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22 avril, 20

Articles d'experts

Une nouvelle proximité

La crise mondiale du coronavirus nous incite à réfléchir sur le sens de nos vies et sur la marche du monde. Le pape François a donné deux courtes interviews dans les journaux La Repubblica (18-III-2020) et La Stampa (20-III-2020). Il y donne quelques conseils pour vivre ces jours dramatiques et propose de redécouvrir une nouvelle proximité basée sur la fraternité.

La valeur du béton

1.Tout d'abord, il s'agit de la l'appréciation des petites choses, du concret, de l'attention Il y a des petits gestes, qui se perdent parfois dans l'anonymat de la vie ordinaire, des gestes de tendresse, d'affection, de compassion, qui sont pourtant déterminants, importants. Par exemple, un plat chaud, une caresse, un câlin, un appel téléphonique... Ce sont des gestes familiers d'attention aux détails de chaque jour qui donnent un sens à la vie et qui rendent possibles la communion et la communication entre nous" (Entretien 18-III)

Le pape souligne que nous devons découvrir ce qu'il appelle "une nouvelle proximité". Il la décrit comme "une relation concrète faite d'attention et de patience", qui améliore les rapports dans les familles entre parents et enfants, au-delà de la télévision et des téléphones portables, et qui s'occupe des besoins, des efforts et des désirs de chacun. Il y en a," affirme Francisco une langue faite de gestes concrets qui doivent être sauvegardées. A mon avis, la douleur de ces jours doit nous ouvrir au concret" (Ibid.).

Solidarité et prière

Alors que beaucoup ont perdu des êtres chers et que beaucoup d'autres luttent pour sauver d'autres vies, le Pape prie pour eux tous et les soutient en tant que successeur de Pierre, et les remercie d'être un exemple de cette sensibilité au concret. Et je demande," ajoute-t-il tout le monde pour être proche les uns des autres de ceux qui ont perdu des êtres chers et essayez d'être proche d'eux de toutes les manières possibles. La consolation doit désormais être l'engagement de chacun" (Ib.).

Francisco dit qu'il a été impressionné par un article dans Fabio Fazio sur les choses qu'il apprend ces jours-ci. Entre autres, la question éthique de la taxation, qui permet de disposer de suffisamment de lits et d'appareils respiratoires dans ces circonstances.

La réponse du pape à la question qui lui a été posée est significative de l'humeur du pape ces jours-ci : Comment quelqu'un qui ne croit pas peut-il vivre dans l'espoir de nos jours ?

Il vaut la peine de recueillir cette réponse, afin que vous puissiez la lire attentivement :

"Nous sommes tous les enfants de Dieu et nous sommes tous sous son regard. Même ceux qui n'ont pas encore trouvé Dieu, ceux qui n'ont pas le don de la foi, peuvent y trouver leur chemin, dans les bonnes choses auxquelles ils croientIls peuvent trouver la force dans l'amour pour leurs enfants, leur famille, leurs frères et sœurs. On peut dire : "Je ne peux pas prier parce que je ne suis pas croyant". Mais en même temps, il peut croire en l'amour des gens qui l'entourent et y trouver de l'espoir" (Ibid.).

Pape François 1 1

Le Pape François prie pour que la pandémie prenne fin

Solidarité et prière

2. Pour vivre cette Pâques "derrière des portes fermées Francis propose une réponse en trois mots : la pénitence, la compassion et l'espoir, avec le complément du humilitéparce que nous oublions souvent que dans la vie, il y a des "zones sombres", des moments sombres. Nous pensons que cela ne peut arriver qu'à quelqu'un d'autre. Au contraire, cette période est sombre pour tout le monde, sans exclusion. Elle est marquée par la douleur et les ombres qui se sont glissées dans nos foyers. C'est une situation différente de celles que nous avons vécues. Aussi parce que personne ne peut se permettre d'être calme, tout le monde partage ces jours difficiles" (Entretien 20-III-2020).

Dans cette optique, le pape suggère que le Carême peut nous aider à trouver un sens à ce qui nous arriveLa "formation pour voir en solidarité avec les autres, surtout ceux qui souffrent. Dans l'attente du rayonnement de la lumière qui illuminera tout et tous à nouveau" (Ib.).

C'est une époque - poursuit-il dans ses réponses - où nous redécouvrons le importance de la prièrecomme les apôtres lorsqu'ils criaient au Seigneur : Maître, nous nous noyonsLa prière, explique François, nous permet de comprendre notre vulnérabilité. C'est le cri des pauvres, de ceux qui sombrent, de ceux qui se sentent en danger, seuls. Et, dans une situation difficile et désespérée, il est important de savoir que le Seigneur est là, et que nous pouvons nous accrocher à lui.Ib.). Puis Dieu nous donne la force et la proximité. Comme Pierre, il nous donne une main pour nous tirer au milieu de la tempête.

Il est à nouveau interrogé sur les non-croyants : où peuvent-ils trouver réconfort et encouragement ? Et il répond dans le même sens que l'interview précédente, en précisant qu'il ne veut pas faire de distinction entre les croyants et les non-croyants : "Nous sommes tous humains et, en tant qu'hommes, Nous sommes tous dans le même bateau. Et pour un chrétien, rien d'humain ne devrait être étranger. Ici, nous pleurons parce que nous souffrons. Tous. Nous avons en commun l'humanité et la souffrance. Nous sommes aidés par l'unité, la coopération mutuelle, le sens des responsabilités et l'esprit de sacrifice qui se dégagent de tant d'endroits. Nous ne devons pas faire de distinction entre les croyants et les non-croyants, nous devons aller à la racine : l'humanité. Devant Dieu, nous sommes tous des enfants" (Ib.).

Racines, fraternité et espoir

Face aux cas de malades qui meurent seuls et isolés, le Pape apprécie et remercie le confort et la proximité fournis par le personnel de santé, Je remercie tous les infirmiers, médecins et bénévoles qui, malgré une fatigue extraordinaire, se penchent avec patience et bonté d'âme pour pallier l'absence forcée des membres de la famille" (Ib.).

A la fin, on lui demande dans quel sens cette expérience peut être utile. pour l'avenir. Le pape y voit une occasion de redécouvrir la fraternité universelle : "Rappeler une fois pour toutes que l'humanité est une seule communauté. Et combien la fraternité universelle est importante et décisive. Nous devons penser que ce sera comme après une guerre. Il n'y aura plus d'"autre", mais... nous" sera "nous. Parce que nous ne pouvons nous sortir de cette situation qu'ensemble" (Ibid.).

En tant qu'êtres humains, conclut-il, nous devrons recommencer à partir de là : "Nous devrons nous tourner à nouveau vers les racines : les grands-parents, les anciens. Pour construire une véritable fraternité entre nous. Pour se souvenir ensemble de cette expérience difficile, tous ensemble, tous ensemble. Et d'aller de l'avant avec l'espoir, qui ne déçoit jamais. Ce seront les mots clés pour repartir : racines, mémoire, fraternité et espoir.Ibid).

"Et je demande tout le monde pour être proche les uns des autres de ceux qui ont perdu des êtres chers et essayez d'être proche d'eux de toutes les manières possibles. La consolation doit désormais être l'engagement de chacun".

M. Ramiro Pellitero Iglesias
Professeur de théologie pastorale
Faculté de théologie
Université de Navarre

Publié dans "Eglise et nouvelle évangélisation".

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