuves de la vie. ». Jean-Paul II, discours prononcé lors de l'audience générale du 23 juillet 1997.

Extrait du « Santo Rosario » de saint Josémaria

« Vous êtes toute belle, et il n’y a en vous aucune tache. — Vous êtes un jardin clos, ma sœur, Épouse, un jardin clos, une source scellée. — Veni : coronaberis. —Venez : vous serez couronnée (Ct 4, 7, 12 et 8).

Si vous et moi avions eu le pouvoir, nous l’aurions également faite Reine et Dame de toute la création.

Un grand signe apparut dans le ciel : une femme coiffée d'une couronne de douze étoiles. — Vêtue du soleil. — La lune à ses pieds ( Ap 12, 1). Marie, Vierge sans tache, a réparé la chute d’Ève : et, de son pied immaculé, elle a foulé la tête du dragon infernal. Fille de Dieu, Mère de Dieu, Épouse de Dieu.

Le Père, le Fils et le Saint-Esprit la couronnent en tant qu’Impératrice de l’Univers.

» Et les anges lui rendent hommage en vassaux… ainsi que les patriarches, les prophètes et les apôtres… ainsi que les martyrs, les confesseurs, les vierges et tous les saints… ainsi que tous les pécheurs, vous et moi » (Saint Josémaria. Le Saint Rosaire, 5e mystère glorieux).


Bibliographie :