{"id":183067,"date":"2025-01-20T06:00:00","date_gmt":"2025-01-20T05:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/staging.fundacioncarf.org\/la-historia-de-jesus-de-nazaret\/"},"modified":"2025-06-04T17:55:21","modified_gmt":"2025-06-04T15:55:21","slug":"la-historia-de-jesus-de-nazaret","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fundacioncarf.org\/fr\/la-historia-de-jesus-de-nazaret\/","title":{"rendered":"L'histoire de J\u00e9sus de Nazareth"},"content":{"rendered":"<div class=\"et_pb_section et_pb_section_150 et_section_regular\">\n<div class=\"et_pb_row et_pb_row_481\">\n<h3 class=\"et_pb_column et_pb_column_1_5 et_pb_column_1416  et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough et_pb_column_empty\"><span style=\"color: revert; font-size: revert; font-weight: revert;\">Recherche sur l'histoire de J\u00e9sus<\/span><\/h3>\n<\/div>\n<div class=\"et_pb_row et_pb_row_482\">\n<div class=\"et_pb_column et_pb_column_3_5 et_pb_column_1420  et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough\">\n<div class=\"et_pb_module et_pb_text et_pb_text_540  et_pb_text_align_left et_pb_bg_layout_light\">\n<div class=\"et_pb_text_inner\">\n<p>Tout d'abord, il faut noter que le terme <strong>\"histoire\"<\/strong> d\u00e9rive du grec \u1f31\u03c3\u03c4\u03bf\u03c1\u03af\u03b1 <em>(histoire)<\/em> qui signifie recherche, et a la m\u00eame racine \u03b9\u03b4- que le verbe \u1f41\u03c1\u03ac\u03c9<em> (orao, \"voir\", un verbe avec trois racines : \u1f41\u03c1\u03ac- ; \u03b9\u03b4- ; \u1f44\u03c0- )<\/em>. Le parfait \u1f41\u03af\u03b4\u03b1, \u00f2ida, de ce verbe signifie litt\u00e9ralement \" j'ai vu \", mais, par extension, \" je sais \".<\/p>\n<p>En pratique, il s'agit de<strong> d'observer et, par cons\u00e9quent, de conna\u00eetre apr\u00e8s avoir exp\u00e9riment\u00e9<\/strong>Le m\u00eame sens se retrouve \u00e9galement dans la racine du verbe latin video (v-id-eo) et dans le terme grec \"id\u00e9e\").<\/p>\n<p>J'ajouterais \u00e9galement qu'un pr\u00e9suppos\u00e9 de la recherche historique est, outre le sens critique, l'intelligence, au sens litt\u00e9ral du terme latin : intus l\u0115g\u0115re, c'est-\u00e0-dire lire \u00e0 l'int\u00e9rieur, <strong>d'aller plus loin, tout en conservant la capacit\u00e9 de consid\u00e9rer l'ensemble des faits et des \u00e9v\u00e9nements.<\/strong><\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, apr\u00e8s avoir apport\u00e9 cette pr\u00e9cision, <strong>Comment devons-nous aborder le \"probl\u00e8me\" de l'histoire de J\u00e9sus de Nazareth du point de vue de la recherche historique ?<\/strong>. Jean Guitton<span style=\"color: #800000;\">\u00a0<strong>(1)<\/strong>\u00a0<\/span>un philosophe catholique fran\u00e7ais qui a consacr\u00e9 sa vie \u00e0 la recherche sur la figure du Nazar\u00e9en, a d\u00e9velopp\u00e9 <strong>trois solutions possibles<\/strong>:<\/p>\n<ol>\n<li><strong>Critique<\/strong>: <a href=\"https:\/\/fundacioncarf.org\/san-jose-quien-fue-el-padre-carpintero-de-jesus\/\">J\u00e9sus de Nazareth<\/a> a r\u00e9ellement exist\u00e9 et que l'origine du christianisme est un ph\u00e9nom\u00e8ne historique, dont l'approche doit cependant rejeter tous les miracles et les faits inexplicables.<\/li>\n<li><strong>Mythique<\/strong>J\u00e9sus de Nazareth n'a jamais vraiment exist\u00e9. Tout ce qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit et dit sur lui est l'invention d'un groupe de fanatiques.<\/li>\n<li><strong> Solution de foi :<\/strong> <a href=\"https:\/\/es.wikipedia.org\/wiki\/Jes%C3%BAs_de_Nazaret\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">J\u00e9sus de Nazareth<\/a> non seulement il a exist\u00e9, mais tout ce qui est racont\u00e9 dans les \u00e9vangiles et dans les \u00e9crits canoniques du Nouveau Testament correspond \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9.<\/li>\n<\/ol>\n<h2>Trois questions simples sur l'histoire de J\u00e9sus de Nazareth<\/h2>\n<h3>J\u00e9sus a-t-il vraiment exist\u00e9 ?<\/h3>\n<p>\u00c0 cette premi\u00e8re question, nous pouvons d\u00e9j\u00e0 r\u00e9pondre tr\u00e8s clairement : oui. Nous pouvons donc exclure l'hypoth\u00e8se mythique, c'est-\u00e0-dire qu'il soit le fruit de l'imagination de quelqu'un, \u00e9tant donn\u00e9 l'\u00e9tude minutieuse de lui et de son \u00e9poque, surtout au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, en termes d'herm\u00e9neutique biblique, d'historiographie, d'arch\u00e9ologie, de linguistique et de philologie.<span style=\"color: #800000;\"><strong> (2)<\/strong><\/span>.<\/p>\n<h3>\u00c9tait-ce vraiment si important ?<\/h3>\n<p>Aucun doute l\u00e0-dessus ! La premi\u00e8re chose \u00e0 dire est que notre \u00e9poque, l'\u00e8re \"chr\u00e9tienne\", est calcul\u00e9e pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 partir de sa naissance, \"apr\u00e8s le Christ\". De plus, il y a un grand nombre de personnes qui, m\u00eame si elles ne croient pas en J\u00e9sus en tant que Dieu, et m\u00eame si elles sont les adversaires les plus inflexibles du christianisme, affirment que le message de J\u00e9sus-Christ n'a pas d'\u00e9gal dans l'histoire.<\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: left;\">\"Dieu sur la croix - ne comprenez-vous toujours pas la terrible pens\u00e9e qui se cache derri\u00e8re ce symbole ? Tout ce qui souffre, tout ce qui est suspendu \u00e0 la croix, est divin. Nous sommes tous accroch\u00e9s \u00e0 la croix, donc nous sommes divins\".<br \/><em>Friedrich Nietzsche, L'Ant\u00e9christ, Proyecto Esp\u00e1rtaco, 2001, p. 47.<\/em><\/li>\n<li style=\"text-align: left;\">\"Si vous consid\u00e9rez un enfant comme un \u00eatre humain, malgr\u00e9 l'absence de relations sociales et culturelles \u00e9l\u00e9mentaires, cela n'est d\u00fb qu'\u00e0 l'influence de la tradition jud\u00e9o-chr\u00e9tienne et de sa conception sp\u00e9cifique de la personne humaine\". <em>Richard Rorty, Objectivit\u00e9, Relativisme et V\u00e9rit\u00e9. Philosophical Papers, Cambridge, 1991. Traduction par moi.<\/em><\/li>\n<li style=\"text-align: left;\">\"Le christianisme a \u00e9t\u00e9 la plus grande r\u00e9volution jamais accomplie par l'humanit\u00e9 : si grande, si large et si profonde, si f\u00e9conde dans ses cons\u00e9quences, si inattendue et irr\u00e9sistible dans sa mise en \u0153uvre, qu'il n'est pas \u00e9tonnant qu'elle ait paru ou puisse para\u00eetre comme un miracle, une r\u00e9v\u00e9lation d'en haut, une intervention directe de Dieu dans les affaires humaines, qui ont re\u00e7u d'elle une loi et une direction enti\u00e8rement nouvelles. <em>Benedetto Croce, Perch\u00e9 non possiamo non dirci cristiani, Centro Pannunzio, Torino, 2008 (p. 14), ma traduction.<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<h3 style=\"text-align: left;\">Qui \u00e9tait J\u00e9sus de Nazareth ?<\/h3>\n<p style=\"text-align: left;\">R\u00e9ponse difficile ! Pour r\u00e9pondre, nous ne pouvons qu'essayer d'appliquer les crit\u00e8res de ce que l'on a appel\u00e9 la Troisi\u00e8me recherche (<em>Troisi\u00e8me qu\u00eate<\/em>) sur le \"J\u00e9sus historique\" et nous limitons \u00e0 l'observation et \u00e0 l'analyse des donn\u00e9es d\u00e9j\u00e0 trait\u00e9es par les g\u00e9ants dans ce domaine, j'entends par l\u00e0 les Italiens Giuseppe Ricciotti et Vittorio Messori, le savant isra\u00e9lien (<em>Juif<\/em>) David Flusser, l'Allemand Joachim Jeremias et un autre Allemand illustre, Joseph Ratzinger, le pape Beno\u00eet XVI.<\/p>\n<p>Les exposants de cette troisi\u00e8me recherche partent d'un pr\u00e9suppos\u00e9 formul\u00e9 par Albert Schweitzer : <strong>on ne peut pas rejeter id\u00e9ologiquement tout ce qui a un caract\u00e8re miraculeux dans les \u00e9vangiles et dans le Nouveau Testament.<\/strong>Le travail de l'auteur n'est pas conforme aux canons du rationalisme des Lumi\u00e8res.<\/p>\n<p>De plus, comme l'ajoute Beno\u00eet XVI dans son livre <em>J\u00e9sus de Nazareth <\/em><span style=\"color: #800000;\"><strong>(3)<\/strong><\/span>les limites de la m\u00e9thode historico-critique consistent essentiellement \u00e0 \"laisser la parole dans le pass\u00e9\", sans pouvoir la rendre \"actuelle, d'aujourd'hui\" ; \u00e0 \"traiter les paroles avec lesquelles elle se croise comme des paroles humaines\" ; enfin, \u00e0 \"diviser encore les livres de l'\u00c9criture selon leurs sources, mais sans consid\u00e9rer l'unit\u00e9 de tous ces \u00e9crits connus sous le nom de \"Bible\" comme un fait historique imm\u00e9diat\".<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, nous pourrions affirmer que l'hypoth\u00e8se de base de la troisi\u00e8me solution propos\u00e9e par Jean Guitton, la <em>de la foi<\/em>, <strong>n'est pas tant de croire par force, mais de laisser ouverte la possibilit\u00e9 que ce qui est \u00e9crit dans les sources utilis\u00e9es soit vrai.<\/strong>.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-201592 size-full\" title=\"Le Christ embrassant la croix (El_Greco,_Museo_del_Prado) histoire de j\u00e9sus de nazareth\" src=\"https:\/\/fundacioncarf.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Cristo_abrazado_a_la_cruz_El_Greco_Museo_del_Prado-historia-de-jesus-de-nazareth.jpg\" alt=\"Cristo_abrazado_a_la_cruz_(El_Greco,_Museo_del_Prado) historia de jesus de nazareth\" width=\"1519\" height=\"1920\" srcset=\"https:\/\/fundacioncarf.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Cristo_abrazado_a_la_cruz_El_Greco_Museo_del_Prado-historia-de-jesus-de-nazareth.jpg 1519w, https:\/\/fundacioncarf.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Cristo_abrazado_a_la_cruz_El_Greco_Museo_del_Prado-historia-de-jesus-de-nazareth-237x300.jpg 237w, https:\/\/fundacioncarf.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Cristo_abrazado_a_la_cruz_El_Greco_Museo_del_Prado-historia-de-jesus-de-nazareth-810x1024.jpg 810w, https:\/\/fundacioncarf.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Cristo_abrazado_a_la_cruz_El_Greco_Museo_del_Prado-historia-de-jesus-de-nazareth-119x150.jpg 119w, https:\/\/fundacioncarf.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Cristo_abrazado_a_la_cruz_El_Greco_Museo_del_Prado-historia-de-jesus-de-nazareth-768x971.jpg 768w, https:\/\/fundacioncarf.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Cristo_abrazado_a_la_cruz_El_Greco_Museo_del_Prado-historia-de-jesus-de-nazareth-1215x1536.jpg 1215w, https:\/\/fundacioncarf.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Cristo_abrazado_a_la_cruz_El_Greco_Museo_del_Prado-historia-de-jesus-de-nazareth-9x12.jpg 9w\" sizes=\"(max-width: 1519px) 100vw, 1519px\" \/><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"et_pb_row et_pb_row_483\">\n<div class=\"et_pb_column et_pb_column_3_5 et_pb_column_1423  et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough\">\n<div class=\"et_pb_module et_pb_text et_pb_text_541  et_pb_text_align_left et_pb_bg_layout_light\">\n<div class=\"et_pb_text_inner\">\n<h2>Nomen omen<\/h2>\n<p>Notre voyage dans l'histoire de J\u00e9sus de Nazareth ne peut commencer autrement que par son nom, car nomen omen, surtout dans le monde dont J\u00e9sus lui-m\u00eame est issu, celui de l'ancien Isra\u00ebl. En h\u00e9breu, les deux noms J\u00e9sus et Josu\u00e9 ont une prononciation et une orthographe identiques : \u05d9\u05b0\u05d4\u05d5\u05b9\u05e9\u05bb\u05c1\u05e2\u05b7, c'est-\u00e0-dire Yehoshu'a, qui signifie \"Dieu sauve\".<\/p>\n<p>J\u00e9sus \u00e9tait juif et faisait partie de la tribu de Juda, bien qu'il ait v\u00e9cu la majeure partie de sa vie en Galil\u00e9e. Et, selon les \u00e9vangiles, il descendait du roi David via <strong>de son p\u00e8re Joseph. <\/strong>Une paternit\u00e9 qui, pour les chr\u00e9tiens, est putative, puisque pour ces derniers, J\u00e9sus est n\u00e9 d'une vierge appel\u00e9e Marie, qui a \u00e9t\u00e9 mise enceinte par le Saint-Esprit (<em>Pour les chr\u00e9tiens, Dieu est un, mais il est aussi trinitaire, et cette Trinit\u00e9 est compos\u00e9e de trois personnes de m\u00eame substance : le P\u00e8re, le Fils et le Saint-Esprit.<\/em>) apr\u00e8s l'annonce d'un ange, alors qu'elle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 fianc\u00e9e \u00e0 Joseph.<\/p>\n<h2>O\u00f9 : le monde de J\u00e9sus<\/h2>\n<section class=\"comment-content\">\n<div class=\"comment-item comment ng-scope first last\">\n<div class=\"post-content post-emojis\">\n<p class=\"post-comment ng-binding\">Puisque la troisi\u00e8me qu\u00eate du \"J\u00e9sus historique\" insiste sur la n\u00e9cessit\u00e9 d'analyser le contexte culturel, religieux et linguistique dans lequel il a v\u00e9cu, il convient d'en faire mention, afin de conna\u00eetre la v\u00e9ritable histoire de J\u00e9sus-Christ.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/section>\n<h3>D'o\u00f9 venait J\u00e9sus ?<\/h3>\n<p>J'ai entendu certaines personnes dire qu'il \u00e9tait \"isra\u00e9lien\" ; d'autres, en revanche, ont r\u00e9pondu qu'il \u00e9tait \"palestinien\". Aucun des deux termes n'est correct, car les Isra\u00e9liens sont des citoyens de l'\u00c9tat d'Isra\u00ebl actuel. <em>(et ils peuvent \u00eatre juifs, arabes musulmans ou chr\u00e9tiens, etc.).<\/em>) ; les Palestiniens, quant \u00e0 eux, sont les habitants modernes, arabophones, de la r\u00e9gion que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de<\/p>\n<p>J\u00e9sus, par cons\u00e9quent, n'\u00e9tait pas un Isra\u00e9lite (<em>si quoi que ce soit, isra\u00e9lite<\/em>), mais pas m\u00eame palestinienne, puisque la Palestine ne s'appelait pas ainsi \u00e0 l'\u00e9poque. Ce nom ne lui a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 par l'empereur Hadrien qu'\u00e0 partir de 135 apr\u00e8s J.-C., apr\u00e8s la fin de la troisi\u00e8me guerre juive, lorsque l'ancienne province de Jud\u00e9e, d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pouill\u00e9e de ses habitants juifs, a \u00e9t\u00e9 rebaptis\u00e9e, par m\u00e9pris pour eux, Syria Pal\u00e6stina.<\/p>\n<p>La Palestine proprement dite \u00e9tait, jusqu'\u00e0 cette \u00e9poque, une mince bande de terre, correspondant \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 la bande de Gaza actuelle, sur laquelle se trouvait l'ancienne Pentapole philistine, un groupe de cinq villes, un \u00e9tat habit\u00e9 par une population de langue indo-europ\u00e9enne historiquement hostile aux Juifs : les Philistins.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but du premier si\u00e8cle de notre \u00e8re, ce qui avait \u00e9t\u00e9 l'ancien royaume d'Isra\u00ebl, divis\u00e9 ensuite en deux royaumes, Isra\u00ebl et Juda, avait cess\u00e9 d'\u00eatre un \u00c9tat ind\u00e9pendant et \u00e9tait divis\u00e9 entre la Jud\u00e9e et Juda. <em>(o\u00f9 le juda\u00efsme orthodoxe \u00e9tait le plus fort)<\/em>Les deux autres r\u00e9gions historiques, \u00e0 savoir la Galil\u00e9e et la Samarie, \u00e9taient \u00e9galement soumises \u00e0 Rome et gouvern\u00e9es par un praefectus.<\/p>\n<p>Cette derni\u00e8re, un plateau central de l'actuelle Palestine, abritait les Samaritains, descendants de colons asiatiques import\u00e9s par les Assyriens au Ve si\u00e8cle avant J.-C., au moment de la conqu\u00eate du royaume d'Isra\u00ebl.<\/p>\n<p>Les notables de cette r\u00e9gion furent en effet d\u00e9port\u00e9s par les Assyriens, tandis que les prol\u00e9taires rest\u00e8rent sur place et se m\u00eal\u00e8rent aux nouveaux arrivants, donnant naissance \u00e0 un culte d'abord syncr\u00e9tique, puis raffin\u00e9, devenant monoth\u00e9iste, mais en contraste avec le culte juif. Si les Juifs se consid\u00e9raient comme les descendants l\u00e9gitimes des patriarches et comme les gardiens de l'alliance avec Yahv\u00e9, de la Loi et du culte profess\u00e9 dans le Temple de J\u00e9rusalem, les Samaritains, au contraire, se consid\u00e9raient comme les gardiens de la v\u00e9ritable alliance et du culte et avaient leur propre temple sur le mont Gerizin, pr\u00e8s de la ville de Sichem.<\/p>\n<h3>\u00a0<\/h3>\n<h3>Galil\u00e9e<\/h3>\n<p>Il s'agissait d'une zone \u00e0 la population mixte <em>(elle l'est encore aujourd'hui dans l'\u00c9tat d'Isra\u00ebl : moiti\u00e9 arabe et moiti\u00e9 juive).<\/em>: Villes et villages juifs <em>(comme Nazareth, Cana)<\/em> \u00e9taient situ\u00e9s \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de villes de culture gr\u00e9co-romaine, c'est-\u00e0-dire pa\u00efenne. <em>(par exemple, Sepphoris, Tib\u00e9riade, C\u00e9sar\u00e9e de Philippe).<\/em><\/p>\n<p>La partie de la population de la r\u00e9gion qui \u00e9tait de foi et de culture juive \u00e9tait d\u00e9nigr\u00e9e par les habitants de la Jud\u00e9e, qui se vantaient d'\u00eatre plus purs et plus raffin\u00e9s que les Galil\u00e9ens grossiers et querelleurs. Plusieurs fois, \u00e0 propos de J\u00e9sus, nous lisons dans les \u00c9vangiles que \"rien de bon ne peut sortir de Nazareth ou de la Galil\u00e9e\".<\/p>\n<p>Entre autres choses, non seulement les \u00c9vangiles, mais aussi les quelques \u00e9crits rabbiniques restants de cette \u00e9poque nous disent que les Galil\u00e9ens \u00e9taient \u00e9galement raill\u00e9s pour leur fa\u00e7on de parler. H\u00e9breu et aram\u00e9en <em>(lingua franca parl\u00e9e dans tout le Moyen-Orient \u00e0 l'\u00e9poque, y compris par les Isra\u00e9lites apr\u00e8s la d\u00e9portation \u00e0 Babylone \u00e0 partir de 587 av. J.-C., ann\u00e9e de la conqu\u00eate de J\u00e9rusalem et de la destruction du premier temple par Nabuchodonosor).<\/em> Comme toutes les langues s\u00e9mitiques, elles comportent de nombreuses lettres gutturales et des sons aspir\u00e9s ou laryng\u00e9s. Et les Galil\u00e9ens prononcent de nombreux mots d'une mani\u00e8re consid\u00e9r\u00e9e comme amusante ou vulgaire par les Juifs.<\/p>\n<p>Par exemple, le nom de J\u00e9sus, \u05d9\u05b0\u05d4\u05d5\u05b9\u05e9\u05bb\u05c1\u05e2\u05b7, Yehoshu\u201ba, \u00e9tait prononc\u00e9 Yeshu, d'o\u00f9 la transcription grecque \u0399\u03b7\u03c3\u03bf\u03cd\u03c2 (Yeso\u00fas), puis le latin Jes\u00fas et l'espagnol Jes\u00fas.<\/p>\n<p>La Galil\u00e9e, cependant, \u00e9tait un royaume vassal de Rome et \u00e9tait dirig\u00e9e par H\u00e9rode le Grand, un roi d'origine pa\u00efenne litt\u00e9ralement plac\u00e9 sur le tr\u00f4ne par Auguste, dont il \u00e9tait pratiquement un subordonn\u00e9. H\u00e9rode, connu pour sa cruaut\u00e9 mais aussi pour sa ruse, avait fait tout ce qu'il pouvait pour s'attirer la sympathie du peuple juif. <em>(et aussi tout pour l'\u00e9loigner)<\/em> qui ne l'ont jamais accept\u00e9, d'autant plus qu'il n'\u00e9tait pas de sang juif.<\/p>\n<p>Entre autres choses, il avait agrandi et embelli le Temple de J\u00e9rusalem, qui avait \u00e9t\u00e9 reconstruit par le peuple d'Isra\u00ebl apr\u00e8s son retour de la captivit\u00e9 babylonienne. Les travaux d'ach\u00e8vement de la structure \u00e9taient encore en cours du vivant de J\u00e9sus et ont \u00e9t\u00e9 achev\u00e9s quelques ann\u00e9es seulement avant 70 apr\u00e8s J.-C., lorsque le sanctuaire a \u00e9t\u00e9 ras\u00e9 lors de la destruction de J\u00e9rusalem par les Romains dirig\u00e9s par Titus.<\/p>\n<p>\u00c0 c\u00f4t\u00e9, plus au nord-est, sur les rives orientales du lac de Galil\u00e9e, une conf\u00e9d\u00e9ration de dix villes <em>(la D\u00e9capole)<\/em> repr\u00e9sentait une \u00eele culturelle hell\u00e9nis\u00e9e.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"et_pb_section et_pb_section_153 et_section_regular\">\n<div class=\"et_pb_row et_pb_row_485\">\n<div class=\"et_pb_column et_pb_column_3_5 et_pb_column_1428  et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough\">\n<div class=\"et_pb_module et_pb_text et_pb_text_543  et_pb_text_align_left et_pb_bg_layout_light\">\n<div class=\"et_pb_text_inner\">\n<h2>La terre et les \"concitoyens\" de J\u00e9sus<\/h2>\n<p>En poursuivant l'histoire de J\u00e9sus de Nazareth, il faut se rappeler \u00e0 ce stade qu'en Isra\u00ebl, \u00e0 cette \u00e9poque, le juda\u00efsme n'\u00e9tait en aucun cas un bloc uniforme. Les principales sectes, ou \u00e9coles, \u00e9taient les suivantes :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Sadduc\u00e9ens<\/strong> (h\u00e9breu : \u05d5\u05b9\u05e7\u05b4\u05d9\u05dd\u05e6\u05b7\u05bc\u05d3\u05bc, \u1e63add\u014dq\u012bm) ; ils ont pris leur nom du fondateur de leur secte, \u1e62add\u014dq, et constituaient la classe sacerdotale et l'\u00e9lite de l'\u00e9poque. Il s'agissait de riches fonctionnaires religieux, affect\u00e9s au service du temple, qui ne croyaient pas \u00e0 la r\u00e9surrection des morts ni \u00e0 l'existence des anges, des d\u00e9mons et des esprits. De plus, pour eux, la seule loi \u00e0 suivre \u00e9tait la loi \u00e9crite, contenue dans la Torah (\u05ea\u05d5\u05b9\u05e8\u05b8\u05d4), c'est-\u00e0-dire les cinq premiers livres de la Bible. <em>(Pentateuque)<\/em>.<\/li>\n<li><strong>Pharisiens<\/strong> (h\u00e9breu : \u05e4\u05b0\u05bc\u05e8\u05d5\u05bc\u05e9\u05b4\u05c1\u05d9\u05dd, per\u016b\u0161\u012bm, signifiant \"s\u00e9par\u00e9\") ; ils \u00e9taient de pieux observateurs de la loi, habitu\u00e9s \u00e0 se concentrer m\u00eame sur les d\u00e9tails de la loi elle-m\u00eame, qui pour eux n'\u00e9tait pas seulement celle \u00e9crite <em>(Torah)<\/em>mais aussi et surtout la halakha orale (\u05d4\u05b2\u05dc\u05b8\u05db\u05b8\u05d4), qui s'\u00e9tendait aux actes les plus vari\u00e9s de la vie civile et religieuse, et qui allait donc des r\u00e8gles compliqu\u00e9es des sacrifices cultuels au lavage de la vaisselle avant les repas.<\/li>\n<li>Les Pharisiens ressemblaient beaucoup aux Juifs ultra-orthodoxes d'aujourd'hui, dont ils sont en fait les pr\u00e9curseurs ; ils se d\u00e9finissaient comme \"s\u00e9par\u00e9s\" puisqu'ils se consid\u00e9raient comme des adversaires de tout ce qui n'\u00e9tait pas purement juif, c'est-\u00e0-dire d'eux-m\u00eames. Il suffit de dire qu'ils appelaient les habitants de la ville \u05d4\u05b8\u05d0\u05b8\u05e8\u05b6\u05e5 \u05e2\u05b7\u05dd. <em>(\u201bam ha-are\u1e63, les gens du pays, pour les m\u00e9priser<\/em>).<\/li>\n<li><strong>H\u00e9rodiens<\/strong>dont le sensus fidei n'est pas enti\u00e8rement clair mais dont la loyaut\u00e9 envers le roi H\u00e9rode \u00e9tait bien connue. Ils devaient \u00e9galement \u00eatre tr\u00e8s proches des Sadduc\u00e9ens, car ces derniers constituaient l'\u00e9lite au pouvoir d'H\u00e9rode et des Romains, fermement d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 maintenir les privil\u00e8ges d\u00e9riv\u00e9s du statu quo.<\/li>\n<li><strong>Les docteurs de la loi<\/strong>ou \u00e9crivez <em>(H\u00e9breu : \u05e1\u05d5\u05e4\u05e8\u05d9\u05dd, \u1e63\u014dfar\u012bm)<\/em>. Ils ont progressivement codifi\u00e9 tout ce sur quoi il \u00e9tait possible de l\u00e9gif\u00e9rer. Par exemple, \u00e0 l'\u00e9poque de J\u00e9sus, la question la plus d\u00e9battue dans les deux principales \u00e9coles rabbiniques des grands ma\u00eetres Hillel et Shammai \u00e9tait de savoir s'il \u00e9tait permis de manger un \u0153uf fabriqu\u00e9 par une poule le jour du Shabbat. <em>(Samedi)<\/em>.<\/li>\n<li><strong>Z\u00e9lotes, <\/strong>dont le nom en anglais d\u00e9rive du grec \u03b6\u03b7\u03bb\u03c9\u03c4\u03ae\u03c2, Z\u00e9lotes, mais qui en h\u00e9breu \u00e9taient appel\u00e9s \u05d9\u05dd\u05e0\u05d0\u05e7, qana'\u012bm : les deux termes, grec et h\u00e9breu, signifient \"adeptes\" et font r\u00e9f\u00e9rence au z\u00e8le avec lequel ce groupe adh\u00e9rait \u00e0 la doctrine du juda\u00efsme, m\u00eame dans un sens politique. <em>(parmi les disciples de J\u00e9sus, il y en a un appel\u00e9 Simon le Canan\u00e9en, un attribut qui ne fait pas r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 son origine g\u00e9ographique, mais \u00e0 son appartenance au groupe des Qana'\u012bm, c'est-\u00e0-dire des Z\u00e9lotes).<\/em>. Les Romains les appelaient sicarii, \u00e0 cause de leurs poignards. <em>(sic\u00e6)<\/em> cach\u00e9 sous le manteau avec lequel ils tuaient ceux trouv\u00e9s en train de violer les pr\u00e9ceptes de la loi juive.<\/li>\n<li><strong>Ess\u00e9niens<\/strong>jamais mentionn\u00e9 dans les \u00c9critures juives ou chr\u00e9tiennes mais dont parlent Flavius Jos\u00e8phe, Philon, Pline et d'autres. Ils constituaient une sorte de congr\u00e9gation religieuse, concentr\u00e9e notamment autour de la mer Morte, pr\u00e8s de l'oasis d'Ein Guedi. <em>(le village de Qumran, dont nous avons parl\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, qu'ils appelaient Ya\u1e25ad, ce qui signifie communaut\u00e9).<\/em>. Ils vivaient dans le c\u00e9libat, \u00e9taient rigoureusement s\u00e9par\u00e9s du reste du monde et rejetaient le culte du Temple et les autres sectes juives comme \u00e9tant impurs.<\/li>\n<li>Pour les rejoindre, il fallait effectuer un noviciat, suivi d'une affiliation royale. Ils \u00e9taient litt\u00e9ralement fanatiques de la puret\u00e9 rituelle. <em>(de nombreux bains rituels ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverts \u00e0 Qumran).<\/em>Ils avaient \u00e9galement une aversion pour les femmes. Il n'y avait pas de propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e parmi eux et la d\u00e9tention d'armes \u00e9tait interdite. On a \u00e9mis l'hypoth\u00e8se que J\u00e9sus et Jean le Baptiste \u00e9taient tous deux ess\u00e9niens, mais cela s'oppose \u00e0 l'universalit\u00e9 de leur message. <em>(ouvert, entre autres, aux femmes, ce qui, avons-nous dit, \u00e9tait inadmissible pour les Ess\u00e9niens eux-m\u00eames).<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Voici donc les grands groupes en lesquels se divisait le juda\u00efsme de l'\u00e9poque de J\u00e9sus. Apr\u00e8s la grande catastrophe de 70 et 132 apr\u00e8s J.-C., les seuls qui ont surv\u00e9cu, d'un point de vue doctrinal, \u00e9taient pr\u00e9cis\u00e9ment les Pharisiens, dont le juda\u00efsme moderne est issu.<\/p>\n<p>Il faut dire aussi que le peuple, les gens du peuple, bien que largement sympathiques aux Pharisiens, \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s par ces derniers, comme nous l'avons d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9, comme ex\u00e9crables.<\/p>\n<p>C'est pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 ces personnes, dont se moque toute l'\u00e9lite sacerdotale, spirituelle et intellectuelle d'Isra\u00ebl, que Jean le Baptiste puis J\u00e9sus s'adresseront en premier. Et ce sont pr\u00e9cis\u00e9ment ces personnes qui croiront les premi\u00e8res au message du Nazar\u00e9en, contre lequel les Pharisiens, les scribes et les Sadduc\u00e9ens, ennemis entre eux, s'uniront.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"et_pb_row et_pb_row_487\">\n<div class=\"et_pb_column et_pb_column_3_5 et_pb_column_1434  et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough\">\n<div class=\"et_pb_module et_pb_text et_pb_text_545  et_pb_text_align_left et_pb_bg_layout_light\">\n<div class=\"et_pb_text_inner\">\n<h2>Dans l'attente d'un Messie<\/h2>\n<p>Le complexe tr\u00e8s particulier de l'ancien Isra\u00ebl est le chaudron dans lequel mijote une attente tr\u00e8s particuli\u00e8re et d\u00e9vote. <strong>Qui attendez-vous ?<\/strong> <strong>A un lib\u00e9rateur, \u00e0 celui qui est oint par le Dieu tout-puissant<\/strong> que, comme il l'avait fait avec Mo\u00efse, Dieu lui-m\u00eame se l\u00e8verait pour d\u00e9livrer son peuple de l'esclavage et de la domination \u00e9trang\u00e8re.<\/p>\n<p><span class=\"et_pb_image_wrap\"><img decoding=\"async\" class=\"wp-image-131574\" title=\"no\u00ebl-naissance-de-j\u00e9sus-belen\" src=\"https:\/\/fundacioncarf.org\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/navidad-nacimiento-de-jesus-belen-1.jpg\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" srcset=\"https:\/\/fundacioncarf.org\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/navidad-nacimiento-de-jesus-belen-1.jpg 800w, https:\/\/fundacioncarf.org\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/navidad-nacimiento-de-jesus-belen-1-300x178.jpg 300w, https:\/\/fundacioncarf.org\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/navidad-nacimiento-de-jesus-belen-1-768x456.jpg 768w, https:\/\/fundacioncarf.org\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/navidad-nacimiento-de-jesus-belen-1.jpg 480w\" alt=\"\u00bfDe d\u00f3nde era Jes\u00fas?\" \/><\/span><\/p>\n<p>Cette fois-ci, cependant, on croyait que son r\u00e8gne ne se terminerait jamais, car cette<em> (\u05de\u05b8\u05e9\u05b4\u05c1\u05d9\u05d7\u05b7, Ma\u0161\u012ba\u1e25 en h\u00e9breu et \u03a7\u03c1\u03b9\u03c3\u03c4\u03cc\u03c2, Christ\u00f3s en grec : les deux mots signifient \"oint\", comme oint par le Seigneur comme roi depuis Sa\u00fcl et son successeur David).<\/em> n'aurait \u00e9t\u00e9 qu'un <a href=\"https:\/\/fundacioncarf.org\/jesus-o-mahoma-quien-tiene-razon-parte-3\/\">proph\u00e8te<\/a>Les manuscrits de la mer Morte et les attentes des Ess\u00e9niens de Qumran, mais, comme cela est bien expliqu\u00e9 dans les manuscrits de la mer Morte et dans les attentes des Ess\u00e9niens de Qumran, un berger-roi et un pr\u00eatre.<\/p>\n<p>Cette attente devient, dans les ann\u00e9es qui pr\u00e9c\u00e8dent imm\u00e9diatement la naissance du Nazar\u00e9en, de plus en plus angoissante : de pr\u00e9tendus messies fleurissent partout et, avec eux, des r\u00e9voltes syst\u00e9matiquement r\u00e9prim\u00e9es dans le sang... <em>(rappelez-vous Judas le Galil\u00e9en en 6-7 avant J.-C.).<\/em>mais aussi <strong>Des communaut\u00e9s pieuses fleurissent qui, en vertu d'une proph\u00e9tie tr\u00e8s pr\u00e9cise, attendent l'av\u00e8nement d'un lib\u00e9rateur.<\/strong>.<\/p>\n<p>Nous savons cependant qu'\u00e0 cette \u00e9poque de grande stabilit\u00e9 pour l'Empire romain, mais d'attente fervente pour le peuple d'Isra\u00ebl, <strong>L'attention de tous, dans ce petit coin du monde, \u00e9tait concentr\u00e9e sur l'arriv\u00e9e imminente du Libertador :<\/strong> En avait-il toujours \u00e9t\u00e9 ainsi ? En r\u00e9alit\u00e9, l'attente d'un souverain mondial avait dur\u00e9 plusieurs si\u00e8cles.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re r\u00e9f\u00e9rence se trouve dans le livre de la Gen\u00e8se <em>(49, 10)\u00a0<\/em> <span style=\"color: #800000;\"><strong>(4)<\/strong><\/span>. Au fil du temps, donc,<strong> l'id\u00e9e d'un oint du Seigneur qui r\u00e9gnerait sur Isra\u00ebl s'intensifie et devient de plus en plus pr\u00e9cise.<\/strong>Cet oint, ce Messie, aurait \u00e9t\u00e9 un descendant de Juda, par le roi David.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"et_pb_section et_pb_section_156 et_section_regular\">\n<div class=\"et_pb_row et_pb_row_489\">\n<div class=\"et_pb_column et_pb_column_3_5 et_pb_column_1439  et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough\">\n<div class=\"et_pb_module et_pb_text et_pb_text_547  et_pb_text_align_left et_pb_bg_layout_light\">\n<div class=\"et_pb_text_inner\">\n<h3>Daniel, le dernier proph\u00e8te de l'Ancien Testament<\/h3>\n<p>Cependant, en 587 avant J.-C., la premi\u00e8re grande d\u00e9ception survient : la prise de J\u00e9rusalem par Nabuchodonosor, qui d\u00e9truit le temple, pille le mobilier sacr\u00e9, d\u00e9porte la population de Jud\u00e9e \u00e0 Babylone et met fin \u00e0 la dynastie des rois descendant de David. Et l\u00e0, cependant, surgit un proph\u00e8te nomm\u00e9 <strong>Daniel<\/strong>le dernier proph\u00e8te de l'Ancien Testament, <strong>qui proph\u00e9tise que le Messie viendrait effectivement<\/strong>. En fait, la leur s'appelle Magna Prophetia : dans celle-ci <em>(Chapitre 2)<\/em> il est proclam\u00e9 que :<\/p>\n<ul>\n<li>Le Dieu du ciel \u00e9tablira un royaume qui ne sera jamais d\u00e9truit ou donn\u00e9 \u00e0 un autre peuple, mais qui subsistera pour toujours et brisera tous ces royaumes en morceaux.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pas seulement cela : au ch. 7, il est pr\u00e9cis\u00e9 que celui qui <strong>qui doit venir sera \"semblable \u00e0 un Fils d'homme\".<\/strong> <em>(dans l'\u00c9vangile de Matthieu, l'\u00c9vangile destin\u00e9 aux communaut\u00e9s juives de Palestine, J\u00e9sus utilise une expression similaire, \"fils de l'homme\", utilis\u00e9e dans toutes les autres \u00c9critures une seule fois par Daniel, environ 30 fois).<\/em>.<\/p>\n<p>Au ch. 9, cependant, la proph\u00e9tie est \u00e9galement faite en termes temporels :<\/p>\n<ul>\n<li>Soixante-dix semaines ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9cr\u00e9t\u00e9es pour ton peuple et ta ville sainte, pour mettre fin \u00e0 leurs transgressions et \u00e0 leurs p\u00e9ch\u00e9s, pour demander le pardon de leur iniquit\u00e9, pour \u00e9tablir la justice \u00e0 jamais, pour sceller la vision et la proph\u00e9tie, et pour consacrer le lieu tr\u00e8s saint. Comprenez bien ce qui suit : Il y aura sept semaines entre la promulgation du d\u00e9cret ordonnant la reconstruction de J\u00e9rusalem et l'arriv\u00e9e du prince \u00e9lu.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Comme nous le voyons, la proph\u00e9tie qui vient d'\u00eatre cit\u00e9e est extr\u00eamement pr\u00e9cise. Cependant, la traduction exacte du terme h\u00e9breu \u05e9\u05b8\u05c1\u05d1\u05bb\u05e2\u05b4\u05c1\u05d1\u05b4\u05a8\u05d9\u05dd <em>(\u0161av\u016b\u201b\u012bm, \"\u0161av\u016b\u201b\" indiquant le nombre 7 et \"\u012bm\" qui est la terminaison masculine plurielle)<\/em> il ne devrait pas \u00eatre n\u00e9cessaire que ce soit des \"semaines\". <em>(qui est \u05e2\u05d5\u05ea\u05e9\u05d1\u05d5, \u0161av\u016b\u201b\u014dt, o\u00f9 \"\u014dt\" d\u00e9signe la terminaison f\u00e9minine plurielle)<\/em>mais \"soixante-dix ans\" : en pratique, soixante-dix fois sept ans. Les contemporains juifs de J\u00e9sus ont compris le passage correctement.<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, <strong>Les chercheurs contemporains n'ont pas pu comprendre le calcul exact des temps de Daniel.<\/strong>: \u00bf<strong>Quand le d\u00e9compte des soixante-dix et soixante-dix ans a-t-il commenc\u00e9 ?<\/strong> Eh bien, les d\u00e9couvertes r\u00e9centes \u00e0 Qumran ont permis \u00e0 des chercheurs comme Hugh Schonfield, grand sp\u00e9cialiste de l'\u00e9tude des manuscrits de la mer Morte, de d\u00e9montrer que non seulement les \u00e9critures h\u00e9bra\u00efques \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 parfaitement form\u00e9es au premier si\u00e8cle de notre \u00e8re et identiques \u00e0 ce que nous lisons aujourd'hui, mais aussi que les Ess\u00e9niens, comme beaucoup de leurs contemporains, avaient d\u00e9j\u00e0 calcul\u00e9 la date de la Grande Proph\u00e9tie. Pour eux, les soixante-dix-sept ans<\/p>\n<p>Pour eux, les soixante-dix-sept ans <em>(490 ans)<\/em> ont \u00e9t\u00e9 compt\u00e9s \u00e0 partir de 586 avant J.-C., ann\u00e9e du d\u00e9but de l'exil babylonien, et ont culmin\u00e9 en 26 avant J.-C., d\u00e9but de l'\u00e8re messianique. \u00c0 tel point que depuis cette date, comme en t\u00e9moignent les fouilles arch\u00e9ologiques, on assiste \u00e0 une augmentation des activit\u00e9s de construction et d'habitation \u00e0 Qumran.<\/p>\n<p>C'est pourquoi <strong>les Juifs de la terre d'Isra\u00ebl n'\u00e9taient pas les seuls \u00e0 nourrir une attente qui les remplissait d'espoir et de levain<\/strong>. Tacite et Su\u00e9tone, le premier dans les Histori\u00e6 et le second dans la Vie de Vespasien, rapportent \u00e9galement que beaucoup en Orient, selon leurs \u00e9crits, s'attendaient \u00e0 ce qu'un souverain vienne de Jud\u00e9e.<\/p>\n<h3><span style=\"color: revert; font-size: revert; font-weight: revert;\">Une \u00e9toile dans l'Est ? La c\u00e9l\u00e8bre \"com\u00e8te<\/span><\/h3>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"et_pb_row et_pb_row_491\">\n<div class=\"et_pb_column et_pb_column_3_5 et_pb_column_1445  et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough\">\n<div class=\"et_pb_module et_pb_text et_pb_text_549  et_pb_text_align_left et_pb_bg_layout_light\">\n<div class=\"et_pb_text_inner\">\n<p>C'est pr\u00e9cis\u00e9ment l'Orient qui nous fournit un autre \u00e9l\u00e9ment utile pour comprendre pourquoi l'attente messianique \u00e9tait si fervente entre les deux \u00e9poques avant et apr\u00e8s le Christ, \u00e0 savoir le fait que <strong>les autres cultures attendaient \u00e9galement l'av\u00e8nement de ce \"dominateur\" dont on avait entendu parler m\u00eame \u00e0 Rome<\/strong>.<\/p>\n<p><span class=\"et_pb_image_wrap\"><img decoding=\"async\" class=\"wp-image-131575\" title=\"\u00e9toile-de-belen-naissance-j\u00e9sus\" src=\"https:\/\/fundacioncarf.org\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/estrella-de-belen-naciemiento-jesus-1.jpg\" sizes=\"(max-width: 610px) 100vw, 610px\" srcset=\"https:\/\/fundacioncarf.org\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/estrella-de-belen-naciemiento-jesus-1.jpg 610w, https:\/\/fundacioncarf.org\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/estrella-de-belen-naciemiento-jesus-1-300x212.jpg 300w, https:\/\/fundacioncarf.org\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/estrella-de-belen-naciemiento-jesus-1.jpg 400w, https:\/\/fundacioncarf.org\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/estrella-de-belen-naciemiento-jesus-1.jpg 480w\" alt=\"\u00bfQui\u00e9n era Jes\u00fas de Nazaret?\" \/><\/span><\/p>\n<p><strong>Les astrologues babyloniens et perses, en fait, l'attendaient vers 7 ou 6 avant J\u00e9sus-Christ.<\/strong> <span style=\"color: #800000;\"><strong>(5)<\/strong><\/span> Pourquoi exactement \u00e0 cet intervalle ? En raison du lever d'une \u00e9toile, nous savons par l'\u00c9vangile de Matthieu (chapitre 2).<\/p>\n<h3>Mais une star a-t-elle vraiment \u00e9merg\u00e9 ?<\/h3>\n<p><strong>L'astronome Kepler semble r\u00e9pondre le premier \u00e0 cette question, puisqu'en 1603, il observe un ph\u00e9nom\u00e8ne tr\u00e8s lumineux : non pas une com\u00e8te, mais le rapprochement, ou la conjonction, des plan\u00e8tes Jupiter et Saturne dans la constellation des Poissons.<\/strong><\/p>\n<p>Kepler a ensuite fait quelques calculs et a \u00e9tabli que la m\u00eame conjonction se produirait en 7 av.<strong> Il a \u00e9galement trouv\u00e9 un ancien commentaire rabbinique, qui soulignait que la venue du Messie devait co\u00efncider pr\u00e9cis\u00e9ment avec le moment de cette m\u00eame conjonction astrale.<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 l'\u00e9poque, personne n'a toutefois accord\u00e9 de cr\u00e9dit \u00e0 l'intuition de Kepler, \u00e9galement parce qu'on pensait encore \u00e0 l'\u00e9poque que J\u00e9sus \u00e9tait n\u00e9 en l'an 0. Ce n'est qu'au 18e si\u00e8cle qu'un autre \u00e9rudit, Friederich Christian M\u00fcnter, luth\u00e9rien et franc-ma\u00e7on, a d\u00e9chiffr\u00e9 un commentaire sur le livre de Daniel, le m\u00eame que celui des \"soixante-dix ans\", dans lequel la croyance juive d\u00e9j\u00e0 mise en lumi\u00e8re par Kepler a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e.<\/p>\n<p>Cependant, il est n\u00e9cessaire d'attendre que le <strong>19\u00e8me si\u00e8cle pour clarifier ce qu'il est advenu de ce ph\u00e9nom\u00e8ne astronomique observ\u00e9 par Kepler.<\/strong>La publication de deux documents importants en est l'une des principales raisons :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Le tableau plan\u00e9taire,<\/strong> en 1902, un papyrus \u00e9gyptien dans lequel sont consign\u00e9s avec pr\u00e9cision les mouvements plan\u00e9taires et notamment, par observation directe, la conjonction Jupiter-Saturne dans la constellation des Poissons en l'an 7 avant J-C. Il est d\u00e9fini comme tr\u00e8s lumineux ;<\/li>\n<li><strong>Le calendrier des \u00e9toiles du Sippar<\/strong>une tablette en terre cuite \u00e9crite en caract\u00e8res cun\u00e9iformes, d'origine babylonienne, qui relate les mouvements des astres en l'an 7 avant J.-C., ann\u00e9e au cours de laquelle, selon les astronomes babyloniens, cette conjonction se serait produite trois fois (29 mai, 1er octobre et 5 d\u00e9cembre), alors que le m\u00eame \u00e9v\u00e9nement se produit habituellement une fois tous les 794 ans.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Puisque, par cons\u00e9quent, dans le symbolisme des Babyloniens, Jupiter repr\u00e9sentait la plan\u00e8te des dirigeants du monde, Saturne la plan\u00e8te protectrice d'Isra\u00ebl et que la constellation des Poissons \u00e9tait le signe de la fin des temps, il n'est pas si absurde de penser que les mages <span style=\"color: #800000;\"><strong>(6)<\/strong><\/span>\u00a0 de l'Orient s'attendaient, ayant eu l'occasion de pr\u00e9voir avec une extraordinaire pr\u00e9cision, l'av\u00e8nement de quelque chose de particulier en Jud\u00e9e.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"et_pb_section et_pb_section_159 et_section_regular\">\n<div class=\"et_pb_row et_pb_row_493\">\n<div class=\"et_pb_column et_pb_column_3_5 et_pb_column_1450  et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough\">\n<div class=\"et_pb_module et_pb_text et_pb_text_551  et_pb_text_align_left et_pb_bg_layout_light\">\n<div class=\"et_pb_text_inner\">\n<h2>A Bethl\u00e9em de Jud\u00e9e : pourquoi ici ?<\/h2>\n<p>Bethl\u00e9em est maintenant une ville de Cisjordanie et elle n'a rien de bucolique ou de natif. Cependant, si nous remontons \u00e0 l'\u00e9poque de l'histoire de J\u00e9sus de Nazareth, il y a deux mille ans, il s'agissait en fait d'un petit village de quelques centaines d'\u00e2mes.<\/p>\n<h3>Est-ce pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 que J\u00e9sus est n\u00e9, m\u00eame si sa famille vivait \u00e0 Nazareth ?<\/h3>\n<p>Nous mentionnerons plus tard le recensement effectu\u00e9 pour le compte de C\u00e9sar Auguste, qui constitue l'une des r\u00e9ponses \u00e0 cette question. De plus, \u00e0 Bethl\u00e9em, petite mais connue pour \u00eatre la patrie du roi David, aurait d\u00fb, selon les \u00e9critures, na\u00eetre le messie attendu par le peuple d'Isra\u00ebl.<span style=\"color: #800000;\"><strong>(7)<\/strong><\/span>. En plus de l'heure, les Isra\u00e9lites et leurs voisins orientaux connaissaient donc \u00e9galement le lieu o\u00f9 le \"lib\u00e9rateur\" du peuple juif viendrait au monde.<\/p>\n<p>Il est curieux de constater que le nom de cette localit\u00e9, compos\u00e9 de deux termes diff\u00e9rents, signifie : \" maison du pain \" en h\u00e9breu (\u05d1\u05b5\u05bc\u05bd\u05d9\u05ea = bayt ou be\u1e6f : maison ; \u05dc\u05b6\u05a3\u05d7\u05b6\u05dd = le\u1e25em : pain) ; \"maison de la viande\" en arabe (\ufe91\ufef4\ufe96 = bayt ou beyt, maison ; \u0644\u064e\u062d\u0652\u0645\u064d = la\u1e25m, viande) ; \"maison du poisson\" dans les anciennes langues sud-arabiques. Toutes les langues mentionn\u00e9es sont d'origine s\u00e9mitique et, dans ces langues, \u00e0 partir d'une m\u00eame racine de trois lettres, il est possible de d\u00e9river de nombreux mots li\u00e9s au sens originel de la racine d'origine.<\/p>\n<p>Dans notre cas, celui du nom compos\u00e9 Bethl\u00e9em, nous avons deux racines : b-y-t, d'o\u00f9 Bayt ou Beth ; l-\u1e25-m d'o\u00f9 Le\u1e25em ou La\u1e25m. <strong>Dans tous les cas, Bayt\/Beth signifie maison,<\/strong> par La\u1e25m\/Le\u1e25em change de sens selon la langue.<\/p>\n<p>La r\u00e9ponse r\u00e9side dans l'origine des populations auxquelles ces langues appartiennent. Les Juifs, comme les Aram\u00e9ens et d'autres populations s\u00e9mitiques du nord-ouest, vivaient dans ce qu'on appelle le Croissant fertile, qui est une vaste zone entre la Palestine et la M\u00e9sopotamie o\u00f9 l'agriculture est possible et, par cons\u00e9quent, ils \u00e9taient un peuple s\u00e9dentaire.<\/p>\n<p>Leur principale source de subsistance \u00e9tait donc le pain, ainsi que les fruits du travail de la terre. Les Arabes \u00e9taient un peuple nomade ou semi-nomade du nord et du centre de la p\u00e9ninsule arabique, essentiellement d\u00e9sertique.<\/p>\n<p>Leur principale source de revenus provenait donc de la chasse et de l'\u00e9levage, ce qui faisait de la viande leur aliment par excellence. Enfin, les Arabes du Sud vivaient sur les c\u00f4tes m\u00e9ridionales de la p\u00e9ninsule arabique et leur principal aliment \u00e9tait le poisson. Nous pouvons ainsi comprendre pourquoi le m\u00eame mot, dans trois langues s\u00e9mitiques diff\u00e9rentes, a le sens de trois aliments diff\u00e9rents.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, <strong>on peut noter que Bethl\u00e9em a, pour diff\u00e9rents peuples, une signification apparemment diff\u00e9rente mais en r\u00e9alit\u00e9 univoque<\/strong>Le nom n'indiquerait pas tant la maison du pain, de la viande ou du poisson, mais plut\u00f4t<strong> la maison de la vraie nourriture, celle dont vous pouvez vous passer, celle dont d\u00e9pend votre subsistance, celle sans laquelle vous ne pouvez pas vivre.<\/strong><\/p>\n<p>Il est int\u00e9ressant de noter que J\u00e9sus, parlant de lui-m\u00eame, a dit : \"Ma chair est la vraie nourriture et mon sang est la vraie boisson\". <em>(Jn 6:51-58) (Gv 6:51-58)<\/em>. Cette comparaison linguistique est un exemple de la mani\u00e8re dont la philologie peut apporter une contribution significative \u00e0 l'approche de la figure du \"J\u00e9sus historique\" et \u00e0 la compr\u00e9hension de sa place dans son contexte culturel.<\/p>\n<p>Nous arrivons cependant \u00e0 un autre point : au-del\u00e0 des sp\u00e9culations philologiques et ex\u00e9g\u00e9tiques.<\/p>\n<h3>J\u00e9sus est-il vraiment n\u00e9 \u00e0 Bethl\u00e9em ?<\/h3>\n<p>L'histoire nous a appris que d\u00e8s le milieu du 2\u00e8me si\u00e8cle, Saint Justin, originaire de Palestine, a \u00e9crit sur la grotte\/\u00e9table de Bethl\u00e9em, dont le souvenir s'\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 transmis de p\u00e8re en fils depuis plusieurs g\u00e9n\u00e9rations. M\u00eame Orig\u00e8ne, un auteur du 3e si\u00e8cle, confirme qu'\u00e0 Bethl\u00e9em m\u00eame, chr\u00e9tiens et non-chr\u00e9tiens connaissaient l'emplacement de la grotte elle-m\u00eame.<\/p>\n<h3>\u00a0Pourquoi parlons-nous de \"m\u00e9moire\" ?<\/h3>\n<p>Car l'empereur Hadrien, dans l'intention d'effacer de la m\u00e9moire les sites juifs et jud\u00e9o-chr\u00e9tiens de la nouvelle province de Palestine apr\u00e8s les guerres juives, a voulu construire, \u00e0 partir de 132, des temples pa\u00efens exactement sur les lieux o\u00f9 se trouvaient les sites de l'ancienne foi de la r\u00e9gion. <span style=\"color: #800000;\"><strong>(8)<\/strong><\/span>. Ceci est confirm\u00e9 par Saint J\u00e9r\u00f4me <span style=\"color: #800000;\"><strong>(9)<\/strong><\/span>auteur de la premi\u00e8re traduction latine de la Bible enti\u00e8re, la Vulgate.<em> (J\u00e9r\u00f4me a v\u00e9cu 40 ans \u00e0 Bethl\u00e9em)<\/em> et Cyril de J\u00e9rusalem <span style=\"color: #800000;\"><strong>(10)<\/strong><\/span>.<\/p>\n<p>Comme \u00e0 J\u00e9rusalem, Hadrien fait \u00e9riger des statues de Jupiter et de V\u00e9nus \u00e0 l'emplacement des sanctuaires pour honorer la mort et la r\u00e9surrection de J\u00e9sus. <em>(Entre-temps, J\u00e9rusalem avait \u00e9t\u00e9 reconstruite sous le nom d'Aelia Capitolina).<\/em>, <strong>\u00c0 Bethl\u00e9em, une for\u00eat sacr\u00e9e \u00e0 Tammuz, ou Adonis, a \u00e9t\u00e9 plant\u00e9e au-dessus de la grotte o\u00f9 J\u00e9sus est n\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p>Cependant, c'est gr\u00e2ce au stratag\u00e8me d'Hadrien, la damnatio memori\u00e6, que les symboles pa\u00efens sont devenus des indices permettant de retrouver les traces de sites enfouis, dont la m\u00e9moire avait toujours \u00e9t\u00e9 pr\u00e9serv\u00e9e. Ainsi, le premier empereur chr\u00e9tien Constantin et sa m\u00e8re H\u00e9l\u00e8ne ont r\u00e9ussi \u00e0 trouver les points exacts o\u00f9 se trouvaient les domus ecclesi\u00e6 primitives. <span style=\"color: #800000;\"><strong>(11)<\/strong><\/span>que le<strong>Elles sont ensuite devenues des \u00e9glises o\u00f9 les souvenirs et les reliques de la vie de J\u00e9sus de Nazareth \u00e9taient v\u00e9n\u00e9r\u00e9s et conserv\u00e9s.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"et_pb_row et_pb_row_494\">\n<div class=\"et_pb_column et_pb_column_3_5 et_pb_column_1453  et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough\">\n<div class=\"et_pb_with_border et_pb_module et_pb_text et_pb_text_552 elemento-firma  et_pb_text_align_left et_pb_bg_layout_light\">\n<div class=\"et_pb_text_inner\">\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences tout au long de l'article<\/h2>\n<ol>\n<li>Jean Guitton a \u00e9labor\u00e9 ses trois \"solutions\" en r\u00e9fl\u00e9chissant aux trois phases de la recherche historiographique sur J\u00e9sus de Nazareth : la premi\u00e8re, la deuxi\u00e8me et la troisi\u00e8me recherche. Nous reviendrons sur ce sujet dans un prochain article.<\/li>\n<li>Dans un article consacr\u00e9 \u00e0 la recherche historiographique, \u00e0 la m\u00e9thodologie et aux sources sur J\u00e9sus, quelques exemples seront donn\u00e9s de l'\u00e9volution des d\u00e9couvertes sur le \"J\u00e9sus historique\", progressivement s\u00e9par\u00e9 du \"Christ de la foi\" \u00e0 partir du 17\u00e8me si\u00e8cle.<\/li>\n<li>Benedetto XVI, Ges\u00f9 di Nazareth, Doubleday, 2017 (pp. 12-13)<\/li>\n<li>\"Le sceptre ne s'\u00e9loignera pas de Juda, ni le b\u00e2ton d'entre ses pieds, jusqu'\u00e0 ce que vienne le vrai roi, qui soit digne de l'ob\u00e9issance du peuple\".<\/li>\n<li>Il est maintenant presque universellement accept\u00e9 par les chercheurs que l'ann\u00e9e de la naissance de J\u00e9sus est 6 avant J.-C., en raison d'une erreur commise par le moine Denys le Mineur, qui, en 533, a bien calcul\u00e9 le d\u00e9but de notre \u00e8re \u00e0 partir de la naissance du Christ, mais l'a report\u00e9 d'environ six ans.<\/li>\n<li>En grec, ils sont appel\u00e9s \u03bc\u03ac\u03b3\u03bf\u03b9, m\u00e1goi, un mot d\u00e9riv\u00e9 de l'ancien persan mag\u016bsh, un titre r\u00e9serv\u00e9 aux pr\u00eatres de la religion zoroastrienne.<\/li>\n<li>\"Mais c'est de toi, Bethl\u00e9em Ephrata, petite parmi les clans de Juda, que sortira celui qui doit gouverner Isra\u00ebl, dont les origines remontent aux temps anciens, aux temps imm\u00e9moriaux. C'est pourquoi Dieu les livrera \u00e0 l'ennemi jusqu'\u00e0 ce que celle qui doit \u00eatre leur m\u00e8re accouche, et que le reste de ses fr\u00e8res reviennent au peuple d'Isra\u00ebl. Mais un seul se l\u00e8vera pour les pa\u00eetre dans la puissance du Seigneur, dans la majest\u00e9 du nom du Seigneur leur Dieu. Ils vivront en s\u00e9curit\u00e9, car il dominera les extr\u00e9mit\u00e9s de la terre\" (Mich\u00e9e, chapitre 5).<\/li>\n<li>\u00c0 cette \u00e9poque, la distinction entre le juda\u00efsme et le christianisme n'\u00e9tait pas encore tout \u00e0 fait claire. Surtout chez les pa\u00efens, mais aussi chez les jud\u00e9o-chr\u00e9tiens, il y avait une tendance \u00e0 consid\u00e9rer les sectes chr\u00e9tiennes et juives comme la m\u00eame religion.<\/li>\n<li>Saint J\u00e9r\u00f4me, Lettres, 58 (Ad Paulinum presbyterum), 3.<\/li>\n<li>Saint Cyrille de J\u00e9rusalem, Cat\u00e9ch\u00e8se, 12, 20 : \"Jusqu'\u00e0 il y a quelques ann\u00e9es, l'endroit \u00e9tait couvert d'une for\u00eat\".<\/li>\n<li>Une domus ecclesia est litt\u00e9ralement une maison\/\u00e9glise : les premiers lieux chr\u00e9tiens \u00e9taient en effet des maisons qui avaient surgi ou exist\u00e9 ant\u00e9rieurement l\u00e0 o\u00f9 se trouvaient des lieux consid\u00e9r\u00e9s comme sacr\u00e9s (par exemple la maison de Marie \u00e0 Nazareth, la maison de Pierre \u00e0 Capharna\u00fcm, etc.) Les premi\u00e8res communaut\u00e9s chr\u00e9tiennes s'y r\u00e9unissaient pour c\u00e9l\u00e9brer leurs rites. Les maisons se sont progressivement transform\u00e9es en petites \u00e9glises, s'agrandissant jusqu'\u00e0 devenir, dans certains cas, de v\u00e9ritables basiliques.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Ce processus particulier est parfaitement visible \u00e0 Capharna\u00fcm, o\u00f9 des arch\u00e9ologues franciscains et isra\u00e9liens ont mis au jour ce qui est universellement connu comme la \"maison de Pierre\", une pi\u00e8ce quadrangulaire d'environ huit m\u00e8tres de c\u00f4t\u00e9, dont le sol en terre a \u00e9t\u00e9 recouvert de chaux \u00e0 la fin du Ier si\u00e8cle et de pav\u00e9s polychromes avant le Ve si\u00e8cle. Au-dessus, un b\u00e2timent octogonal avait \u00e9t\u00e9 construit, qui reposait sur la salle du Ier si\u00e8cle. Cette proc\u00e9dure de recherche arch\u00e9ologique est identique \u00e0 celle utilis\u00e9e \u00e0 Rome pour les fouilles dans la n\u00e9cropole du Vatican, sous l'actuelle basilique Saint-Pierre, ou dans les catacombes de Saint-S\u00e9bastien, etc.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><strong>Gerardo Ferrara<\/strong>Dipl\u00f4m\u00e9 en histoire et en sciences politiques, sp\u00e9cialis\u00e9 dans le Moyen-Orient.<br>Responsable des \u00e9tudiants de l'Universit\u00e9 pontificale de la Sainte-Croix \u00e0 Rome.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On a tout dit sur J\u00e9sus de Nazareth, et tout dit le contraire. Ce qui est certain, c'est que sa figure a \u00e9t\u00e9 la pierre angulaire de l'histoire.<br \/>\nLe but de ces pages est d'essayer de donner quelques id\u00e9es \u00e0 ceux qui souhaitent aborder sa figure d'un point de vue historique, en r\u00e9pondant notamment \u00e0 quelques questions qui m'ont \u00e9t\u00e9 pos\u00e9es par de jeunes amis.<br \/>\nMais le premier probl\u00e8me est de d\u00e9finir ce qu'est l'histoire, notamment en ce qui concerne la question de \"J\u00e9sus\".<\/p>","protected":false},"author":4,"featured_media":183592,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"give_campaign_id":0,"footnotes":""},"categories":[13],"tags":[],"class_list":["post-183067","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-blog"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/fundacioncarf.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/183067","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/fundacioncarf.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/fundacioncarf.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fundacioncarf.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fundacioncarf.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=183067"}],"version-history":[{"count":14,"href":"https:\/\/fundacioncarf.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/183067\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":216317,"href":"https:\/\/fundacioncarf.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/183067\/revisions\/216317"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fundacioncarf.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/183592"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/fundacioncarf.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=183067"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/fundacioncarf.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=183067"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/fundacioncarf.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=183067"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}